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Outils de productions

Faire découvrir les possibilités

Afin de faire découvrir l'insémination aux élèves de seconde Productions animales du Legta du Morvan, une journée spécifique était organisée le 27 janvier à Saulières.

Par Catherine Blin et Pauline Kindler, Legta du Morvan
Faire découvrir les possibilités
Crédit photo : Legta du Morvan.
Durant la journée dédiée à l'IA, les élèves du Legta du Morvan ont pu échanger avec Cédric Bernier, associé du Gaec des Jonquilles où se déroulait la rencontre.

Après avoir étudié en cours les modes de reproduction en élevage allaitant, les élèves de secondes Productions animales du Legta du Morvan (Château-Chinon), ont pu les découvrir en situation le 27 janvier, au Gaec des Jonquilles à Saulières (Saint Péreuse). Pour rappel, cette sortie était axée spécifiquement sur l'insémination artificielle (IA) et la génomique.

Pour l'occasion, les élèves furent accompagnés par Catherine Blin, enseignante de zootechnie, et Pauline Kindler, enseignante de biologie. Ainsi, si la monte naturelle était bien connue des élèves, la pratique de l'insémination était une totale nouveauté pour eux. Pour éclairer un peu plus le choix de l'exploitation en la matière, Cédric Bernier, associé du Gaec des Jonquilles, fit une présentation de ce dernier et revint sur les problématiques rencontrées avant la mise en place de l'IA.

Pour l'élevage

Durant son explication, il détaille qu'autrefois les associés avaient de nombreuses césariennes sur génisses (environ vingt par an), engendrant des frais vétérinaires et un taux de réforme élevés. Afin de renouveler la génétique, les associés se sont donc lancés dans la pratique de l'IA sur génisses en 2010, tout en augmentant son utilisation au fil des ans. Après ces éléments, il fut tout de même rappelé aux élèves par Cédric Bernier et leurs enseignantes, que l'IA requière une surveillance accrue des éleveurs notamment pour les chaleurs, l'état général de l'animal à l'approche de la mise à la reproduction ou encore pour l'alimentation qui doit être obligatoirement équilibrée et de qualité alliée à une minéralisation. Sur ces points, Cédric Bernier rappelle que la surveillance des chaleurs se fait au sein du Gaec deux fois par jour, tout en détaillant que l'IA a permis au Gaec de réduire le nombre de taureaux, donc de frais alimentaires et autres… En plus, il développe que l'allotement du troupeau au printemps et la gestion du pâturage sont également facilités par l'utilisation de l'IA. La question de la génétique fut abordée durant les échanges avec les élèves, avec une recherche spécifique du Gaec sur la facilité de naissances, les qualités maternelles, l'aptitude au vêlage, l'index de synthèse au sevrage ou encore le sans corne. Cédric Bernier stipule : « Nous pratiquons la génomique sur les femelles depuis deux ans. Pour nous, l'IA représente aujourd'hui un atout considérable sur le plan sanitaire puisqu'il n'y a plus d'introduction d'animaux extérieurs dans notre troupeau ». Catherine Blin rebondit : « Lors d'achat d'animaux extérieurs les risques sont multiples notamment avec la besnoitiose, la dermatite digitale ou encore la pasteurellose ». Cela étant, le coût de tout cela fut rappelé par Catherine Blin : « Les outils que sont l'IA, la génomique, la pelvimétrie, les détecteurs de vêlages ou de chaleurs représentent des investissements certains mais qui permettent in fine d'améliorer la productivité du troupeau… ».

En plus…

Afin de présenter un panorama complet de l'IA, Bruno Bécamel, inséminateur chez Elva Novia, était également présent lors de la rencontre pour échanger avec les élèves sur les missions de son métier ou encore son parcours scolaire et les compétences requises pour faire cette profession. Il développe : « Il faut avoir un sens de l'observation et l'organisation, car nous parcourons souvent beaucoup de kilomètres par an pour couvrir un secteur ». Après ces mises en lumière, deux inséminations furent réalisées l'une sur génisse et l'autre sur vache. Puis, Bruno Bécamel fit un prélèvement en vue d'une analyse génomique. À la fin de la journée, les élèves font le bilan, comme Nathan, 16 ans : « Cette visite m'a apporté des connaissances sur le choix des troupeaux. En plus, j'ai aussi pris connaissance des différents avantages et inconvénients de l'utilisation de l'IA et de la génomique comme le pourcentage de réussite élevé mais aussi du prix ». De son côté, Édouard, 15 ans, pointe : « J'ai apprécié de voir les inséminations en situation comme d'avoir les retours concrets de l'inséminateur et de l'éleveur sur cette pratique ». Il semble donc que cette journée de découverte de cette pratique fut appréciée et instructive.