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Réunions moissons

Moissons sous tension entre sécheresse et canicule

Les céréaliers du Sénonais se sont retrouvés, lundi 20 juillet à Domats, pour le début des réunions moissons organisées par la FDSEA de l'Yonne.

Par Charlotte Sauvignac
FDSEA
Ce lundi 20 juillet signait le début des réunions moissons organisées par la FDSEA de l'Yonne.

Charles Baracco, nouvellement élu président de la FDSEA de l'Yonne prend la température, ce lundi 20 juillet, à Domats. Dans un contexte où « l'augmentation des départs en retraite est prégnante et n'est pas forcément compensée par l'installation de jeunes, nous devons nous fédérer et faire front uni face aux difficultés que rencontre la profession agricole », manifestait-il. Face à lui, plus d'une vingtaine de céréaliers du Sénonais témoignent de la déception qu'ils ressentent face aux résultats après moissons. La canicule, cumulée à la sécheresse « a eu un fort impact sur les cultures », expriment-ils. Devant les résultats annoncés par la Chambre d'agriculture de l'Yonne, dans le cadre de l'enquête récolte, les céréaliers parlent de « moyennes hautes face à la réalité des campagnes ». En blé tendre d'hiver, la moyenne de rendements annoncée par l'enquête est de 73,8 q/ha (Basse Yonne), 77,6 q/ha (Champagne Crayeuse) et de 80,5 q/ha (Gâtinais)(1). L'un d'entre eux souffle. « Les premiers blés étaient bien. À cause de la sécheresse, les blés les plus précoces ont cramé », argue-t-il. À ses côtés un autre céréalier pointe du doigt « l'énorme effet variétal remarqué. Certaines variétés s'en sont super bien sorties et étaient beaucoup plus résistantes ». Pour autant, ce n'est pas la culture la plus impactée : les parcelles d'orge d'hiver, elles, manquaient d'épis à certains endroits. « Nous sommes bien au-dessous de la moyenne quinquennale », commente l'un d'entre eux. La moyenne de rendements table à 74,6 q/ha (Basse Yonne), 63,2 q/ha (Champagne Crayeuse) et 70,1 q/ha (Gâtinais). Bien heureusement, le colza, a quant à lui, gagné en quantité avec une moyenne de rendements à 35,2 q/ha (Basse Yonne), 34 q/ha (Champagne Crayeuse) et 35,5 q/ha (Gâtinais). « On considère que c'est la culture qui a le mieux résisté à la sécheresse et à la canicule. C'est une année assez moyenne pour le coup et on ne va pas s'en plaindre ! », emploient-ils.

Le bon sens paysan

Suite à l'arrêté publié par le Préfet sur l'interdiction de moissonner l'après-midi, nombre d'entre eux ont dû adapter leurs horaires de travail. Pour autant, les agriculteurs reconnaissent « l'utilité de cet arrêté. Il faut que l'on garde le bon sens paysan. Ne pas couper sous 45 °C, cela paraît logique ». Frontaliers du Loiret et de l'Aube, certains d'entre eux témoignent de « la frustration de voir leurs voisins continuer à moissonner. Nous demandons que tout le monde soit logé à la même enseigne. Il existe un manque de cohésion nationale ». Charles Baracco et son équipe ajoutent que cette situation risque de se répéter dans les années à venir. Pour ce faire, « nous comptons travailler avec les services de l'État et de la Préfecture pour réaliser un arrêté, utile pour les prochaines années, qui sortira dès lors que nous passerons en canicule rouge. Nous avons donc besoin de vos retours pour agir ». À l'écoute, les céréaliers avouent que les « charges salariales commencent à peser sur les exploitations. Les bas revenus que nous récoltons depuis trois années ne peuvent pas suivre avec des salaires doublés par le travail de nuit. Il faut augmenter le ratio heure pour que cela soit rentable ».

Loi d'urgence agricole : du tout au tout

Beaucoup d’entre eux attendaient après cette loi et notamment si « l'Anses pouvait réautoriser l'acétamipride sur noisette et la flupyradifurone sur pommes, noisettes et cerises et en enrobage, sur betteraves ». Les betteraviers disent même « que leur filière a été sacrifiée. Ce n'est pas la jaunisse qui va mettre fin à la filière. Les charges de la betterave commencent sérieusement à peser sur nos exploitations ». « Ce soir, on verra si on continue ou si on arrête les betteraves », annonçaient-ils. D'autant plus, qu'avant « le fer de lance de cette loi était l'usage de l'acétamipride sur betteraves ». Pour autant, Damien Brayotel et Charles Baracco compensent en annonçant que cette loi peut toutefois « améliorer les process de l'Anses pour limiter les distorsions de concurrence intra-Union Européenne. Cela signifie que si certains pays européens utilisent de nouveaux produits phytosanitaires autorisés dans leurs pays, on pourra faire de même. La seule chose qui peut bloquer, c'est si l'Anses refuse spécifiquement ». À cela s'ajoute, l'amélioration de la transparence sur les produits vendus en supermarchés et notamment sur les produits transformés. « C'est une grosse avancée, cela permet au consommateur et au grand public d'être informé et de faire son choix consciemment », commente la FDSEA.

(1) Les chiffres annoncés sont issus de l'actualisation de l'enquête récolte du 23/07/2026 organisée par la Chambre d'agriculture de l'Yonne.