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Elevage cunicole

Elever des lapins réclame des espaces bien pensés

À Neuvy-Grandchamp, en Saône-et-Loire, la SCEA des Champs Perrin est un élevage spécialisé dans le lapin tenu par quatre associés aidés de quatre salariés. Depuis 1977, la structure n’a cessé d’évoluer, avec le souci d'une production bien organisée, ce qui implique des bâtiments adaptés.

Par Marc Labille
Elever des lapins réclame des espaces bien pensés
Les quatre associés de la SCEA des Champs Perrin sont âgés de 23 à 54 ans.

La SCEA des Champs Perrin est un élevage cunicole fondé en 1977 par Charles Fonteniaud et son épouse. La structure s’est développée au fil des ans et aujourd’hui, elle compte quatre associés : Olivier Quinter, Maxime Gibert, Francis Foret et Florian Bailly. L’élevage emploie également quatre salariés et certains associés sont d’anciens salariés de la structure. Tous ont effectué des formations agricoles qui les destinaient plutôt à l’élevage de bovins. La production cunicole s’est présentée dans leur parcours et finalement, ils s’y sont engagés. Dans cette structure employant huit personnes, les associés disposent aujourd’hui de trois week-ends libres sur quatre. Ils ne travaillent pas le vendredi après-midi. La SCEA exploite 14 bâtiments correspondant à une surface couverte de 10 000 mètres carrés pour une production de 245 000 animaux par an (700 tonnes en poids vif). Tous les animaux sont livrés à l’abattoir Palmi d’Or à Trambly, près de Mâcon. Le cheptel de production se compose de quatre lots de lapines : deux lots de 1 500 lapines pour des lapins lourds et deux lots de 500 lapines en filière Bien Être Animal (BEA). Deux types de conduite se côtoient donc sur le site : une production de lapins lourds pour abattage à 90 jours (poids vif 3 kg) et une production de lapins BEA (label BEA suisse) pour abattage à 70 jours (poids vif 2,5 kg). La SCEA des Champs Perrin assure elle-même l’insémination artificielle de ses lapines. Cela représente entre 35 000 et 45 000 inséminations animales réalisées chaque année. L’élevage possède ses propres géniteurs (70 mâles). 

Gestion sanitaire complexe

Dans sa carrière, une lapine peut produire de 1 à 20 portées avec un taux de renouvellement théorique de 130 %. La première insémination intervient à 19 semaines. À la SCEA, le renouvellement des femelles est assuré par un système de grands parentaux. Pour ce faire, un bâtiment compte trois salles de pré-cheptel avec une souche de grand-parentaux femelles. Sur le plan sanitaire, les associés ne cachent pas que la gestion est complexe avec un nombre élevé de bâtiments et de salles. Un vide sanitaire de deux à dix jours sépare les lots, après nettoyage et désinfection des salles. Les reproducteurs sont systématiquement vaccinés contre la VHD (Maladie Hémorragique Virale) et la myxomatose. Depuis 2009, l’élevage n’a plus recours aux antibiotiques. Un apport de compléments vient renforcer l’immunité des animaux et prévenir les maladies. Pour répondre à un besoin de l’abatteur, la SCEA des Champs Perrin a développé une production de lapins BEA. Elle représente aujourd’hui entre 20 et 25 % de la production totale de l’élevage. Un premier bâtiment a été transformé en 2017 et un second a suivi en 2018. Pour limiter les frais, les associés ont réalisé les travaux eux-mêmes, excepté le terrassement. L’investissement s’élevait à 700 000 euros pour un total de 3 300 m² comprenant trois salles de pré-cheptel, deux salles de BEA et une fumière de 1 000 m². Les salles de BEA ont une capacité de 408 et 476 places pour 2 700 et 3 000 lapins label produits toutes les six semaines. La densité y est de 52 lapins par « Combi Parc ». 

Modularité

Chaque bâtiment utilise un système de refroidissement évaporatif « pad-cooling » appréciable en période estivale. En pleine canicule, il permet d’abaisser la température de dix degrés, témoignent les associés. Dans les bâtiments BEA, le principe du « tout plein-tout vide » est conservé avec un roulement des animaux toutes les six semaines et un nettoyage complet toutes les 12 semaines. Modulables à l’aide de trappes qui s’ouvrent, les « Combi Parc » se transforment pour être aménagés alternativement en logements individuels pour les femelles mères, puis en logement collectif pour les lapins à l’engraissement. Les « Combi Parcs » n’ont pas de grillage au sol, mais des caillebotis plastiques plus confortables pour les animaux. Les parcs sont plus hauts à l’intérieur ce qui permet aux lapins de sauter. Les animaux ont accès à des zones surélevées ou mezzanines. L’environnement est enrichi avec des matériaux à grignoter, jouets, etc. Toute l’alimentation des lapins est fournie par Philicot et Soréal qui assurent un accompagnement technique de l’exploitation. Les lapins ont un accès permanent à l’abreuvement et ils se nourrissent d’un aliment complet composé de céréales, tourteaux, luzerne, pulpes de betteraves, vitamines et oligo-éléments. L’élevage génère 2 000 tonnes de fumier et 1 000 mètres cubes de lisier. 1 000 tonnes de fumiers sont vendues à un céréalier du sud-ouest du département. Le reste des effluents est enlevé par des agriculteurs voisins dans le cadre d’un plan d’épandage. En 2019, la SCEA a mis en service une centrale solaire sur toiture de 100 kWc en autoconsommation. La production d’électricité couvre une partie de la dépense énergétique des bâtiments. Pour parfaire leur autonomie énergétique, les associés ont un projet similaire de 200 kWc supplémentaires.

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