Organiser des réunions régulières pour faciliter le dialogue
À Thury, le 1er septembre dernier, le nouveau préfet de l'Yonne, Jean Salomon a rencontré les organisations agricoles pour faire un premier état des lieux de l'agriculture icaunaise.
Après une visite d'exploitation au sein de l'exploitation de Loïc et Camille Guyard à Thury, Jean Salomon, le nouveau préfet de l'Yonne a échangé avec la Chambre d'agriculture et les différents syndicats sur les principales préoccupations du département, le 1er septembre dernier. Dans ses postes antérieurs que ce soit dans le Limousin, dans les Landes, en Corse, ou encore dans les Hautes-Pyrénées, Jean Salomon avait mis en place différents dispositifs qu'il souhaite réitérer dans l'Yonne. « Je souhaiterais effectuer des réunions périodiques agricoles. Le but c'est d'organiser des réunions toutes les six semaines et de réunir les organisations professionnelles agricoles, la Chambre d'agriculture, les services de l'État (DDT, DDETSPP), le groupement de défense sanitaire, le groupement technique vétérinaire et la MSA pour un point de situation de l'État. Au cours de ces réunions, nous souhaitons présenter l'actualité des six dernières semaines, les choses dans lesquelles on va rentrer comme la mise en paiement de la PAC, la mise en paiement des aides, etc. Par la suite, nous souhaitons mettre en place un temps d'échanges pour avoir les remontées terrain du monde agricole », déclarait-il après la matinée de rencontres. Ces réunions pourront être l'occasion d'avoir des retours suite à la mise en place de dispositifs. « L'exemple que je prenais tout à l'heure, typiquement, c'est lorsqu'on met en place un dispositif, on ne distribue pas de l'argent comme ça, au tout-venant. Il y a un peu d'administration, de dossiers à faire. Cette réunion peut être utile pour vérifier que la démarche est simple, comprise et qu'elle est en accord avec les besoins du monde agricole », illustrait-il. Pour lui, l'objectif est de faciliter le dialogue avec les parties prenantes, car « la communication est au service d'une action ». Expérimenté, Jean Salomon a bien conscience du caractère urgent des crises. « Il y a toujours eu des crises, mais, avant, on avait le temps d'en digérer une avant de passer à la suivante. Aujourd'hui, elles s'enchaînent à un rythme très soutenu et on voit bien que les trésoreries, même celles des bonnes exploitations commencent à se tendre, voire à se tendre très fort au point que ça crée une forme de morosité, d'inquiétude, de perte de moral dans le monde agricole et ça, ce n'est pas acceptable », affirmait-il. Son objectif est donc de « soutenir concrètement nos agriculteurs, ils nous nourrissent, il faut qu'on conserve notre indépendance alimentaire ».
Anticiper les crises
Du côté des élus agricoles, Arnaud Delestre, président de la Chambre d'agriculture convenait que ce qui était attendu, ce jour-là était du ressort national. « Ce matin, plusieurs demandes ont porté sur une aide fixe ou une aide ciblée pour les agriculteurs. La question de la santé mentale a également été relayée par les différents syndicats. Il faut que les agriculteurs qui en ressentent le besoin s'appuient sur les dispositifs mis en place par les différents organismes, comme notre cellule Réagir », confiait-il. Après un été sec, le président de la Chambre revient sur la demande d'aide à court terme pour soulager la trésorerie des exploitations. « Les éleveurs sont toujours obligés de nourrir leurs bêtes avec les rations hivernales, car aujourd'hui, il n'y a toujours pas de repousse d'herbe. Nous sommes encore dans une crise climatique », affichait-il. Au-delà de ça, Arnaud Delestre parlait d'avenir avec des pistes de réflexion portées sur l'énergie et l'eau. « La question de l'eau, c'est un sujet qu'il souhaiterait aborder au cours des réunions. C'est une piste importante, que ce soit pour l'abreuvement du bétail, pour les cultures ou encore pour la gestion des incendies. Ce qui s'est passé cet été nous pousse à réaliser un travail à l'automne pour consolider un maillage agricole qui pourrait venir en aide au SDIS dans le cas de nouveaux incendies les prochains étés », annonçait-il. À l’avenir, l'objectif est d'être dans le dialogue pour « permettre aux agriculteurs de se projeter sur le long terme ». Charles Baracco, président de la FDSEA de l'Yonne, accompagnait cette parole en appuyant l'impact « total de la sécheresse sur l'ensemble des secteurs agricoles ». « Aujourd'hui, l'agriculture française a besoin d'aide pour passer ce mauvais cap, tout en ayant conscience que le coup dur de cet été intervient dans une fragilisation structurelle. On est de moins en moins compétitif, on est jamais serein et donc dès qu'il y a le moindre aléa, on est très fragile. On attend vraiment un accompagnement fort de la part de l'État pour accompagner le secteur agricole français de manière pérenne », manifestait-il. Pour rappel, la FDSEA de l'Yonne porte de nombreux combats pour : un accompagnement psychologique individuel des agriculteurs, des prix rémunérateurs, limiter les charges, une reconnaissance au titre de l'ISN, des mesures fiscales et sociales en lien avec la situation climatique exceptionnelle, renforcer les accompagnements bancaires, avancer le paiement des aides PAC, alléger les contrôles administratifs, accompagner les éleveurs sur le besoin en fourrage, un minimum d'accès à l'eau pour les animaux d'élevage en cas d'arrêtés sécheresse et un soutien renforcé aux investissements visant l'adaptation au changement climatique.