Broyer les cailloux pour ménager le matériel
Sur ses terres de plateau, Lucas Geliquot entretient régulièrement ses parcelles en broyant les cailloux qui remontent à la surface. Une intervention coûteuse en carburant mais qui permet de limiter les risques de casse et de faciliter les travaux à venir.
Le GNR est cher mais le prix des pièces matérielles l'est tout autant : Lucas Geliquot a gardé ses habitudes en broyant des cailloux dans plusieurs de ses parcelles autour de chez lui, en cette période de l'année, sur des terres de plateaux. « C'est un choix assumé : je préfère m'en occuper avant que ces cailloux s'occupent eux-mêmes de nos équipements. Une moissonneuse, une faucheuse ou même un semoir n'aiment guère passer sur des pierres pouvant aller jusqu'à 20 centimètres », nous confie l'agriculteur de Chaume-lès-Baigneux. Celui-ci intervenait dans une parcelle récemment reprise, qui n'avait pas connu ce genre d'opération depuis au moins 20 ans : « nous avons jugé qu'elle en avait besoin, mais même sans ça : chaque campagne, nous essayons mon père et moi de broyer des cailloux sur 20 ou 30 ha, histoire d'entretenir régulièrement les champs. Cela facilite le travail par la suite. Plusieurs années plus tard, nous sommes tout de même obligés d'y revenir, des cailloux finissent par remonter en surface selon les travaux que nous y effectuons. Pour ce faire, à chaque fois, nous utilisons un broyeur que nous avons en commun au sein de la Cuma de la croix Pingenet, basée à Étormay ».
C'est sec, on y va
L'opération n'est pas « donnée », comme le précise d'emblée Lucas Geliquot : « la consommation moyenne est beaucoup plus importante qu'une autre, c'est-à-dire aux alentours de 36 litres à l'heure. Oui, ça fait beaucoup. Le tracteur tourne à plein régime et le débit de chantier est très lent, entre 1 ha et 1,5 ha à l'heure, mais nous le faisons. Quand il faut changer une pièce, la facture est importante elle aussi. Nous ne sommes pas les seuls en ce moment à faire ça, beaucoup broient. D'ailleurs, ce temps sec est propice pour réaliser ce travail. Si c'était trop humide, le tassement serait important et ce serait contre-productif ». Bien d'autres avantages sont générés après un broyage de cailloux : « outre la diminution du risque de casse matérielle, on améliore la structure du sol. Ce sera un plus pour le futur lit de semences, dédié en l'occurrence à du blé cette année. Et l’enracinement sera facilité. À ce titre, les semis seront vite arrivés, je pense vers la mi-octobre ».
Du colza en demi-teinte
Des semis, Lucas Geliquot en a déjà réalisé en août avec ses colzas. Une douzaine d'hectares ont été semés le 4 et 35 autres l'ont été autour du 20. La question nous brûle les lèvres : « alors, ça dit quoi aujourd'hui ? ». L'exploitant nous répond que la moitié de son colza est « plutôt jolie ». En revanche, c'est un peu plus compliqué pour le reste : « 3,5 ha n'ont pas levé et vont être retournés, nous allons probablement repartir sur du blé sachant que nous n'avons pas désherbé. L'autre surface a levé mais d'une manière hétérogène. Aujourd'hui, ce colza patine et n'est pas bien développé… Il n'était pas prévu qu'il ne pleuve pas du tout en septembre ! Je me fais bien des soucis pour eux quand les grosses altises vont commencer à se manifester, incessamment sous peu ». Nous terminons cette rencontre en évoquant les moissons d'été : hormis l'orge d'hiver qui a fait moins de 20 q/ha, le blé (56 q/ha) et le colza (32) s'en sont plutôt bien sortis il y a quelques semaines : « nous les avions réservés aux terres les moins superficielles de la ferme, ces cultures ont plutôt bien tenu. Les parcelles les plus légères, nous les avions dédiées au seigle pour la méthanisation de Cérilly. Nous finissons à un peu moins de 6 tMS/ha, mais nous sommes en bio sur une partie de la ferme et ce rendement reste convenable. En revanche, nous avons mis du sarrasin par la suite et si nous récoltons 200 kg/ha, ce sera tout l'or du monde ».