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Vente directe

Une année qui a la patate !

Renaud Vigneaux, producteur de pommes de terre en vente directe sur la commune de Brannay procédait à l'arrachage de pommes de terre, ce mercredi 2 septembre. Contre toute attente, le résultat semble positif. 

Par Charlotte Sauvignac
Vente directe
Renaud Vigneaux et Damien Renoux récoltaient des pommes de terre Ondine destinées à la vente directe.

Mercredi 2 septembre, Renaud Vigneaux, céréalier à Brannay récoltait ses pommes de terre, avec l'aide de son père ainsi que de Damien Renoux, céréalier « qui cherchait à se diversifier. J'avais besoin de main-d’œuvre supplémentaire et Damien cherchait à se diversifier, donc, nous travaillons ensemble sur la production de pommes de terre ». Ce jour-ci, le plus gros de la production était récolté et l'objectif était de « rentrer la pomme de terre. Même s'il y a un peu de mottes ce n’est pas grave. L'idée c'est d'avoir un débit de chantier qui permet de les rentrer sous le hangar. On les stocke en chambre isolée et on ventile ». Producteur en vente directe, Renaud Vigneaux avait commencé la récolte manuelle au début du mois de juillet, juste après la moisson, pour pouvoir répondre à la demande. Grâce à la pluie des derniers jours, il a pu enfin mettre fin à la récolte et procéder au stockage. « Notre terre va vite durcir chez nous et on va avoir d'importantes mottes de terre. On s'est dit qu'on allait arracher ce jour-ci, car il a plu la semaine dernière. Au mois de septembre, la pomme de terre est stabilisée, si on attend je crains qu'elle germe », affirmait-il. En observant la qualité des pommes de terre, le céréalier décrochait un sourire. « En irriguant toutes les semaines, j'observe une récolte satisfaisante avec de la belle pomme de terre cette année. Elle est top. Elle n'a pas stressé je pense, parce que j'ai irrigué la même quantité toutes les semaines. D'habitude, dès lors que de la pluie était prévue, j'arrêtais d'irriguer, c'était moins régulier », constatait-il. Pour autant, l'été caniculaire s'est fait ressentir, par le fait que : « c'est la première année depuis 1976 où on a autant irrigué la pomme de terre. Depuis mi-juin on passe un coût d'arrosage toutes les semaines et on n'a pas arrêté. D'habitude, il faut qu'il y ait de l'eau tous les sept jours. Il faut que la bute soit toujours humide. Mais il y a toujours une petite pluie début juillet, fin juillet, début août. Donc habituellement, je suis à 3-4 coûts d'arrosage, là, j'en suis à dix », relevait-il.

Sauvé par le consommateur

Cette culture ne date pas d'hier, elle est produite depuis 1976, lorsque son père a choisi de se diversifier. « Mes grands-parents vivaient sur la ferme et dans les années 2000, mon père avait repris le flambeau. Il en faisait six hectares et demi et il en vendait à Sens, chez le primeur du village qui en prenait une tonne par semaine. Il n'y a plus de primeur aujourd'hui. Mon père en vendait à l'école de police, l'école de police se sert différemment. Il en faisait dans les écoles, aujourd'hui cela devient compliqué », se souvenait-il. Renaud Vigneaux en a conscience, les habitudes de consommation ont changé et il faut s'adapter. « Aujourd'hui, les gens cuisinent de moins en moins. Quoi qu'on dise, les personnes veulent cuisiner pour bien recevoir mais pas forcément au quotidien. Mon père vendait des sacs de 25 kg, désormais je propose des sacs de 2 kg, 4 kg, 5 kg ou 10 kg. Je me suis adapté à la population », justifiait-il. Depuis peu, il a même investi dans un distributeur automatique. 15 jours après son installation, Damien Renoux et Renaud Vigneaux se félicitaient. « Les gens osaient moins venir à la ferme, frapper comme à l'ancienne, et je peux le concevoir », avouait-il. À côté de la vente en distributeur, l'agriculteur de Brannay collabore avec plusieurs restaurants et un food-truck. « Quand elles sont moins belles, je leur en parle et ils jouent le jeu, ils acceptent. C'est ce qui fait notre force. C'est du local. Ils veulent faire de la cuisine locale. Je trouve des restaurants qui veulent travailler avec des produits de qualité, locaux, mais ce ne sont pas des chaînes », ajoutait-il. Satisfait de cette année, Renaud Vigneaux soulevait tout de même l'inquiétude par rapport au changement climatique. « Ce que je crains ce sont des mois de septembre de plus en plus chaud, avec des gros pics de chaleur. Même si les journées sont courtes, il fait 30 degrés la journée. La pomme de terre doit éviter les variations de températures, c'est vivant, donc elle va prendre de l'hygrométrie, elle va prendre de la chaleur, elle va transpirer. Si cela se produit, elle va germer, et ce n'est pas ce que je recherche », concluait-il.

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