Etats généraux de l’alimentation
Emmanuel Macron donne son cap et sa vision
Emmanuel Macron a présenté le 11 octobre les premières mesures émanant des États généraux de l’alimentation. Avant le discours du Président de la République, l’Elysée avait annoncé sa volonté de redonner du pouvoir aux agriculteurs dans la négociation face aux industriels et aux distributeurs et d’augmenter leur revenu.
L’intervention d’Emmanuel Macron du 10 octobre à Rungis visait «à donner un cap et sa vision pour l’alimentation en France». avec la volonté de rétablir les agriculteurs dans leur droit à une revenu décent, en corrigeant les déséquilibres des négociations commerciales, lorsqu’ils se trouvent face aux industriels et aux distributeurs.
Parmi les mesures annoncées le 10 octobre devaient figurer :
- l’inversion de la négociation pour que le prix payé aux producteurs intègrent les coûts de production ;
- l’incitation aux filières à construire des engagement sur cinq ans ;
- le conditionnement du soutien à l’investissement de 5 Md d’euros à la constitution d’interprofessions,
- un taux de 50% de produits bio ou locaux dans la restauration collective d’ici 2020,
- un changement de la LME avec l’adoption de nouveaux textes d’ici décembre ;
- le conditionnement de certains dispositifs à la constitution d’organisations de producteurs,
- la possibilité de solliciter le médiateur des relations commerciales pendant la négociation.
Dans la dernière ligne droite, la tension est montée autour de la proposition de relèvement du seuil de revente à perte (SRP), issue de l’atelier sept sur les relations commerciales. Mais les syndicats agricoles préféraient mettre l’accent sur la nécessité de revisiter la contractualisation afin d’inverser la construction du prix, en y intégrant notamment des références de coûts de production agricole. Cette idée semble avoir fait son chemin. Christiane Lambert, président de la FNSEA a d’ailleurs insisté sur «la nécessaire marche en avant de la construction du prix», avec une offre de prix effectué par le producteur et non un prix subi après prélèvement de la marge des industriels et des distributeurs.
Le Président de la République, avait promis aux agriculteurs «un prix juste» durant la campagne présidentielle. L’Elysée veut permettre «aux agriculteurs de sortir de la dépendance aux aides grâce à un juste prix payé», il souhaite donc «une meilleure répartition de la valeur au bénéfice des agriculteurs». Alors que les discussions allaient bon train autour du «seuil de revente à perte» (SRP), le Président a précisé qu’il s’agissait «de stopper la guerre des prix bas». Le gouvernement semble aussi décidé à encourager les organisations de producteurs pour la commercialisation de leurs produit. L’exécutif reconnaît toutefois «qu’il n’y a pas de baguette magique», il préfère parler «d’une nouvelle philosophie» dans les rapports entre agriculteurs, industrie et grande distribution, qui restent difficiles et divisés.
Le cap donné, en l’absence de baguette magique, il faudra bien que les parties fassent les efforts nécessaires pour qu’une nouvelle organisation des relations s’installent vraiment et débouche sur une meilleur équité au bénéfice des agriculteurs, même si les prix risquent d’en être légèrement augmentés.
Une bonne communication en forme d’explication devrait convaincre les consommateurs de la nécessité de payer la qualité
et la sécurité alimentaire à leur juste prix. Certains qui s’offusquent aujourd’hui de cette éventualité, ne font pas tant d’histoires quand il s’agit de s’offrir un i.phone dernier cri et hors de prix...
Parmi les mesures annoncées le 10 octobre devaient figurer :
- l’inversion de la négociation pour que le prix payé aux producteurs intègrent les coûts de production ;
- l’incitation aux filières à construire des engagement sur cinq ans ;
- le conditionnement du soutien à l’investissement de 5 Md d’euros à la constitution d’interprofessions,
- un taux de 50% de produits bio ou locaux dans la restauration collective d’ici 2020,
- un changement de la LME avec l’adoption de nouveaux textes d’ici décembre ;
- le conditionnement de certains dispositifs à la constitution d’organisations de producteurs,
- la possibilité de solliciter le médiateur des relations commerciales pendant la négociation.
Dans la dernière ligne droite, la tension est montée autour de la proposition de relèvement du seuil de revente à perte (SRP), issue de l’atelier sept sur les relations commerciales. Mais les syndicats agricoles préféraient mettre l’accent sur la nécessité de revisiter la contractualisation afin d’inverser la construction du prix, en y intégrant notamment des références de coûts de production agricole. Cette idée semble avoir fait son chemin. Christiane Lambert, président de la FNSEA a d’ailleurs insisté sur «la nécessaire marche en avant de la construction du prix», avec une offre de prix effectué par le producteur et non un prix subi après prélèvement de la marge des industriels et des distributeurs.
Le Président de la République, avait promis aux agriculteurs «un prix juste» durant la campagne présidentielle. L’Elysée veut permettre «aux agriculteurs de sortir de la dépendance aux aides grâce à un juste prix payé», il souhaite donc «une meilleure répartition de la valeur au bénéfice des agriculteurs». Alors que les discussions allaient bon train autour du «seuil de revente à perte» (SRP), le Président a précisé qu’il s’agissait «de stopper la guerre des prix bas». Le gouvernement semble aussi décidé à encourager les organisations de producteurs pour la commercialisation de leurs produit. L’exécutif reconnaît toutefois «qu’il n’y a pas de baguette magique», il préfère parler «d’une nouvelle philosophie» dans les rapports entre agriculteurs, industrie et grande distribution, qui restent difficiles et divisés.
Le cap donné, en l’absence de baguette magique, il faudra bien que les parties fassent les efforts nécessaires pour qu’une nouvelle organisation des relations s’installent vraiment et débouche sur une meilleur équité au bénéfice des agriculteurs, même si les prix risquent d’en être légèrement augmentés.
Une bonne communication en forme d’explication devrait convaincre les consommateurs de la nécessité de payer la qualité
et la sécurité alimentaire à leur juste prix. Certains qui s’offusquent aujourd’hui de cette éventualité, ne font pas tant d’histoires quand il s’agit de s’offrir un i.phone dernier cri et hors de prix...
Le relèvement du SRP «ne réglera pas tout»
«Le relèvement du SRP tout seul ne réglera pas la problématique», confirme Patrick Bénézit. «Nous réclamons un mécanisme d’ensemble, qui va de l’intégration du coût de revient dans les contrats, à la rédéfinition du prix abusivement bas chez les producteurs, en passant par l’exception agricole au droit de la concurrence».
De même, Pascal Viné souhaite «environner le relèvement du SRP d’autres mesures». Et de citer la limitation des promotions, la révision des contrats en cas de variation du prix de l’énergie, la réforme de la notion de prix abusivement bas... «Notre position, c’est qu’il faut relâcher la guerre des prix, mais qu’en contrepartie, il faut redonner du sens aux prix. Nous attendons des engagements des distributeurs. Nous sommes notamment favorables au développement des normes ISO dans les comportements d’achats des distributeurs».
Parmi les distributeurs, la mesure embarrasse bien sûr Michel-Edouard Leclerc, dont l’enseigne a fait des «prix les plus bas» un élément important de sa stratégie, mais aussi l’association de défense des consommateurs. UFC Que Choisir qui estime le coût de cette mesure à 1,4 milliard d’euros par an pour les consommateurs français. «Ce chiffre de 1,4 MrdEUR, nous ne savons pas d’où il sort, et nous ne le validons pas, car il se peut que les distributeurs fassent un peu moins de marge par ailleurs», réagit Patrick Bénézit. «Et quand bien même, cela ne représente que 1,90 EUR d’augmentation par mois et par consommateur».
De même, Pascal Viné souhaite «environner le relèvement du SRP d’autres mesures». Et de citer la limitation des promotions, la révision des contrats en cas de variation du prix de l’énergie, la réforme de la notion de prix abusivement bas... «Notre position, c’est qu’il faut relâcher la guerre des prix, mais qu’en contrepartie, il faut redonner du sens aux prix. Nous attendons des engagements des distributeurs. Nous sommes notamment favorables au développement des normes ISO dans les comportements d’achats des distributeurs».
Parmi les distributeurs, la mesure embarrasse bien sûr Michel-Edouard Leclerc, dont l’enseigne a fait des «prix les plus bas» un élément important de sa stratégie, mais aussi l’association de défense des consommateurs. UFC Que Choisir qui estime le coût de cette mesure à 1,4 milliard d’euros par an pour les consommateurs français. «Ce chiffre de 1,4 MrdEUR, nous ne savons pas d’où il sort, et nous ne le validons pas, car il se peut que les distributeurs fassent un peu moins de marge par ailleurs», réagit Patrick Bénézit. «Et quand bien même, cela ne représente que 1,90 EUR d’augmentation par mois et par consommateur».