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Graminées adventices

Graminées adventices : contrôler les ray-grass et vulpins dans le colza

Face à la progression des graminées, et en particulier du ray-grass et du vulpin, la réussite du désherbage du colza repose sur une stratégie construite dès le semis. Prioriser les interventions, cibler les adventices réellement présentes et positionner les traitements au bon moment permettent de concilier efficacité technique et maîtrise des coûts.

Par Victor Fleury, Terres Inovia
Graminées adventices : contrôler les ray-grass et vulpins dans le colza
Terres Inovia
Concurrence forte de ray-grass sur du colza.

À l’échelle nationale, plus de 38 % des problématiques de désherbage en colza sont liées à des adventices graminées. Le ray-grass prend la première position avec 20 % des problématiques, suivi de près par le vulpin(1). Ils sont devenus la cible prioritaire. Les infestations rencontrées exigent une gestion précoce et méthodique. En complément des leviers agronomiques essentiels, des solutions efficaces et économiques restent à disposition, à condition de bien identifier les cibles prioritaires.

Une base de prélevée indispensable en cas de fortes pressions

Confronté à des levées précoces, de ray-grass plus particulièrement, le colza peut-être fortement pénalisé dès le début de son cycle. Cette concurrence prend différentes formes. Elle impacte la croissance du colza, ce qui l’expose par exemple aux ravageurs d’automne, et peut conduire à des pertes de pieds importantes. La stratégie de désherbage consiste à orienter prioritairement le coût de la prélevée contre la cible graminées. Les solutions parmi les plus performantes techniquement, comme Colzamid à 2 l/ha en présemis incorporé, ou Sultan 1,5 l/ha en post-semis prélevée, sont accessibles pour un coût aux alentours de 35 à 45 €/ha. Ces solutions avoisinent en moyenne les 60 % d’efficacité, avec une variabilité importante selon les conditions d’application.

Les solutions comme Springbok, Alabama, Bandonéon, Novall ou encore Triclo à pleine dose apportent des compléments non négligeables sur dicotylédones. Toutefois, le surcoût d’environ 30 à 45 €/ha par rapport à Colzamid 2 l/ha ou Sultan 1,5 l/ha ne se justifie qu’en présence avérée de dicotylédones. Une diminution de dose se traduira par une perte d’efficacité sur graminées : un choix perdant d’un point de vue technique et économique.

Gestion des repousses de céréales

La gestion des repousses de céréales est quant à elle à envisager au cours du mois de septembre avec un antigraminées foliaire. Les herbicides racinaires précédemment cités sont généralement inefficaces. Cette application peut offrir une efficacité complémentaire sur ray-grass et vulpin en fonction du niveau de résistance présent sur la parcelle. En cas de bonne efficacité de la prélevée, la gestion des repousses pourra s’envisager avec une "FOP" (Stratos, Pilot, etc.). En cas d’échec de la prélevée sur les levées de ray-grass et de vulpins, l’utilisation de cléthodime est possible pour neutraliser les repousses et possiblement les graminées hivernales selon le niveau de résistance. Il est important dans ce cas de maintenir une propyzamide (Kerb flo ou Ielo) en novembre afin de neutraliser les individus résistants.

Appliquer la propyzamide dans de bonnes conditions

Le contrôle précoce, au-delà de limiter la concurrence en début de cycle, permet d’attendre les conditions optimales pour l’application en post-levée d’un herbicide à base de propyzamide pour toutes les situations qui le nécessitent. Les conditions optimales sont :
- Une température du sol inférieure10 °C ;
- Une application sur un sol humide ;
- Une période d’application idéale en novembre jusqu’à début décembre.

Binage précoce, une solution de recours

Binage précoce, une solution de recours
Terres Inovia
Binage précoce sur une parcelle de colza.

Face à un échec total ou partiel de la prélevée en forte pression, le binage peut constituer une solution de recours en situation de semis à écartement large. Un binage courant septembre, à partir de 3 ou 4 feuilles du colza permet de réduire la pression des graminées, pour la plupart encore sensibles aux dents de la bineuse, avant tallage. Pour les ray-grass déjà tallés, le risque de repiquage est plus élevé d’où l’intérêt d’intervenir tôt.

Désherbage d’un colza associé

Dans le cas d’un colza associé à des légumineuses, ces dernières tolèrent assez mal les désherbages de prélevée du colza, à l’exception de certaines comme la féverole. Une application de Colzamid à 2 l/ha en présemis incorporé présente une sélectivité acceptable, au même titre que Colzor Trio à 3,3 l/ha (non adapté contre le vulpin). Les solutions à base de métazachlore se montrent plus sélectives en application de post-levée précoce, mais cela constitue une pratique non recommandée en situation ray-grass. Or, dans les situations difficiles en graminées, l’efficacité du désherbage dès la prélevée doit être une priorité.

(1) Données issues des enquêtes culturales de Terres Inovia pour l’année 2024.