De l'engrais, aussi en bio
La Ferme du Chairon, dans la plaine dijonnaise, apporte des fientes et des bouchons organiques dans ses différentes parcelles.
L’agriculture bio interdit les engrais de synthèse, mais pas les engrais organiques. Nous nous sommes rendus à la Ferme du Chairon à Barges pour l'illustrer. Cette structure issue d'un assolement commun de quatre exploitations est passée en bio sur ses 770 ha cultures en 2021. « Nous avons fait le choix d'apporter aussitôt de l'engrais. Oui, en bio, nous avons le droit aussi ! Tous les ans, nous achetons 1 000 tonnes de fientes et 150 tonnes de bouchons organiques via Dijon Céréales », présente Damien Baumont, l'un des six associés de cette ferme du sud de Dijon. Les fientes viennent des Pays-Bas et sont épandues sur 300 ha de blé à l'automne. Contrairement à ce que nous pourrions penser, les élevages avicoles concernés ne sont pas forcément bio : « la seule consigne est que le produit soit composté », précise le Côte-d'orien. Les bouchons organiques sont « distribués » en mars et avril dans le tournesol, l'orge de printemps et dans même le blé ayant déjà reçu de la fiente quelques mois plus tôt. « Ces granulés contiennent de la poudre de viande et d’os ainsi que de la farine de fientes. Nous en mettons environ 800 kg/ha. Seul le tournesol en reçoit un peu moins, environ 600 kg/ha », précise Damien Baumont.
Des plantes résilientes
Ces interventions ont forcément un coût : la fiente arrive dans la cour de ferme pour 85 euros/t, prix auquel il faudra ajouter 10 euros/ha pour l'épandage. Les bouchons 10.5.0, eux, sont facturés entre 280 et 350 euros la tonne, selon les années. Le gain sur les rendements et la qualité de la récolte sont largement perceptibles, mais celui de la marge brute l'est beaucoup moins : « il n'y a pas une très grande différence sur ce dernier critère, c'est vrai. Je fais partie du groupement des agriculteurs bio à la Chambre de Côte-d'Or et ceux qui ne mettent rien ont pratiquement la même marge à la fin. Mais pour nous, cet investissement est un peu celui de la sérénité : nous avons des plantes plus résilientes avec ces apports. En cas d'aléa climatique, elles repartent beaucoup plus vite. Personnellement, je dors plus tranquille car elles ont quelque chose à disposition ». Damien Baumont est persuadé que l'engrais inter-agit sur la qualité de ses blés : « en plaine, les rendements sont supérieurs à ceux des plateaux, ce qui a tendance à diluer la protéine. Or, la protéine, c'est souvent le facteur qui fait la différence dans le valorisation du blé bio. Nous arrivons à obtenir des taux intéressants. De plus, nous ne manquons jamais de PS, nous ne descendons jamais en dessous de 81 ou 82. La fiente et ces bouchons y sont forcément pour quelque chose, c'est certain ».
Belle année 25
La Ferme du Chairon (anciennement SEP des CBRD) a réalisé sa meilleure campagne bio en 2025, avec des rendements et des prix de vente à la hauteur de ses attentes. Le blé (41q/ha de moyenne), le soja (24), le tournesol (30), la féverole (25) et l'orge de printemps (41) ont été valorisés par des cours revenus à leurs niveaux d'avant-guerre en Ukraine (entre 400 et 450 euros/t pour le blé, 800 euros/t pour le tournesol et le soja).
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