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Afdi Bourgogne Franche-Comté

Changements climatiques, du Nord au Sud

Les adhérents d’Afdi Bourgogne France-Comté étaient réunis jeudi 19 mai dernier en assemblée générale annuelle. A cette occasion, une table ronde était organisée, avec pour thème  : “Comment l’agriculture familiale est aujourd’hui à même de répondre aux contraintes dues au changement climatique ?“.
Par F. Duclos
Changements climatiques,  du Nord au Sud
Au Nord comme au Sud, l’agriculture doit s’adapter au changement climatique.
C’est un fait aujourd’hui établi, l’agriculture est en crise. Une crise conjoncturelle mais également structurelle. Ce qui va l’amener à engager des mutations profondes. Une orientation nouvelle qui devra composer avec le changement climatique dont nous observons déjà les effets. Cest sur ce dernier espect que l’Afid Bourgogne Franche-Comté a tenté d’apporter un éclairage à l’occasion de la table ronde organisée dans le cadre de son assemblée générale.
Autour de la table : Thierry Desvaux, agriculteur de l’Yonne engagé dans une pratique de conservation des sols; Dominique Girard, vice-président du Conseil départemental de Côte d’Or; Marc Gansoré, secrétaire général de la fédération des producteurs agricoles du Burkina-Saso (FEPAB).
Organisée en deux temps (l’agriculture et le changement climatique vue du Nord, puis vue du Sud), la réunion a présenté, par l’exemple des pratiques destinées à faire face aux modification du climat. Un débat qui se voulait interactif et qui a permis de nombreux échanges avec l’assistance.

L’agriculture et le changement climatique vu du Nord
La première partie de la table ronde était consacrée à la présentation vidéo de la SEP de Bord située à Bligny-en-Othe, dans l’Yonne. Depuis 2008 et la création de la SEP (Société en Participation), les cinq associés ont mis en œuvre un assolement commun et des techniques culturales à fort potentiel environnemental. Une aventure dictée par plusieurs motivations. Un intérêt particulier pour le façonnage des paysages et la maîtrise de l’impact environnemental (l’exploitation est située sur une plaine de captage). Le volet économique arrivant en dernière position. Les pratiques de la SEP de Bord, engagée en agriculture de préservation, repose sur trois piliers : une couverture permanente pour nourrir et protéger le sol vivant, une rotation des cultures efficace et plus protectrice de l’eau et, enfin, la protection de la structure biologique du sol grâce à un semis direct, sans labour.
«C’est l’activité biologique des sols qui a remplacé l’activité mécanique» soulignait Thierry Desvaux en rappelant qu’«un sol plus fertile est également plus performant». Un aspect non négligeable sur le plan économique avec notamment une diminution de près de 50% de la consommation de carburant et une baisse de l’utilisation d’intrants.
Dominique Girard, pour sa part, a tenu à rappeler les enjeux du réchauffement climatique. «Même si nous constatons un maintien global de la quantité d’eau annuelle, elle va tomber différemment, et à différentes périodes» Soulignait le vice-président du Conseil départemental du Côte d’Or. Le réchauffement planétaire a également des incidences sanitaires liées notamment à la migration de certains insectes. «Certains chercheurs considèrent que les insectes remontent de 15 km par an» indiquait Dominique Girard rappelant «l’émergences de nouvelles maladies comme la FCO ou la maladies de Lyme». Pour l’élu départemental, «il est nécessaire d’anticiper avec bon sens et d’adapter les politiques au contexte».

…et vue du Sud
S’adapter, c’est le maître mot des agriculteurs du Sud. Et ce depuis bien longtemps. C’est ce qu’est venu rappeler Marc Gansoré agriculteur du Burkina-Faso. «Dans une région où il ne pleut que 4 mois sur 12, avec seulement 700 mm cumulés sur l’année, nous avons dû nous implanter des variétés à cycle court, rationnaliser l’utilisation de l’eau...». Alors, dans ce contexte déjà difficile quelles nouvelles réponses apporter pour faire face au réchauffement ? «Nous sommes aujourd’hui victimes d’une situation que nous n’avons pas créée» a rappelé le secrétaire général de la fédération des producteurs agricoles du Burkina-Faso.
Comme un cri du cœur provoquant une émotion palpable dans la salle. «Nous avons un point commun, nous sommes agriculteurs !» déclarait Marc Gansoré. «Notre travail est différent, notre environnement est différent, mais nous devons trouver ensemble des solutions communes à une définition commune de notre mission : nourrir la planète en mettant en œuvre une agriculture intelligente !».

La SEP de Bord

La SEP de Bord a fait l’objet d’un reportage dans le cadre des journées sur l’agro-écologie en Bourgogne en juin 2015. Voir notre édition N°1327 du 19 juin 2015, page 11 ou sur notre site internet en effectuant une recherche avec les mots clés «Innov’ Action».http://www.agribourgogne.fr/rubrique.php?arch_num=4489