Allègement des restrictions, incertitudes et perspectives
Après la levée de la Zone de Protection (rouge) le 31 décembre, le passage de la Zone Réglementée concernant la DNC en Bourgogne Franche-Comté en Zone Vaccinale (couleur bleue sur les cartes) est intervenu le 17 janvier, comme l’a confirmé par communiqué le ministère de l’Agriculture. La Côte-d'Or était notamment concernée.
Cette zone réglementée avait été instaurée le 11 octobre, puis étendue vers le nord. Depuis le 28 novembre, aucun autre cas de DNC n’ayant été détecté, et le seuil de 75 % du cheptel vacciné depuis plus de 28 jours ayant été atteint collectivement dans les communes en ZR4 de Bourgogne Franche-Comté (BFC), celles-ci sont passées en « zone vaccinale », zone continue avec les ex-zones réglementées 1 et 2. Les conséquences directes pour les éleveurs de ces communes concernent principalement les mouvements d’animaux et les épandages d’effluents. Pour tout déplacement au sein de la même zone vaccinale (qui couvre partiellement les grandes régions administratives Auvergne Rhône-Alpes et Bourgogne Franche-Comté), il n’y a pas de conditions supplémentaires autres que « bovin et troupeau valablement vaccinés(1) ». Ni la visite du vétérinaire, ni le laissez-passer sanitaire (LPS) à obtenir auprès de la DDETSPP ne sont nécessaires. Il faudra toutefois se munir d’une attestation de vaccination à fournir à l’acheteur. Et ceci n’exclut pas d’éventuels contrôles administratifs a posteriori, pour vérification.
Pas de rupture de charge
Pour déplacer un animal (ou un lot) de la zone vaccinale vers un abattoir en zone indemne ou une autre zone vaccinale, les seules conditions supplémentaires à « bovin et troupeau valablement vaccinés » sont un transport sans rupture de charge depuis la sortie de la ZV et un abattage sous 24 heures. Vers un autre élevage — seuls les animaux nés sur l’élevage ou détenus depuis au moins 28 jours étant éligibles — il faut obtenir un laissez-passer sanitaire auprès de la DDETSPP (démarche en ligne), après un examen clinique vétérinaire favorable (valable 48 heures). Il n’y a plus de conditions restrictives liées à la DNC pour le stockage ou l’épandage des effluents. Au niveau national, la stratégie vaccinale pour 2026 sera discutée lors d’un prochain CNOPSAV (parlement sanitaire) et éventuellement précisée fin janvier. Pour notre zone notamment, il est envisagé que les veaux actuellement protégés via l’absorption du colostrum d’une vache vaccinée depuis 21 jours soient obligatoirement vaccinés au cours des premiers mois de 2026. Pour l’instant, et jusqu’à nouvel ordre, les veaux issus de mères vaccinées (+ 21 jours à la date du vêlage) sont considérés comme vaccinés jusqu’à leurs 6 mois (l’acquisition d’anticorps maternels par ingestion du colostrum les immunise). Pour vacciner valablement ces animaux, il faut attendre l’élimination complète des anticorps maternels, délai pour l’instant estimé à 6 mois dans le cas de la DNC. La stratégie retenue et les efforts collectifs permettent une nouvelle fois d’avancer vers un statut plus favorable. Il reste cependant des contraintes pour le passage de la zone vaccinale à une zone indemne. Celles-ci dureront 14 mois après l’arrêt de la vaccination. À ce jour, la date d’arrêt de la vaccination n’est pas fixée. L’immunité acquise par la vaccination est estimée valable pendant un an.
Mouches encore bien présentes
Au sujet de l’hypothèse d’une évolution du protocole actuellement en vigueur vers un abattage sélectif, les présidents des GDS départementaux de Bourgogne Franche-Comté rappellent aux éleveurs, dans un communiqué commun, quelques éléments factuels importants (texte à retrouver dans son intégralité sur le site du GDSBFC : « […] on sait que les mouches sont souvent encore bien présentes au sein des bâtiments d’élevage, même en plein hiver, et qu’une proportion non négligeable (1 à 10 %) des bovins ne développent pas toujours d’immunité protectrice suite à la vaccination. Ce sont donc des ingrédients qui pourraient entretenir l’infection à bas bruit et l’aider à passer l’hiver. Certains foyers ont montré que le virus parvenait à persister dans des élevages même vaccinés depuis plusieurs semaines. » Compte tenu de ces données, la prudence, le respect des mesures de biosécurité et la vigilance restent donc de mise.
Vers une reprise des échanges avec l'Italie
C'est par un communiqué du ministère de l'Agriculture qu'a été officialisé le changement de statut de notre région, lié à la DNC. Le 18 janvier, le ministère annonçait que « La France franchit une nouvelle étape notable dans la lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse des bovins (DNC) : à compter du 18 janvier la zone réglementée mise en place autour des foyers du Jura et du Doubs est levée et passe en zone vaccinale. Ainsi, quatre des six zones réglementées sont désormais levées. Les seules zones réglementées restantes sont en région Occitanie. La zone réglementée en Bourgogne-Franche-Comté avait été instaurée le 11 octobre 2025, suite à la détection d’un foyer dans un élevage du Jura. Les mesures de lutte contre la DNC, dont la vaccination massive des bovins, mises en œuvre avec le concours des éleveurs, vétérinaires, groupements de défense sanitaire et agents de l’État ont permis d’enrayer la propagation de la maladie en Bourgogne-Franche-Comté. Aucun nouveau foyer n’avait été détecté depuis le 28 novembre dans cette zone, confirmant l’efficacité des mesures mises en place. La zone réglementée de Bourgogne-Franche-Comté est donc levée à compter du 18 janvier. Elle passe désormais en « zone vaccinale », ce qui facilite les mouvements de sortie des bovins de cette zone vers la zone indemne, même s’ils restent soumis à conditions, à l’instar de la zone vaccinale « Auvergne Rhône-Alpes ». Par ailleurs, les autorités sanitaires italiennes ont accepté que les conditions de mouvements de bovins depuis la zone vaccinale « Bourgogne-Franche-Comté » soient identiques à celles établies depuis décembre pour la zone vaccinale « Auvergne Rhône-Alpes ». Bien que cette nouvelle levée de zone réglementée marque une avancée significative, les mesures de restrictions aux mouvements de bovins dans les zones réglementées encore en place restent en vigueur. Les contrôles routiers sont maintenus pour s’assurer du respect de l’interdiction de sortie de bovins depuis une zone réglementée vers des élevages situés en zone indemne. » À ce jour, il ne reste que deux zones réglementées la ZR3 et la ZR6, toutes en Occitanie. Au 17 janvier, 93,9 % du cheptel des dix départements du Sud-Ouest concernés était vacciné, soit 678 368 bovins vaccinés. Bon an mal an, la France exporte entre 850 000 et 900 000 bovins en Italie à des fins d’engraissement.
(1) Les conditions minimales pour tout mouvement d’un bovin situé en zone vaccinale sont donc : bovin valablement vacciné ET troupeau valablement vacciné (c’est-à-dire avec une vaccination terminée depuis au moins 28 jours). Par « bovin valablement vacciné », on entend un bovin vacciné depuis au moins 28 jours ou un veau âgé de moins de 6 mois né d’une mère vaccinée depuis plus de 21 jours à la date de naissance.