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Assurance

En 2025, Groupama est passé à travers les gouttes

L'évolution favorable des sinistres climatiques sur la zone Grand Est aura été le fait marquant de 2025 pour l'assureur. 

Par Berty Robert
En 2025, Groupama  est passé à travers les gouttes
Groupama
François Schmitt (à gauche) président de Groupama Grand Est et Benoît Douxami, directeur général.

La caisse régionale Groupama Grand Est, qui rassemble douze départements, dont la Côte-d'Or, le Jura, le Doubs, la Haute-Saône et le Territoire de Belfort, présentait le bilan de son activité 2025, à la suite de son assemblée générale du 29 mai. L'entreprise, qui emploie sur cette zone près de 1 700 personnes, est sortie de l'année passée en affichant des résultats économiques plutôt bons. « C'est le résultat, entre autres, d'une gestion prudente de nos actifs » précise le président de la caisse régionale François Schmitt. Le développement commercial global de l'assureur a été qualifié de « bonne facture » par Hubert Roth, son directeur Développement et Assurance. De fait, Groupama Grand Est gagne encore des sociétaires : ils sont 396 000 aujourd'hui et l'objectif 2026 est clairement de passer la barre des 400 000. L'évolution du chiffre d'affaires entre 2024 et 2025 a été très positive, à 811 millions d'euros, (56 millions de plus qu'en 2024) et avec un résultat net qui atteint 30,4 millions d'euros. Et alors que l'entreprise visait 1 % de rentabilité, c'est finalement trois fois plus : pour 100 euros collectés, Groupama grand Est aura gagné 3,20 euros. 

Zone plutôt épargnée

Ces bons résultats s'expliquent par les gains en clients mais aussi par des évolutions tarifaires. Mais il est également un point marquant qui a influencé ce résultat : 2025 aura été une année où les aléas climatiques auront plutôt épargné la zone de Groupama Grand Est, et cela aussi se voit sur les comptes. De ce point de vue, l'an passé fait figure d'exception alors que, depuis 2022, les indemnisations de particuliers ou de professionnels confrontés à du gel, de la grêle, des inondations, des tempêtes ou des mouvements de terrain affectant les habitations avaient été fréquentes et avaient conduit à des cotisations revues à la hausse. Il y a toutes les raisons de se réjouir de la baisse des impacts climatiques mais, les dirigeants de l'assureur régional le reconnaissent : « c'est une loterie » à laquelle on ne peut pas gagner tous les ans. « Fondamentalement, souligne François Schmitt, par ailleurs agriculteur, sur le climat, on a quand même changé de modèle. Si les indemnisations de sinistres climatiques sont en baisse, avec 21 millions d'euros en 2025 contre 48 millions en 2024, on est quand même sur ce point, à des niveaux supérieurs de 40 % par rapport à la période 2018-2019, et en 2022 nous avions versé 106 millions d'euros d'indemnisation sur ce chapitre… »

Cotisations en partie subventionnées

Au chapitre purement agricole, 2025 aura aussi été plutôt une bonne année en matière d'indemnisation de risque climatique. « Personnellement, note François Schmitt, le printemps 2025 aura été l'un des trois meilleurs que j'aurais connu dans ma carrière. » En assurance Multi risques climatiques (MRC), les résultats techniques sont plutôt équilibrés. « Néanmoins, pour la pousse des prairies et en particulier sur la partie nord de Grand Est, en Alsace et Lorraine, poursuit le président de Groupama Grand Est, l'année aura été extrêmement faible. Personnellement, sur mon exploitation j'ai dépassé 40 % de pertes. » Une configuration qui ne s'est pas retrouvée sur la partie sud de Grand Est. Face à ces situations très contrastées et incertaines, le dirigeant de l'assureur incite fortement les exploitants à faire le choix de s'assurer : « Je suis un promoteur de la protection des prairies et pour les gens qui étaient assurés sur le nord de la zone, l'assurance fut un vrai plus en 2025. Il faut aussi garder en mémoire que deux tiers du montant des cotisations sont subventionnés. Il y a un vrai intérêt à s'assurer. » Enfin, rappelons que Groupama Grand Est sera à nouveau partenaire de Terres de Jim, la fête nationale des Jeunes agriculteurs, qui se tiendra du 11 au 13 septembre, en Moselle, près de Metz. Cela avait déjà été le cas pour l'édition 2024 dans le Doubs.