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Coopérative Alysé

Constater l'évolution des filières d'élevage

À l'occasion de l'assemblée générale de la coopérative Alysé, deux techniciens sont revenus sur les facteurs marquants des filières animales en 2025.

Par Charlotte Sauvignac
Coopérative Alysé
Au cours de l'assemblée générale de la coopérative Alysé, ce jeudi 4 juin, deux focus sur l'élevage laitier et allaitant ont été réalisés.

« 2025 aura été une année atypique au niveau sanitaire, avec une partie de la Côte-d'Or située dans la zone sanitaire de la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC). En ce qui concerne les prix, nous avons connu de belles cotations en ce début d'année. Cependant, elles commencent déjà à baisser, restons donc vigilants », introduit Nicolas Michaud, président de la coopérative Alysé, ce jeudi 4 juin à Migennes. De son côté Céline Zanella, directrice de la coopérative, fait un bilan rapide des filières. « Dans la filière des vaches laitières, nous observons des élevages qui ont tendance à augmenter en termes de têtes », analyse-t-elle. A contrario de la filière des caprins laitiers, où « de nombreux écarts en termes de têtes dans les cheptels sont observés entre chaque élevage. Même si c'est très hétérogène, de manière générale, la moyenne s'établit à 266 chèvres par exploitation agricole ». Côté élevage allaitant, « nous constatons une tendance baissière de l'élevage bovin, sur nos terres, tandis que l'élevage ovin augmente drastiquement. Nous pensons que l'agrivoltaïsme joue un rôle majeur dans l'augmentation des élevages ». Après quelques observations données, la coopérative Alysé a voulu revenir aux fondamentaux avec une envolée des prix de la conjoncture bovine. En près de 10 ans, la France a perdu près de 1,25 million de vaches d'élevage, soit (- 16 %), comprenant la perte de près de 670 000 têtes en vaches allaitantes (-17 %), et de – 580 000 têtes (- 15 %) en vaches laitières. Ces tendances se sont observées depuis 2015, transcrits Jérôme Laviron, responsable pôle viande et fourrage à la coopérative Alysé. « Sur la zone Alysé, comprenant donc l'Aube, la Côte-d'Or, le Loiret et l'Yonne, nous avons constaté une perte de près de 24 % des élevages bovins tout confondus. L'élevage laitier a été d'autant plus impacté avec une diminution de 43 % des cheptels, a contrario des élevages de bovins allaitants (- 20 %) », débute-t-il.

2025 : une année historique

Du côté de l'élevage ovin allaitant, l'année 2025 a été perturbée par la Fièvre Catarrhale Ovine (FCO). Cela a directement impacté le nombre d'abattages, notamment au 1er trimestre avec une diminution de 6 %. Cette baisse a également impacté le commerce, avec une baisse des imports de viande (- 8 %) et des imports d'agneaux vivants (- 40 %), a contrario de l'export (+ 15 % d'agneaux vivants). Malgré la faible production, « le marché des agneaux connaît un effondrement des prix. Nous étions à des agneaux à plus de 10 €/kg, en début d'année, puis le marché connaît une chute de plus de 2 €/kg en six mois pour remonter à un peu moins de 10 € en fin d'année ». Après son intervention, Jérôme Laviron a laissé sa place à Lisa Delesse, conseillère en bovins lait chez Alysé pour un point sur la filière laitière. En hiver et printemps, la consommation des produits laitiers par les ménages est en progression. Parallèlement, « on manque de beurre et de matières grasses en UE : les importations augmentent ». Côté climat, « le printemps a été précoce et sec, favorable à la pâture et à des récoltes de premier cycle de qualité ». Ce premier semestre se termine sur une bonne note « avec une collecte laitière française en pleine augmentation qui se poursuit même au second semestre », ajoute-t-elle, malgré l'apparition du premier cas de DNC en juin en Savoie. Pour Lisa Delesse, l'année 2025 est marquante pour la filière laitière, car « les éleveurs ont connu des prix du lait et de la viande exceptionnels ainsi que des conditions climatiques favorables ». Toutefois, les charges opérationnelles sont à vérifier, « car elles demeurent à un niveau élevé. Le recours accru aux concentrés pour soutenir la production pèse sur les coûts alimentaires ». De manière générale, 2025 apparaît comme une campagne favorable au niveau économique et technique, qui confirme cependant la sensibilité des résultats à la conjoncture des prix.