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Filière forêt-bois en BFC

Atouts et enjeux d’une filière tout en contrastes

Le comité de l’administration régionale (CAR) qui réunit régulièrement les huit préfets de département ainsi que les directeurs de la Direccte, Dreal, Draaf, Drac et DRDJSCS) ont planché sur la filière forêt-bois en Bourgogne-Franche-Comté. L’occasion d’en dresser l’état des lieux et d’en présenter les enjeux à l’horizon 2010, c’est-à-dire demain...
Par Ma signature
Atouts et enjeux d’une filière  tout en contrastes
L’importance économique de la filière forêt-bois en Bourgogne-Franche-Comté n’est plus à démontrer. Notre région et la région Aquitaine sont les seules régions françaises dans lesquelles la part de l’emploi salarié de la filière dans l’emploi total dépasse 1,8%. La Bourgogne-Franche-Comté qui totalise 1,755 millions d’hectares boisés s’impose comme une grande région forestière : la 4ème en taux de boisement, la 5ème en superficie de forêts pour un poids économique notable. Les 4 630 établissements du secteur représentent 2,4% de l’emploi régional et 1 milliard d’euros de richesse dégagée.

Un contrat régional forêt-bois pour un secteur stratégique
Le poids économique global de la forêt française et de la transformation du bois, a conduit l’État à mettre en place au niveau national un Contrat stratégique de la filière bois, puis le programme national de la forêt et du bois. Ces deux documents ont ensuite été déclinés au plan régional, en co-pilotage avec la région. Pour avancer plus efficacement, la Bourgogne-Franche-Comté a fait le choix d’élaborer un document unique qui décline les deux documents stratégiques nationaux et d’associer très étroitement l’interprofession Fibois à sa mise en action. Il était en effet essentiel que les enjeux définis et les actions qui en découleront soient bien partagés par tous les acteurs du secteur.
La filière forêt-bois est tout-à-fait essentielle à l’économie de certaines régions comme le Pays Châtillonnais, la Nièvre, le nord de la Haute-Saône ou encore les plateaux du Doubs et du Jura. Dans ces zones tout un tissu d’entreprises bien implantées dans les territoires a cependant besoin d’être conforté, ce qui suppose de créer un environnement favorable à son développement tout en conservant le capital productif des forêts. Les principaux utilisateurs de cette ressource témoignent cependant de leur difficulté à trouver du bois en quantité et en qualité suffisante et safisfaisante. L’un des principaux freins actuels à une meilleure mobilisation et valorisation de la ressource se trouve dans le morcellement des propriétés forestières privées. Des regroupements de propriétaires, une meilleure desserte forestière, l’innovation et l’investissement devraient permettre de moderniser cet amont forestier. Sans oublier la prévention des risques naturels, alors que le changement climatique impacte déjà les forêts de BFC avec des évolutions à prévoir quant à certains peuplements et essences.

Un tissu d’entreprises locales à conforter
Outre un meilleure mobilisation des bois, il s’agit aussi de répondre à cet enjeu en sécurisant les approvisionnements de la seconde transformation, pour favoriser la création de valeur ajoutée et améliorer la compétitivité de l’ensemble de la filière. La diversité des entreprises de première et seconde transformation du bois a toujours été une particularité de la région Bourgogne-Franche-Comté, du fait de la diversité des essences de ses massifs (chênes des plateaux nivernais et de la plaine de Saône, douglas du Morvan, épicéas et sapins du Jura, hêtres des forêts châtillonnaises et des massifs montagneux...) et des savoir-faire des entreprises locales.
Le contrat prévoit de valoriser et de soutenir ces particularismes locaux dans un contexte de forte concurrence internationale. Au croisement de l’économie et de l’écologie, le développement des circuits courts et l’augmentation de l’utilisation du bois local représentent des enjeux tout aussi importants pour la filière et pour tous les usages du bois et tous les types de produits, du standard aux plus innovants. Les besoins en recherche et développement étant importants, le contrat forêt-bois régional a l’ambition de créer un cluster régional dédié à l’innovation.
Enfin, il s’agit aussi d’améliorer l’image de la forêt, de la filière et de ses métiers en capitalisant sur la formation initiale pour intéresser davantage de jeunes, et développant la formation continue, afin que les entreprises de la filière puissent compter sur des entrepreneurs et des salariés bien formés.

Des massifs préservés en BFC
En Bourgogne-Franche-Comté, la biodiversité semble relativement bien préservée, mais elle est quand même exposées à certains risques dus à la fragmentation et la destruction d’habitats par les grandes infrastructures qui traversent la région, l’urbanisation, les carrières, l’évolution des pratiques agricoles et forestières... Autre aspect à prendre en compte, l’acceptation sociale de certaines pratiques, dans une domaines forestier vaste et peu urbanisé certes, mais qui doit prendre en compte tous les autres usages et usagers de la forêt.

Filière bois

Fabrication de meubles Un secteur fragilisé
Ce secteur (3 500 salariés) est en difficulté depuis plusieurs années, touché par la crise économique, l’évolution des modes de consommation, le déclin du bois massif et la forte concurrence mondiale. Pour résister aux difficultés, certaines structures se sont tournées vers l’agencement : l’installation de meubles sur mesures pour un marché local. Cette orientation en fait l’une des activités les plus féminisées de la filière : 24% des salariés sont des femmes exerçant des métiers d’assemblage et de précision.

Construction bois Une activité d’avenir
Le segment de la construction bois est le second employeur de la filière (4 350 salariés), il produit un quart de la valeur ajoutée de la filière. Ce secteur regroupe la construction de maisons en bois, les travaux de charpente, de menuiserie en bois et de revêtements, ainsi que les bureaux d’études spécialisés. Matériau renouvelable, le bois est de plus en plus utilisé dans la construction. La construction bois est donc une activité d’avenir qui emploie un personnel plutôt jeune et des ouvriers qualifiés travaillant à la production et à la pose. Avec 18% des maisons individuelles et 11% des logements collectifs construits en bois en 2016, la Bourgogne-Franche-Comté est la région de France métropolitaine où cette part est la plus forte.