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Reproducteurs charolais

Bourbon casse la tirelire

Un veau né en Côte-d'Or a atteint l'enchère record de 41 900 euros, le 2 septembre au Marault.

Par AG
Bourbon casse la tirelire
Bruno Gabory et Bourbon, premier prix d’honneur mâle de l’année grand raceur, puis « top price » de la vente nationale.

C'est un concours peu commun qu'a vécu Bruno Gabory la semaine dernière dans la Nièvre. Et ce, pour trois raisons. « Deux sympas et une moins bonne », lance l'éleveur de Jeux-lès-Bard, près d'Époisses. Commençons par la « moins bonne », afin de terminer cet article par du positif : alors que le Côte-d'orien préparait tranquillement son reproducteur pour les épreuves de la matinée, ce mercredi 2 septembre, une personne un peu trop distraite a couru très vite, tout près de l'animal : « ce dernier a soudainement pris peur et j'ai été traîné sur plusieurs mètres, en tapant contre les barrières… Du coup, j'ai fini la journée aux urgences ! Rien n'est cassé mais j'ai des ligaments de l'épaule déchirés. J'ai une écharpe pour au moins quinze jours ». Bruno Gabory a « plus que galéré » pour présenter son veau, mais le jeu en valait finalement la chandelle : Bourbon remporte le premier prix d’honneur mâle de l’année grand raceur, le titre le plus convoité de ce concours national.

Favori logique

Ce charolais né 11 décembre dernier se positionnait idéalement pour la vente de l'après-midi. « Le matin, je me suis rendu compte de l'intérêt qu'il suscitait », retrace Bruno Gabory. Bourbon allait, sur sa lancée, rester le numéro un de cette journée inoubliable en réalisant la plus belle enchère finale. Et quelle enchère : 41 900 euros ! Deux exploitations avaient uni leurs forces pour l'acquérir : le Gaec Romain Barré (Ardennes) et le Gaec Petot Frères (Nièvre). Veau très complet avec une belle envergure et de la finesse, destiné à faire « beaucoup de viande », Bourbon est le fils de Vulcain (taureau 1er prix d'honneur à Saint-Gervais, en Auvergne, né chez Cluzel Heurtier dans le Puy-de-Dôme) et de Jura (origine Bernard Dessauny, dans la Nièvre). Bruno Gabory avait bien évidemment repéré son fort potentiel dès la naissance, mais l'éleveur était loin d'imaginer que cet animal allait attirer toutes les convoitises à cette vente nationale.

Souvenirs

Aussi surprenant que cela puisse paraître, un veau présenté à ce même rendez-vous l'an passé avait encore fait mieux. Il s'agissait d'Agakhan, reproducteur issu du Gaec Besson (58), qui avait été adjugé à 42 300 euros. Les quatre acheteurs étaient les suivants : l'élevage Batho (58), Paul Czerewko (71), l'EARL Devillard (71) et le Gaec Nanotti (57). Bourbon ne bat donc pas le record de 2025. Bruno Gabory, qui élève 180 vaches charolaises avec son fils Baptiste et son neveu Yves Raverat, n'avait bien évidemment jamais vendu un reproducteur à un tel prix, lui qui sélectionne depuis près de 40 ans. Un temps absent à ce rendez-vous national charolais, Bruno Gabory a repris ses bonnes vielles habitudes depuis l'installation de son fils : « Il faut aussi et surtout avoir l'animal en face pour y aller, mais, oui, l'arrivée de Baptiste a permis de retourner dans ce type de manifestation. Je dédie cette journée particulière à mes parents qui m'ont aidé et soutenu, et sans qui je ne serais pas présent aujourd'hui. Une pensée particulière à mon papa qui nous a quittés jour pour jour il y a un mois, avec qui je participais aux concours et ventes. Il aimait venir ici, au Marault, participer et retrouver les autres éleveurs ». Bourbon est qualifié pour la finale de Moulins : Bruno Gabory fera le déplacement avec lui avant de le céder à ses nouveaux propriétaires.

Une très belle moyenne

Une très belle moyenne

Sur les 36 veaux proposés à cette vente nationale, 32 veaux ont été vendus au prix moyen de 8 894 euros. « Atteindre un tel résultat de vente dans le contexte de cette année est vraiment remarquable. La saison des concours est bel et bien lancée », a commenté Emmanuel Turpeau, président du Herd Book Charolais.