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Bâtiments d'élevage

S'adapter aux contraintes locales

Pour clore les Journées bâtiments d'élevage, rendez-vous est pris sur l'exploitation de l'Earl des Fourneaux. Cet élevage de vaches allaitantes a investi dans un bâtiment comprenant deux stabulations, un espace de stockage et une partie dédiée à l'engraissement.

Par Charlotte Sauvignac
Journées Bâtiments d'élevage 2026
Christian Deschamps, éleveur à Egriselles-le-Bocage, montre sa cage de contention, un investissement compris dans la construction de son nouveau bâtiment d'élevage allaitant.

C'est à Egriselles-le-Bocage que se termine le tour des exploitations ayant réalisé des investissements innovants en matière de bâtiments d'élevage. Christian Deschamps, éleveur de vaches croisées charolais et salers, accueille les nombreux visiteurs présents. Fils d'éleveur de moutons, il a repris l'exploitation familiale avec sa conjointe de l'époque en la convertissant en pension pour chevaux et en vendant du foin. En 2013, Christian Deschamps change d'optique et décide de relancer l'élevage au sein de l'Earl des Fourneaux, avec son associé, situé en plein centre du village. Déjà doté d'un équipement adapté, il opte pour croiser la vache salers, connue pour « être rustique, bonne laitière avec un vêlage facile » avec la vache charolaise réputée pour avoir « un bon poids de carcasse », créant un « bon mélange ». Au fur et à mesure du temps, l'éleveur agrandit son exploitation en rachetant des parcelles. À ce jour, il possède 190 hectares dont 35 sont consacrés aux prairies permanentes et 155 hectares en cultures (colza, blé, pois, orge, luzerne) afin d'être « autonome en alimentation animale ». En prenant de l'ampleur, Christian Deschamps a la volonté d'augmenter son cheptel, passant de 90 bêtes à 155 au total. Limité par l'espace de l'exploitation familiale dont il a hérité, « je prends la décision de partir du village pour construire un bâtiment plus éloigné et avoir plus d'espace, sur des terres dédiées, à l'origine, aux céréales », témoigne-t-il. En se tournant vers Isabelle Degroote, l'agriculteur remercie chaleureusement la Chambre d'agriculture de l'Yonne pour « l'appui administratif qu'il a reçu de la part des conseillers. Sans toute cette aide, je n'aurai pas pu me lancer dans ce projet ». La conseillère prend à son tour la parole pour affirmer « la difficulté d'agrandir des cheptels au sein des villages. Il est important de toujours positionner le bâtiment en fonction des projets à long terme ». Maire et conseiller départemental, Christian Deschamps ajoute l'importance de penser « un bâtiment en fonction de l'intégration paysagère au sein d'une commune ».

Améliorer le confort de travail

Pour cet éleveur, l'objectif à moyen terme est de « tout placer au même endroit, sur la nouvelle structure et d'abandonner l'exploitation située au centre du village. Cela permettra de faciliter la charge de travail ». En se lançant dans cette nouvelle aventure en avril 2024, Christian Deschamps décide de concevoir un bâtiment en bois, « plus confortable pour les bêtes » comprenant une stabulation mixte élevage ou engraissement de 520 m2, un stockage de fourrage de 790 m2 et un bâtiment dédié à l'engraissement cases d'élevage, s'ajoutant à la stabulation vaches allaitantes en aire paillée déjà présente au sein de l'exploitation. C'est en automne 2025 qu'il peut enfin être maître des lieux et décide de « situer la partie engraissement derrière la partie fourrage ». L'engraissement est pour lui très important, car cela « permet d'avoir une chaîne plus longue d'élevage ». La partie fourrage, quant à elle, contient de « l'enrubannage de luzerne, foin, céréales produites sur l'exploitation et transformée sur place ». Il tient à ajouter que ce bâtiment « d'abord pensé pour l'élevage, a également été pensé pour le photovoltaïque ». Satisfait de ses investissements, il compte potentiellement agrandir « le bâtiment de stockage de paille » afin d'améliorer « le confort de travail et faciliter la transmission de l'exploitation ». Après la transmission de son exploitation, Christian Deschamps compte bien sur « le photovoltaïque pour être un complément de retraite ».