Session de la Chambre régionale d’agriculture
Climat: «s’adapter pour ne pas subir...»
La dernière session de la Chambre régionale d’agriculture a laissé une large place à la question climatique. Le changement climatique est patent et l’agriculture a un rôle essentiel à jouer dans les trente ans à venir. Encore faut-il accepter de passer à l’action plutôt que subir. S’adapter au changement climatique suppose d’évoluer et d’anticiper les effets d’une modification inéluctable du climat.
«Les effets de efforts d’aujourd’hui ne se verront que dans trente ans», Frédéric Lavrault, consultant en climatologie pour les Chambres d’agriculture n’y va pas par quatre chemins. Le changement climatique est en marche. Même si certains signaux contradictoires brouillent la lisibilité de l’ensemble, la tendance ne laisse aucun doute: «le monde se réchauffe sur le long terme, on calcule ainsi depuis 1970, une élévation de +3,78° par siècle en France. Le réchauffement climatique n’est pas homogène, mais ça chauffe». Certains signes ne trompent pas et les agriculteurs ont déjà adapté leurs pratiques en conséquence : les dates de vendanges ont avancé de trois semaines, les rendements de blé stagnent et varient fortement, pour partie sous l’effet conjugué du stress thermique et du stress hydrique. Quant aux semis de maïs, ils avancent d’une semaine tous les dix ans...
Frédéric Lavrault est convaincu que l’adaptation est la seule solution : s’adapter plutôt que subir c’est agir et se donner des chances d’avenir. On observe déjà que le bassin méditerranéen s’assèche et que cette évolution concerne également le sud de l’Europe. Alors quelle situation en Bourgogne-Franche-Comté? Dans notre région, ça chauffe aussi «un peu moins au nord de la Bourgogne Franche-Comté et un peu plus au sud». «Pour que les courbes évoluent vraiment il va falloir attendre 2040», jusqu’à cette échéance, elles vont suivre la même tendance que ce que l’on a déjà connu depuis 1970-1980, avec la même amplitude et les mêmes incidents climatiques contrastés.
Après... tout dépendra de ce que l’on fait aujourd’hui pour limiter les dégâts, pour s’adapter et surtout anticiper. «La réalité incontournable c’est qu’il faut s’adapter, dessiner et construire l’agriculture de la région pour les 30 ans à venir».
Une chose est sûre : tous les usages économiques vont être impactés par la hausse des températures et le manque d’eau. Car l’évapotranspiration va être plus importante dans les périodes les plus chaudes, ce qui va limiter la disponibilité de la ressource en eaux de surface. La gestion de l’eau va donc devenir un enjeu majeur.
D’ici la fin du XXIème siècle, l’évolution climatique va produire ses effets sur toutes les productions, les cultures pérennes comme la vigne, mais aussi les céréales et les autres cultures. Ainsi, les modifications des conditions de pousse de l’herbe vont nécessiter une nouvelle gestion du pâturage et des stocks. A tous les niveaux des filières et sur le terrain, dans chaque exploitation, il va falloir construire des stratégies d’adaptation.
Les Chambres d’agriculture ne sont pas démunies, elles peuvent accéder à des outils et des méthodes permettant de relever le défi climatique, au plan national comme au plan régional (ClimA-XXI, Oracle, Climalait...).
Certaines comme l’Yonne, la Saône et Loire et le Jura, sont déjà entrées dans le mouvement. Avec conviction, Frédéric Lavrault relève tout l’intérêt «de pouvoir pour la première fois regarder trente ans à l’avance, de ne pas subir mais de construire le chemin en travaillant et en avançant ensemble». Invitant les uns et les autres à s’atteler à «ce formidable chantier de nature à renforcer la dynamique collective».
Frédéric Lavrault est convaincu que l’adaptation est la seule solution : s’adapter plutôt que subir c’est agir et se donner des chances d’avenir. On observe déjà que le bassin méditerranéen s’assèche et que cette évolution concerne également le sud de l’Europe. Alors quelle situation en Bourgogne-Franche-Comté? Dans notre région, ça chauffe aussi «un peu moins au nord de la Bourgogne Franche-Comté et un peu plus au sud». «Pour que les courbes évoluent vraiment il va falloir attendre 2040», jusqu’à cette échéance, elles vont suivre la même tendance que ce que l’on a déjà connu depuis 1970-1980, avec la même amplitude et les mêmes incidents climatiques contrastés.
Après... tout dépendra de ce que l’on fait aujourd’hui pour limiter les dégâts, pour s’adapter et surtout anticiper. «La réalité incontournable c’est qu’il faut s’adapter, dessiner et construire l’agriculture de la région pour les 30 ans à venir».
Une chose est sûre : tous les usages économiques vont être impactés par la hausse des températures et le manque d’eau. Car l’évapotranspiration va être plus importante dans les périodes les plus chaudes, ce qui va limiter la disponibilité de la ressource en eaux de surface. La gestion de l’eau va donc devenir un enjeu majeur.
D’ici la fin du XXIème siècle, l’évolution climatique va produire ses effets sur toutes les productions, les cultures pérennes comme la vigne, mais aussi les céréales et les autres cultures. Ainsi, les modifications des conditions de pousse de l’herbe vont nécessiter une nouvelle gestion du pâturage et des stocks. A tous les niveaux des filières et sur le terrain, dans chaque exploitation, il va falloir construire des stratégies d’adaptation.
Les Chambres d’agriculture ne sont pas démunies, elles peuvent accéder à des outils et des méthodes permettant de relever le défi climatique, au plan national comme au plan régional (ClimA-XXI, Oracle, Climalait...).
Certaines comme l’Yonne, la Saône et Loire et le Jura, sont déjà entrées dans le mouvement. Avec conviction, Frédéric Lavrault relève tout l’intérêt «de pouvoir pour la première fois regarder trente ans à l’avance, de ne pas subir mais de construire le chemin en travaillant et en avançant ensemble». Invitant les uns et les autres à s’atteler à «ce formidable chantier de nature à renforcer la dynamique collective».
Économie agricole : “Ouvrir des perspectives”
Le point économique réalisé par le service Économie de la Chambre régionale d’agriculture a particulièrement fait ressortir la situation critique des agriculteurs de Bourgogne-Franche-Comté, malmenés par les incidents climatiques et pris en tenaille entre la volatilité des cours mondiaux et le niveau des charges de production. Conséquence immédiate, une forte baisse des résultats courants pour toutes les productions (y compris en filière lait AOP Comté, préservée sur le plan du prix, mais pénalisée par le niveau des charges d’alimentation). En viticulture, les volumes de commercialisation sont globalement en baisse, même si certaines zones comme le Jura et la Saône et Loire ont été moins lésées par les problèmes climatiques.
Le marché reste cependant tonique en Bourgogne avec un impact sensible sur les prix de la “petite” vendange 2016. L’ensemble de la viticulture de Bourgogne-Franche-Comté se trouve également confrontée au dépérissement progressif de la vigne, qui nécessite des réponses techniques appropriées, notamment au travers du projet “Defigreff”.
Concernant l’actualité immédiate, la gravité de la situation de l’agriculture bourguignonne dans son ensemble est telle, souligne Christian Decerle, président de la Chambre régionale d’agriculture BFC, “qu’il est mal venu de rajouter de l’angoisse avec l’épineux dossier des zones défavorisées simples” qui peine à trouver une solution satisfaisante. “C’est un enjeu économique essentiel pour l’élevage qui est déjà dans une situation plus que critique”.
Convaincu que les agriculteurs doivent “compter sur leurs propres forces”, Christian Decerle entend qu’en 2017, les Chambres d’agriculture soient présentes chez les agriculteurs pour les accompagner et “ouvrir des perspectives”. Cette session a donc été l’occasion de rappeler la pertinence et l’efficacité de deux outils destinés à répondre aux difficultés actuelles, tout en contribuant à la nécessaire adaptation des structures : l’audit individuel et les audits des filières.
Le marché reste cependant tonique en Bourgogne avec un impact sensible sur les prix de la “petite” vendange 2016. L’ensemble de la viticulture de Bourgogne-Franche-Comté se trouve également confrontée au dépérissement progressif de la vigne, qui nécessite des réponses techniques appropriées, notamment au travers du projet “Defigreff”.
Concernant l’actualité immédiate, la gravité de la situation de l’agriculture bourguignonne dans son ensemble est telle, souligne Christian Decerle, président de la Chambre régionale d’agriculture BFC, “qu’il est mal venu de rajouter de l’angoisse avec l’épineux dossier des zones défavorisées simples” qui peine à trouver une solution satisfaisante. “C’est un enjeu économique essentiel pour l’élevage qui est déjà dans une situation plus que critique”.
Convaincu que les agriculteurs doivent “compter sur leurs propres forces”, Christian Decerle entend qu’en 2017, les Chambres d’agriculture soient présentes chez les agriculteurs pour les accompagner et “ouvrir des perspectives”. Cette session a donc été l’occasion de rappeler la pertinence et l’efficacité de deux outils destinés à répondre aux difficultés actuelles, tout en contribuant à la nécessaire adaptation des structures : l’audit individuel et les audits des filières.