Augmentation, réformes bénéficiaires et nouveaux critères... le bilan
À l’heure où les exploitants agricoles se préoccupent du prochain budget accordé à la Pac, et notamment de la baisse potentielle de celui-ci en 2027, un point sur le bilan de la Pac semble nécessaire. Celui publié par Agreste s’établit sur les données des années 2022 à 2023, en Côte-d’Or.
1,3 million d’euros. C’est la différence du montant des aides de la Politique agricole commune (Pac), grâce à une augmentation globale de cette dernière, entre 2022 et 2023. Cette augmentation se vérifie particulièrement sur l’aide de base au revenu (anciennement « paiement de base ») et les aides pour les Jeunes Agriculteurs (JA). En effet, selon le bilan de la Pac pour le département de la Côte-d'Or, sorti le 27 novembre et rédigé par l’Agreste, en 2022, le montant s'élevait alors à 135 887 274 euros pour 2 870 bénéficiaires. 2023 s’annonçait plus généreuse pour une Pac s’élevant à 137 205 285 euros pour 2 716 bénéficiaires. Bien que la Pac ait globalement augmenté ses aides, certaines ont tout de même diminué, pouvant ainsi imPacter des exploitations. Parmi les aides concernées, l’aide redistributive (anciennement « le paiement redistributif »), l’éco-régime (anciennement « le paiement vert », où 96 % des bénéficiaires ont accès à cette aide), ou encore, les aides animales.
Changement majeur pour les bovins
Comme cela apparaît dans ce dernier bilan de la Pac, un certain nombre d’évolutions majeures se sont ajoutées entre les années 2022 et 2023. Parmi ces changements, l’aide animale prend un autre tournant, en regroupant les bovins allaitants et les bovins laitiers. Cette réunification s’ajoute à une « légère baisse » des aides dédiées aux bovins. Lorsqu’en 2022 le budget d’aides bovines était de 11,2 millions d’euros pour les allaitantes et 441 000 euros pour les laitières, en 2023 les deux montants ne faisaient plus qu’un, avec un total de 10,6 millions d'euros tous bovins confondus, basé sur un calcul des Unités gros bétail (UGB). Un regroupement non négligeable, en particulier pour les élevages d’allaitantes, qui, en 2023, n’ont pas vu cette union d’un très bon œil. Plus de bénéficiaires à une même aide, le tout pour un montant moins élevé, un fait contradictoire à l’augmentation globale constatée dans ce bilan. Bien que les bovins aient été les plus imPactés lors de cette réforme, d’autres élevages n'ont pas été épargnés. Ce constat s’opère notamment auprès des aides ovines et caprines. 2022 offrait alors 795 000 euros pour les ovins et 15 700 euros pour les caprins, tandis que 2023 s’est montrée plus réservée, avec un montant de 767 200 euros alloués aux ovins et 15 200 euros aux caprins.
Une évolution marginale ?
Comme annoncé précédemment, une forte augmentation globale fut réalisée en 2023 pour 2 716 bénéficiaires, contre 2870, l’année passée. Cette baisse de bénéficiaires s’explique principalement par le nombre d’exploitations qui diminue chaque année, et ce, malgré l’introduction d’un nouveau critère : l’agriculteur actif. En effet, les agriculteurs (exploitants) n’ayant pas encore perçu leur retraite après 67 ans et étant assuré par l’Atexa (assurance accident du travail et maladie professionnelle des exploitants agricoles), peuvent désormais bénéficier de la Pac, grâce à ce nouveau critère. Bien que l’Agreste ne spécifie pas de données sur la proportion d’arrêts d’activité par rapport aux nombres d’exploitants éligibles au « critère agriculteur actif », cette nouvelle réforme ne semble pas suffisante pour compenser la baisse du nombre d’exploitations, en vue des résultats obtenus (2 870 en 2022 contre 2 716 en 2023). Pour connaître la suite, rendez-vous en 2027…