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Biostimulation

Oryzya : l'art de prendre racine

Implantée à Bretenière, près de Dijon, et adhérente au pôle Agronov, Oryzya développe une gamme de biostimulants à base de champignons. Des produits qui, notamment en regard de la sécheresse que nous vivons, sont porteurs de solutions.

Par Berty Robert
Oryzya : l'art de prendre racine
Oryzya dispose de son propre laboratoire qui lui permet de conseiller au mieux ses clients sur les utilisations optimales de ses biostimulants.

En 2011, lorsqu'est née Oryzya (à l'époque nommée Inoculumplus) le concept de mycorhize n'était pas évident à vulgariser. Avoir recours à des champignons pour stimuler la croissance de plantes a réclamé du temps pour s'inscrire dans le paysage. 15 ans après, du chemin a été accompli. Aujourd'hui, l'entreprise basée à Bretenière, au sud de Dijon, et membre du pôle d'innovation en agroécologie Agronov, développe une gamme de biostimulants. Jusqu'en 2019, elle distribuait des biostimulants mais ne les produisait pas. C'est dans le but de répondre à des attentes plus spécifiques exprimées par ses clients (particuliers, maraîchers, agriculteurs, producteurs de substrat) qu'elle a décidé de développer sa gamme en propre. Celle-ci comprend trois types de produits : Asteria, Temis et Rhéa, basés sur un mélange de cinq souches de champignons, utilisables en bio comme en conventionnel, et qui se distinguent par des granulométries différentes. « Asteria, détaille Sylvie Masquelier, co-fondatrice d'Oryzya et responsable de la recherche et du développement, est destiné aux mélanges substrat, notamment pour les maraîchers. Temis est adapté au traitement de semences, pour tous les agriculteurs. Les mycorhizes se trouvent enrobées autour des graines ce qui évite d'avoir à appliquer un biostimulant en rez de semis. Rhéa, le plus fin (355 microns) et le plus concentré, a été créé pour les maraîchers qui peuvent le mettre dans leur système de goutte-à-goutte. Ses utilisations peuvent toutefois être plus larges. »

Toujours la bonne souche

Au cœur de l'activité d'Oryzya, on trouve donc les Mycorhizes. Ces champignons bénéfiques entrent en symbiose avec les racines des plantes. Il en existe deux sortes : les ectomycorhizes, qui créent et développent leurs structures à l'extérieur des racines, et les endomycorhizes, qui développent leurs structures à l'intérieur des racines. Ces dernières ont une utilisation plus large que les ectomycorhizes et c'est avec elles qu'Oryzya a bâti sa gamme. « Grâce à notre mélange de souches, poursuit Sylvie Masquelier, sélectionnées en Europe et en France, et en fonction de la plante et des conditions du sol, nous avons toujours au moins une souche adaptée au contexte d'utilisation. » Si les mycorhizes constituent une réponse biostimulante crédible et intéressante, elles ne sont pas pour autant des baguettes magiques. Un grand nombre de facteurs sont à prendre en compte dans leur utilisation. Pour cela, Oryzya dispose de son propre laboratoire dans lequel elle procède aux analyses en rapport avec les mycorhizes, les plantes et la santé des sols, afin de conseiller au mieux ses clients. « Il s'agit de champignons vivants, précise la dirigeante, pas d'un engrais qu'on met comme cela dans le sol pour que les plantes poussent. Il faut vraiment accompagner les gens dans l'utilisation qu'ils peuvent en faire. »

Intéresser les collectivités

L'entreprise, certifiée en France par l'Anses, est en cours d'acquisition de la certification européenne, ce qui lui permettra de commercialiser ses produits dans tous les pays de l'Union européenne. À l’avenir, Oryzya aimerait aussi plus travailler avec les collectivités locales. Ses biostimulants peuvent intéresser ces structures, en regard des problématiques de gestion de l'eau (voir encadré) et à l'heure de la revégétalisation des espaces urbains. L'entreprise travaille également au développement d'un produit en ectomycorhize, cette fois-ci, intéressant pour les activités forestières. Grâce à Agronov, elle a pu entrer en contact avec la Banque publique d'investissement (BPI) afin d'obtenir un financement pour sa recherche et développement dans ce domaine.

 

Face à la sécheresse, des champignons bien utiles

Dans la symbiose avec la plante, le champignon développe ses structures dans les racines et, à l'extérieur, son mycélium se propage : cela peut augmenter jusqu'à mille fois la surface d'exploration des racines des plantes. Il a ainsi la capacité d'aller chercher beaucoup plus loin l'eau et les nutriments nécessaires à la plante. De plus, quand il se met en place dans le sol, autour de la racine, il produit de la glomaline, qui joue un rôle essentiel dans la structuration et la fertilité des sols. Elle agit comme une éponge qui va capter l'eau si elle se trouve en excès dans le sol, et va la relâcher en cas de sécheresse. C'est une véritable « citerne » naturelle. Face aux conditions climatiques que nous connaissons actuellement, ce type de biostimulant a une vraie carte à jouer. « Ce n'est pas LA solution, mais c'est une solution » confirme Sylvie Masquelier.