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Tournesol

Deux méthodes pour raisonner l’apport d’azote

Bien que l’oléagineux soit une culture économe en intrants, une fertilisation azotée mal ajustée peut pénaliser le rendement comme la teneur en huile. Un pilotage optimal se base sur la technique du bilan et l’outil Héliotest.

Par Clarisse Guiziou-Jaouen
Deux méthodes pour raisonner l’apport d’azote
L. Jung / Teres Inovia
Comparés à d’autres cultures, les besoins en azote du tournesol restent modérés mais conditionnent toutefois le rendement et la teneur en huile.

Les besoins en azote du tournesol sont modérés, comparés à d’autres grandes cultures. Ils sont proportionnels au rendement à raison de 4,5 unités absorbées par quintal produit. Ainsi, pour un objectif de rendement de 30 q/ha, la plante mobilisera environ 135 unités d’azote. Une part importante de cet azote provient directement du sol, via la minéralisation de la matière organique, les reliquats azotés en sortie d’hiver ou encore les restitutions du précédent cultural. Un apport d’azote peut compléter les fournitures du sol si nécessaire. Attention cependant aux effets indésirables des éventuels excès allant d’une végétation trop développée, à une sensibilité accrue à la verse, voire à une baisse de la teneur en huile des graines. À l’inverse, une carence précoce limite le développement du capitule et donc le rendement final. « Deux méthodes existent pour piloter l’azote », affirme Louis-Marie Allard, expert Terres Inovia. La première méthode est celle du bilan. Elle prend en compte les reliquats au semis et l’objectif de rendement.

Un outil mis au point par Terres Inovia

La seconde méthode, appelée Héliotest, est un outil visuel simple pour estimer les besoins réels de la plante. Développé par Terres Inovia, il consiste à fertiliser une bande test témoin avec 60 unités d’azote au semis. Une différence de hauteur, de volume ou de couleur entre la bande fertilisée le reste de la parcelle indique une carence en azote. Le stade d’apparition de cette différence visuelle et l’objectif de rendement module la dose à apporter en végétation.

L’essentiel de l’absorption en azote a lieu entre le stade bouton et début floraison. Ainsi, les apports en végétation sont aussi bien valorisés que les apports au semis, grâce à une meilleure synchronisation avec les besoins de la plante. L’apport en végétation offre notamment la possibilité de réajuster la dose d’azote selon l’état de la culture, en particulier du peuplement.

Tableau 1 // Grille de décision de la méthode du bilan (uN : unités d’azote). La méthode du bilan prend en compte les reliquats au semis et les objectifs de rendement.
Tableau 2 // Grille de décision de la méthode Héliotest.

Limiter les risques de brûlures lors d’un apport en végétation

Afin de limiter les risques de brûlures sur le tournesol, il est recommandé de privilégier des engrais solides plutôt que liquides. Cet apport est à réaliser par temps sec, et avant l’apparition du bouton (viser 14 feuilles maximum). En cas de recours à la solution liquide, l’usage de pendillards est recommandé.

Dans tous les cas, respecter strictement les réglementations en vigueur, en particulier les arrêtés préfectoraux en zones vulnérables.

Contact : Louis-Marie Allard lm.allard@terresinovia.fr