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Viande bovine

«Des solutions existent, mais que fait le ministre ?»

Les éleveurs du grand bassin allaitant réclament l’accélération des demandes de certificats sanitaires, indispensables pour dégager le marché du broutard. Mais à priori, le ministère n’a pas saisi l’urgence de la situation. Explications avec Pascal Lerousseau, coordinateur du Berceau des races à viande.
Par Propos recueillis par Sophie Chatenet
«Des solutions existent, mais que fait le ministre ?»
Pascal Lerousseau, éleveur en Creuse et coordinateur du berceau des races à viande.
- Quel est l’enjeu actuellement sur le marché du maigre ?
Pascal Lerousseau: «Nous sommes clairement face à une situation inédite depuis vingt ans. Jamais les éleveurs n’ont été confrontés à des cours aussi bas. Le plus grave, c’est que cette baisse tend à s’amplifier. Le climat est délétère dans les campagnes, et la colère est d’autant plus grande que la situation est loin d’être inéluctable. La perte de têtes exportées vers le marché italien n’est en effet pas une fatalité. La profession s’est mobilisée pour trouver de nouveaux débouchés. Le problème aujourd’hui, c’est que la France est incapable d’honorer de nouveaux contrats, faute d’avoir négocié les certificats sanitaires et les cautionnements nécessaires à l’exportation.

- Qu’attendez-vous du ministre ?
P.L. : «Qu’il apporte enfin des réponses tangibles en négociant sans attendre des certificats sanitaires et des cautionnements auprès des pays importateurs. Par ailleurs, la France doit absolument obtenir de l’Europe l’activation des mesures de dégagement de marché tant sur le gras que sur le vif. Il en va de la survie de nombreuses exploitations d’élevage.

- Envisagez-vous des actions dans les jours à venir ?
P.L. : «Des délégations d’éleveurs vont s’inviter dans l’ensemble des préfectures du grand Massif central de manière concomitante, jeudi 29 septembre, de manière à porter ce message de fermeté auprès des représentants de l’État».

Cœur de gamme : «Les éleveurs devront retrouver leur petit»

«La profession a démontré par ses multiples actions qu’il était possible de faire des choses y compris avec la grande distribution», résume Patrick Bénézit, président de la FRSEA Massif central. C’est d’ailleurs tout l’enjeu de la stratégie «Cœur de gamme» qui, pour mémoire entend intégrer le coût de production dans le prix payé au producteur. Si cette stratégie se concrétise depuis quelques semaines dans plusieurs enseignes, les éleveurs restent vigilants. «Nous allons vérifier que les opérateurs et les abatteurs respectent bien la mécanique pour que les revalorisations payées par la grande distribution reviennent aux éleveurs», résume Michel Joly de la FDSEA de la Saône-et-Loire et président de la section régionale bovine de Bourgogne.