C'était pourtant bien parti
Un agriculteur du canton de Seurre nous livre ses résultats de moissons.
Vous l'avez peut-être déjà lu dans ce même journal : du côté d'Ouges, la moutarde a été salvatrice avec un rendement de 18 q/ha chez Loïc Dumont. Un peu « plus bas » dans le département, c'est tout l'inverse ! C'est la moutarde qui « plombe » l'agriculteur que nous avons rencontré, en l'occurrence Mathieu Faivre, de Montmain. L'exploitant ne récolte que 10 q/ha, soit son plus mauvais score jamais enregistré dans cette culture. Comme le laisse supposer le titre de cet article, les moissons de l'ancien secrétaire général des JA avaient bien commencé, avec une moyenne de 82 q/ha dans ses orges d'hiver en variété Carrousel (66 de PS, 9,80 en protéines et 87 en calibrage). Après une semaine de « repos » lié à l'absence de colza dans son assolement, le Côte-d'orien était reparti dans ses champs pour faucher son blé. Mathieu Faivre se contente largement de sa moyenne finale de 70 q/ha, compte tenu de l'année : « en effet, cela aurait pu être beaucoup moins bien vu le sec… Dans le détail, j'avais les variétés Absalon, Thermidor, Admiration et Conquistador qui donnent à peu de chose près les mêmes résultats. J'avais aussi du Giambolognia, un blé de force, qui termine à 66 q/ha. Il me fallait au minimum 14,5 en protéines et le résultat s'élève à 14,9, donc ça passe. En ce qui concerne le colza autour de chez moi, j'entends un peu de tout : des champs peu prometteurs ont tout de même atteint les 30 q/ha, les meilleures parcelles ont approché la barre des 40 q/ha ».
Très variable en moutarde
Nous avons contacté Jérôme Gervais, conseiller moutarde à la Chambre d'agriculture. Ce dernier nous confirme une « grande variabilité » de rendements pouvant aller, selon ses retours à la date du 2 juillet, de 6 à 26 q/ha ! Pour l'anecdote, trois champs situés entre Trouhans et le sud de Seurre ont enregistré les rendements les plus intéressants. « La moyenne se situerait aujourd'hui à 15 q/ha », informe Jérôme Gervais, « ce résultat intermédiaire n'est pas si mal, même si nous nous attendons à une légère baisse ces prochains jours, car la plupart des parcelles qui ne sont pas encore fauchées sont sur les plateaux ». Sans surprise, les moutardes semées dans les champs les plus profonds ont beaucoup moins souffert de la sécheresse que les autres : « cela est vrai tous les ans mais peut-être plus cette année… Un autre point à noter : des parcelles à forts potentiels, mais inondées au printemps, ont parfois livré des résultats en deçà des espérances car l'excès d'eau a limité l’enracinement, les plantes ont desséché plus rapidement quand le sec s'est installé. J'observe également une corrélation entre la pluviométrie du mois de mai et le rendement : plus il y a eu d'eau durant cette période correspondant au début de la floraison, et mieux les moutardes se sont comportées. Dans les secteurs où il n'est rien tombé, des difficultés ont été observées, jusqu'à l'arrivée au silo ». Le conseiller moutarde estime que les moutardes seront probablement toutes récoltées à la date du 14 juillet en Côte-d'Or. La moisson bio, qui a commencé début juillet, devrait se terminer une semaine plus tard.