Arvalis
Agriculture connectée: une révolution en marche
C’est à Didier Lenoir, président de la commission régionale Arvalis, qu’est revenue la charge de l’introduction de la réunion organisée par Arvalis à Beaune le 14 juin dernier sur l’agriculture connectée. L’agriculture connectée aujourd’hui, c’est l’utilisation de capteurs pour le pilotage de la fertilisation azotée ; mais l’agriculture connectée c’est aussi «les utilisations que l’on espère et celles dont on pourrait rêver».
Pour passer du rêve à la réalité Arvalis peut compter sur ses deux fermes d’expérimentation situées à Boigneville (Essonne) et Saint-Hilaire de Woëvre (Meuse), où sont testées sur le terrain l’ensemble des applications disponibles. Ces tests d’évaluation sont d’autant plus nécessaires que face à la grande diversité des solutions proposées et aux promesses des argumentaires commerciaux, le choix d’une technique et d’un produit s’avère difficile. Relever le défi de la numérisation des exploitations, nécessite la mise au point et la vulgarisation de matériels qui sont à la pointe de l’innovation, mais qui restent encore difficiles d’accès. Les premières aides numériques au pilotage de la fertilisation azotée, sont apparues il y a plus de vingt ans, elles ont ouvert le champ à d’autres possibilités, les nouveaux domaines de recherche concernent aujourd’hui la gestion des adventices, les ravageurs, les maladies.
Comment ça marche ?
A la base, il y a toujours un ou des capteurs et un vecteur. Ce dernier peut être un satellite, un drone, un ULM, un tracteur, un téléphone portable, un piéton... associés à différents types de capteurs. Les données transmises sont ensuite analysées et servent de support à des modélisations, du conseil ou des expérimentations. La couverture de la zone varie en fonction du vecteur ou de la famille de vecteurs choisis. Mais le plus important, insiste Arvalis, c’est la fonctionnalité du couple capteur/vecteur, car c’est ce qui fait l’efficacité de la mesure et assure sa reproductibilité.
L’agriculture connectée aujourd’hui
Tous les outils de pilotage sont basés sur la méthode de référence que constitue le calcul de l’indice de nutrition azotée INN. À partir de là, différentes techniques ont été utilisées pour élaborer des outils de pilotage plus ou moins onéreux. L’utilisation de ces différents outils a sans conteste amené une évolution des pratiques de fertilisation, notamment en terme de fractionnement de l’apport d’azote. Mais il est difficile de déterminer quel capteur est le plus efficient. Avec le recul nécessaire, Arvalis en conclut qu’ils sont tous «un peu efficace collectivement, mais aucun individuellement». En fait, «il n’existe pas de capteur idéal», chacun apporte différents services qui se complètent et donc profitent aux performances globales. Un gain de 3q/ha sur les parcelles les plus variables et les mieux structurées, c’est ce que peut apporter une modulation bien conduite de la fertilisation azotée.
Et demain ? Du rêve à la réalité...
L’expérience acquise sur la fertilisation azotée a ouvert le champ aux nouveaux domaines d’application que représentent la gestion des adventices, des maladies, des ravageurs... Avec comme outils privilégiés les capteurs aériens. Les plantes et les insectes communiquent par les odeurs. L’enjeu c’est donc d’arriver à analyser ces molécules spécifiques grâce à des nez électroniques. Ce n’est plus de la science fiction, ces nez existent mais il est encore très difficile de mettre en relation les molécules captées avec un type d’agression particulière.
Les techniques de cartographie par drone, apparaissent plus accessibles aux agriculteurs pour identifier les zones infestées. Combinées à une reconnaissance effectuée par l’agriculteur, ces techniques peuvent permettre d’établir une carte d’application générant une économie de produit.
Des technologies permettant de détecter des maladies grâce à des capteurs embarquée (nez électroniques, détection pré-symptomatique par la fluorescence, détection des symptômes par caméra et infra-rouge thermique...) mais leur utilisation reste complexe à mettre en oeuvre selon Arvalis.
Pour détecter les ravageurs on fait appel soit au son, ou aux odeurs et aux composés organiques volatiles. Mais aujourd’hui, le suivi des pièges et les observations visuelles s’imposent encore comme méthodes de référence. Des capteurs de sons ou d’images peuvent révéler la présence d’insectes, mais on en est encore au stade de la recherche pour la détection des phéromones et la création de capteurs spécifiques, permettant de détecter la présence de certains insectes, comme la pyrale ou la sésamie... Au-delà de cet aspect tactique de la détection pour un pilotage en temps réel et une action corrective rapide, l’accumulation des données d’observation et leur traitement offrent des perspectives pour mieux connaître le fonctionnement des parcelles et des cultures.
Big data : un formidable potentiel
Maintenant, toutes ces données captées et collectées finissent par représenter un gros paquet au formidable potentiel. Encore faut-il savoir le gérer et traiter correctement toute cette masse. Les perspectives économiques découlant de cette valorisation aiguisent déjà beaucoup d’appétits. Individuellement, ces données permettent de proposer des services mieux adaptés, plus efficaces. Collectivement, elles activent déjà certains services comme le BSV, les réseaux de surveillance et d’alerte... De nouveaux modèles vont émerger qui devraient profiter à toute la collectivité agricole.
Mais attention ! L’interprétation et le croisement de ces données peuvent poser aussi problème, car certaines corrélations s’avèrent vite aberrantes si l’on n’y prend pas garde. Il faut donc bon sens garder, tout en réfléchissant à la valorisation mais aussi à la protection de ce big data agricole. Les États-Unis ont pris de l’avance en éditant une charte qui encadre l’utilisation de ces données, pour l’agriculteur comme pour les entreprises. En France, certains opérateurs agricoles se sont déjà positionnés, mais on en sait pas où en est la réflexion collective...
L’agriculture connectée est bien devenue une réalité, un pied dans le présent, un autre dans le futur proche et la tête dans les étoiles pour trouver les capteurs de demain, ceux qui permettront de compter rapidement les épis, les insectes, les tubercules... Ceux qui permettront d’analyser et de diagnostiquer un sol, sans prendre la pioche et la pelle, ceux qui permettront d’anticiper l’apparition de certaines maladies...Tous ces rêves sont certainement déjà à portée de main, reste à les concrétiser sans perdre de vue le rapport bénéfice/coût.
Comment ça marche ?
A la base, il y a toujours un ou des capteurs et un vecteur. Ce dernier peut être un satellite, un drone, un ULM, un tracteur, un téléphone portable, un piéton... associés à différents types de capteurs. Les données transmises sont ensuite analysées et servent de support à des modélisations, du conseil ou des expérimentations. La couverture de la zone varie en fonction du vecteur ou de la famille de vecteurs choisis. Mais le plus important, insiste Arvalis, c’est la fonctionnalité du couple capteur/vecteur, car c’est ce qui fait l’efficacité de la mesure et assure sa reproductibilité.
L’agriculture connectée aujourd’hui
Tous les outils de pilotage sont basés sur la méthode de référence que constitue le calcul de l’indice de nutrition azotée INN. À partir de là, différentes techniques ont été utilisées pour élaborer des outils de pilotage plus ou moins onéreux. L’utilisation de ces différents outils a sans conteste amené une évolution des pratiques de fertilisation, notamment en terme de fractionnement de l’apport d’azote. Mais il est difficile de déterminer quel capteur est le plus efficient. Avec le recul nécessaire, Arvalis en conclut qu’ils sont tous «un peu efficace collectivement, mais aucun individuellement». En fait, «il n’existe pas de capteur idéal», chacun apporte différents services qui se complètent et donc profitent aux performances globales. Un gain de 3q/ha sur les parcelles les plus variables et les mieux structurées, c’est ce que peut apporter une modulation bien conduite de la fertilisation azotée.
Et demain ? Du rêve à la réalité...
L’expérience acquise sur la fertilisation azotée a ouvert le champ aux nouveaux domaines d’application que représentent la gestion des adventices, des maladies, des ravageurs... Avec comme outils privilégiés les capteurs aériens. Les plantes et les insectes communiquent par les odeurs. L’enjeu c’est donc d’arriver à analyser ces molécules spécifiques grâce à des nez électroniques. Ce n’est plus de la science fiction, ces nez existent mais il est encore très difficile de mettre en relation les molécules captées avec un type d’agression particulière.
Les techniques de cartographie par drone, apparaissent plus accessibles aux agriculteurs pour identifier les zones infestées. Combinées à une reconnaissance effectuée par l’agriculteur, ces techniques peuvent permettre d’établir une carte d’application générant une économie de produit.
Des technologies permettant de détecter des maladies grâce à des capteurs embarquée (nez électroniques, détection pré-symptomatique par la fluorescence, détection des symptômes par caméra et infra-rouge thermique...) mais leur utilisation reste complexe à mettre en oeuvre selon Arvalis.
Pour détecter les ravageurs on fait appel soit au son, ou aux odeurs et aux composés organiques volatiles. Mais aujourd’hui, le suivi des pièges et les observations visuelles s’imposent encore comme méthodes de référence. Des capteurs de sons ou d’images peuvent révéler la présence d’insectes, mais on en est encore au stade de la recherche pour la détection des phéromones et la création de capteurs spécifiques, permettant de détecter la présence de certains insectes, comme la pyrale ou la sésamie... Au-delà de cet aspect tactique de la détection pour un pilotage en temps réel et une action corrective rapide, l’accumulation des données d’observation et leur traitement offrent des perspectives pour mieux connaître le fonctionnement des parcelles et des cultures.
Big data : un formidable potentiel
Maintenant, toutes ces données captées et collectées finissent par représenter un gros paquet au formidable potentiel. Encore faut-il savoir le gérer et traiter correctement toute cette masse. Les perspectives économiques découlant de cette valorisation aiguisent déjà beaucoup d’appétits. Individuellement, ces données permettent de proposer des services mieux adaptés, plus efficaces. Collectivement, elles activent déjà certains services comme le BSV, les réseaux de surveillance et d’alerte... De nouveaux modèles vont émerger qui devraient profiter à toute la collectivité agricole.
Mais attention ! L’interprétation et le croisement de ces données peuvent poser aussi problème, car certaines corrélations s’avèrent vite aberrantes si l’on n’y prend pas garde. Il faut donc bon sens garder, tout en réfléchissant à la valorisation mais aussi à la protection de ce big data agricole. Les États-Unis ont pris de l’avance en éditant une charte qui encadre l’utilisation de ces données, pour l’agriculteur comme pour les entreprises. En France, certains opérateurs agricoles se sont déjà positionnés, mais on en sait pas où en est la réflexion collective...
L’agriculture connectée est bien devenue une réalité, un pied dans le présent, un autre dans le futur proche et la tête dans les étoiles pour trouver les capteurs de demain, ceux qui permettront de compter rapidement les épis, les insectes, les tubercules... Ceux qui permettront d’analyser et de diagnostiquer un sol, sans prendre la pioche et la pelle, ceux qui permettront d’anticiper l’apparition de certaines maladies...Tous ces rêves sont certainement déjà à portée de main, reste à les concrétiser sans perdre de vue le rapport bénéfice/coût.