Carrefour visé au cœur
La crise de l’élevage bovin ne cesse de s’aggraver. Le syndicalisme majoritaire prône des mesures d’urgences pour assurer la survie de du modèle de l’élevage français. FNSEA, JA et FNB ont alerté depuis le début de l’année 2016 sur cette situation de crise inédite et ont proposé aux enseignes de la grande distribution de s’engager dans la valorisation des races à viande à travers la mise en place du cœur de gamme. Cet engagement se traduit par une garantie de qualité pour les consommateurs ainsi que par un prix basé sur les coûts de production pour l’éleveur. Certaines enseignes se sont engagées dans cette démarche, de nombreux éleveurs vendant aujourd'hui des animaux «cœur de gamme» à un prix autour de 4,50€/kg sans hausse de prix pour le consommateur. C’est la démonstration que de nouvelles relations commerciales sont possibles. Mais Carrefour s’est opposé au dispositif. Dès la mise en place de celui-ci, cette enseigne a pris la tête d’une contre-offensive visant à discréditer la démarche «cœur de gamme». En refusant cet engagement, Carrefour s’est positionné en ennemi numéro 1 du prix responsable. L'action syndicale de mercredi matin, emmenée par Fabrice Faivre et Dominique Guyon, a été l'occasion pour les éleveurs d'exprimer leur mécontentement. Les sorties de caisses ont été bâchées, des dizaines de caddies ont été déposées devant le rayon boucherie et de nombreux flyers ont été distribués aux consommateurs. La présence de nombreux médias a permis aux Côte d'oriens de relayer leurs revendications.