Avenir des filières
Comment créer plus de valeur et de partage ?
À la suite d’une réflexion sur les filières, portée et présentée par Henri Brichart, vice-président de la FNSEA, une table ronde concernant l’avenir des filières s’est déroulée. Au menu : création de valeur, partage équitable au sein de la chaîne alimentaire, contractualisation.
Cette table ronde du 31 mars a été l’occasion de rappeler, par les différents acteurs intervenants de la FNSEA, de la FNB, de la CGB, du Ministère de l’Agriculture, de l’Institut de l’élevage (Idele), et du Copa-Cogeca, la priorité de créer de la valeur aux produits et de la redistribuer plus justement. Assurer un revenu aux agriculteurs reste l’objectif premier. «Les producteurs sont trop souvent considérés comme des fournisseurs de minerais. La création de valeur est plus forte à l’aval qu’à l’amont» regrette Henri Brichart en préambule des échanges. Une offre non adéquate avec la demande et un manque de segmentation des marchés pénalisent considérablement la production. Mais alors quelles stratégies concrètes proposer pour garantir un avenir aux filières ? Un outil trop peu développé considérée par beaucoup d’opérateurs comme la solution à privilégier, la contractualisation peine encore à trouver ses marques. Pour Guy Hermouet, vice-président de la FNB, ce dispositif fonctionne déjà pour les marchés de niche. Mais pour les autres il faut qu’ils aient atteint un taux de représentativité de plus de 30 % pour être en capacité d’influer sur les prix. Dans les négociations dans les filières, la FNSEA prône que le contrat s’applique en deux temps (avant la fin de l’année entre producteurs et industriels et avant la fin février entre transformateur et distributeur). «Il faut la développer en multipliant les partenariats», précise Xavier Beulin. Même discours chez Francis Amand, médiateur sur ces questions au ministère de l’Agriculture. La réouverture possible de la loi de modernisation économique (LME) permettrait de recentrer la place des producteurs au cœur des négociations commerciales. «Une véritable opportunité à saisir» pour Xavier Beulin. Pour le médiateur du ministère, un risque d’affaiblir la compétitivité du maillon intermédiaire demeure néanmoins présent. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a annoncé en clôture du Congrès «des progrès substantiels grâce à la contractualisation» précisant que 25% de la filière porcine française sera sous ce dispositif.