Filière porcine
Des cochons au paradis
Créé sur l’exploitation familiale au début des années 90, l’atelier porcs avait fermé ses portes en 2010. Loïc Guyard en a relancé l’activité à l’automne dernier, en partenariat avec une société de découpe d’Ile de France.
L’adresse est sans équivoque : rue du paradis, hameau de Collangette, à la sortie de Thury… C’est en 2007 que Loïc Guyard a rejoint Didier son père, sur l’exploitation familiale, avec d’emblée comme objectif, de diversifier les ateliers et les sources de revenus. Il est aujourd’hui à la tête d’un cheptel de 50 vaches charolaises en système naisseur mâles et naisseur-engraisseur femelles, sur une SAU de 265 ha, dont 210 ha de cultures et 55 ha de prairie. Une activité complétée depuis quelques mois par la relance d’un atelier d’une centaine de porcs pour engraissement, après avoir rejoint un GIE d’éleveurs en partenariat avec l’entreprise «Les Viandes du Lys», spécialisée dans la commercialisation de produits élaborés manuellement, à partir des carcasses qu’elle découpe.
Une litière de sciures
L’élevage de porcs est de tradition familiale chez les Guyard, initié par son père, Didier, à son installation en 1992 : «la Pac arrivait et faisait naître chez lui quelques craintes, d’où l’idée de se diversifier. Il hésitait alors entre les poulets et les cochons, mais le système intégration lié aux volailles ne l’avait pas conquis, il souhaitait rester autonome…» Après construction d’un bâtiment, a débuté une activité d’engraissement de porcs standards reçus à 25 kg et emmenés jusqu’à plus de 100 kg, avec pour particularité d’être élevés sur une litière de sciures, une technique innovatrice à l’époque dans la région : «il ne supportait pas l’idée de caillebotis et dans ces années là, les scieries ne savaient quoi faire de leurs déchets. Au début, ils payaient même le transport… !» Avec pour finalité, une litière faite de copeaux de bois très fins, sur une hauteur de 1,20 m, travaillée à la mini-pelle tous les 2 ou 3 mois. Avant un retour à la litière paille en 2010, après que les scieries aient mis un terme au contrat, après avoir trouvé des débouchés pour leurs déchets, en matière de chauffage. La même année a vu l’atelier porcs fermer ses portes : «à l’époque, le contexte était difficile, avec à peine 10 € de marge par porc et un blé qui valait très cher. La décision d’arrêter a été renforcée par le fait que les porcs fournis, ne provenaient plus d’un seul naisseur, mais de post-sevrages collectifs, avec les risques sanitaires qui en découlent».
Un prix en fonction des coûts de production
Didier parti en retraite en 2015, s’est posée la question de l’utilisation du bâtiment : «fallait-il raser la porcherie ? La réaménager pour y mettre des génisses?» Jusqu’à ce qu’en juillet dernier, un ami naisseur l’informe qu’un GIE d’engraisseurs était en quête d’un quatrième éleveur : «ils ont commencé il y a quinze ans, avec deux cochons par semaine et en sont aujourd’hui à une cinquantaine, après s’être rapprochés des «Viandes du Lys», une entreprise de transformation familiale installée en Seine-et-Marne, en contrat derrière, avec plusieurs enseignes de la grande distribution». La première bande d’animaux est arrivée à Thury le 8 octobre dernier. Des porcelets entre 6 et 8 kg, élevés sur paille, passant par un atelier post-sevrage et conduits à leur taille adulte avec un mois de plus de croissance. Un engraissage lent combiné à une nourriture sans soja, garantie sans OGM, débouchant sur une viande mûre et plus «goûtue», qui «tient» à la cuisson et plébiscitée par le public : «on ne cherche pas la performance technique à tout prix et de toute façon, mon bâtiment actuel ne me le permettrait pas, privilégiant avant tout une certaine souplesse pour la conduite de l’élevage, en donnant aux animaux, le temps de grandir. Du gras oui, mais pas n’importe où». Des animaux nourris de manière uniforme chez les quatre éleveurs, à partir d’une alimentation à base de tourteaux de colza et tournesol ainsi que des céréales et issues de céréales, avant d’être abattus à Cosne-sur-Loire et les carcasses ramenées par le GIE, jusqu’à l’entreprise de découpage.
Environ 1 heure de temps de travail journalier, curage bimestriel compris, pour des perspectives économiques prometteuses : «là où mon père faisait 1 200 cochons par an, je n’en fais plus que 600, avec à la clé, un prix construit en fonction des coûts de production et un résultat attendu de 30 € par animal vendu». Avec aussi pour objectif, de ramener de la valeur ajoutée sur l’exploitation, pour un jour, trouver un associé et embaucher un salarié. Mais en ayant toujours à l’esprit ce dicton partagé par Didier en son temps comme Loïc aujourd’hui : «ne jamais mettre ses œufs dans le même panier !»
Une litière de sciures
L’élevage de porcs est de tradition familiale chez les Guyard, initié par son père, Didier, à son installation en 1992 : «la Pac arrivait et faisait naître chez lui quelques craintes, d’où l’idée de se diversifier. Il hésitait alors entre les poulets et les cochons, mais le système intégration lié aux volailles ne l’avait pas conquis, il souhaitait rester autonome…» Après construction d’un bâtiment, a débuté une activité d’engraissement de porcs standards reçus à 25 kg et emmenés jusqu’à plus de 100 kg, avec pour particularité d’être élevés sur une litière de sciures, une technique innovatrice à l’époque dans la région : «il ne supportait pas l’idée de caillebotis et dans ces années là, les scieries ne savaient quoi faire de leurs déchets. Au début, ils payaient même le transport… !» Avec pour finalité, une litière faite de copeaux de bois très fins, sur une hauteur de 1,20 m, travaillée à la mini-pelle tous les 2 ou 3 mois. Avant un retour à la litière paille en 2010, après que les scieries aient mis un terme au contrat, après avoir trouvé des débouchés pour leurs déchets, en matière de chauffage. La même année a vu l’atelier porcs fermer ses portes : «à l’époque, le contexte était difficile, avec à peine 10 € de marge par porc et un blé qui valait très cher. La décision d’arrêter a été renforcée par le fait que les porcs fournis, ne provenaient plus d’un seul naisseur, mais de post-sevrages collectifs, avec les risques sanitaires qui en découlent».
Un prix en fonction des coûts de production
Didier parti en retraite en 2015, s’est posée la question de l’utilisation du bâtiment : «fallait-il raser la porcherie ? La réaménager pour y mettre des génisses?» Jusqu’à ce qu’en juillet dernier, un ami naisseur l’informe qu’un GIE d’engraisseurs était en quête d’un quatrième éleveur : «ils ont commencé il y a quinze ans, avec deux cochons par semaine et en sont aujourd’hui à une cinquantaine, après s’être rapprochés des «Viandes du Lys», une entreprise de transformation familiale installée en Seine-et-Marne, en contrat derrière, avec plusieurs enseignes de la grande distribution». La première bande d’animaux est arrivée à Thury le 8 octobre dernier. Des porcelets entre 6 et 8 kg, élevés sur paille, passant par un atelier post-sevrage et conduits à leur taille adulte avec un mois de plus de croissance. Un engraissage lent combiné à une nourriture sans soja, garantie sans OGM, débouchant sur une viande mûre et plus «goûtue», qui «tient» à la cuisson et plébiscitée par le public : «on ne cherche pas la performance technique à tout prix et de toute façon, mon bâtiment actuel ne me le permettrait pas, privilégiant avant tout une certaine souplesse pour la conduite de l’élevage, en donnant aux animaux, le temps de grandir. Du gras oui, mais pas n’importe où». Des animaux nourris de manière uniforme chez les quatre éleveurs, à partir d’une alimentation à base de tourteaux de colza et tournesol ainsi que des céréales et issues de céréales, avant d’être abattus à Cosne-sur-Loire et les carcasses ramenées par le GIE, jusqu’à l’entreprise de découpage.
Environ 1 heure de temps de travail journalier, curage bimestriel compris, pour des perspectives économiques prometteuses : «là où mon père faisait 1 200 cochons par an, je n’en fais plus que 600, avec à la clé, un prix construit en fonction des coûts de production et un résultat attendu de 30 € par animal vendu». Avec aussi pour objectif, de ramener de la valeur ajoutée sur l’exploitation, pour un jour, trouver un associé et embaucher un salarié. Mais en ayant toujours à l’esprit ce dicton partagé par Didier en son temps comme Loïc aujourd’hui : «ne jamais mettre ses œufs dans le même panier !»