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Pommes de terre

Ça y est, c'est planté

Rencontre avec Yoann Garreau, agriculteur à Saint-Julien au nord de Dijon, qui a terminé la plantation de ses pommes de terre vendredi dernier.

Par AG
Ça y est, c'est planté
Le co-gérant d'Agro DFG a planté 90 ha, en comptant les surfaces travaillées en prestations.

Lui, c'est fait, et vous ? Êtes-vous à jour dans vos plantations de pommes de terre ? Pour Yoann Garreau, la période optimale se situe généralement entre le 20 mars et le 15 avril. Cette année, les conditions étaient excellentes pour travailler. « La planteuse est passée sans le moindre problème avec le sec que nous avons eu. C'était aussi très plaisant pour nous. Cerise sur le gâteau : le gel hivernal avait fait du bien à la structure du sol », indique le producteur de 38 ans. Pas moins de 13 variétés ont été plantées sur une surface totale de 90 ha : « Nous travaillons en prestations sur une quinzaine de ces hectares. Il y a un peu plus de variétés que d'ordinaire car nous faisons désormais des pommes de terre spécialisées pour les chips ». Restons dans les chiffres : combien de « patates » ont été plantées dans l'opération ? « La densité varie selon les variétés et le calibre des plants, la fourchette va de 33 000 à 50 000, donc il faut compter une moyenne de 40 000 plants à l'hectare », répond Yoann Garreau. Sur 90 ha, cela fait tout de même la bagatelle de 3,6 millions de pommes de terre ! Mais la planteuse avance vite et bien : en une heure de travail, la machine permet de planter une moyenne de 1,5 ha.

En chute libre

Cogérant d'Agro DFG avec ses compères Julien Dumont et Julien Fouchet, Yoann Garreau vend la quasi-totalité de sa production à des centrales d'achat et à des grossistes. Les pommes de terre de cette entreprise qui emploie une quinzaine de salariés se retrouvent dans toute la région Bourgogne-Franche-Comté. La récolte, elle, se fera comme tous les ans entre le 20 juillet et le 25 septembre. Entre 3 000 et 3 500 tonnes seront alors conditionnées avant de partir sur le marché les semaines et mois suivants. À propos du marché, comment se porte-t-il ? L'agriculteur de Saint-Julien grimace et nous faire part d'une chute brutale des cours : « l'an passé était exceptionnel, mais alors là, c'est la dégringolade… Il y a eu une surproduction en 2025 à l'échelle européenne. Pour ne rien arranger, la consommation est à la baisse, aussi bien en produits frais que transformés. Nos propres stocks se terminent dans un mois : nous avons eu beaucoup de mal à placer les marchandises, il a fallu faire beaucoup de promotions ! De 300 à 350 euros la tonne il y a un an, les tarifs en big bags sont passés à 150 voire 100 euros/tonne. Oui, nous ne sommes pas loin de la division par trois ». Cette campagne est la pire depuis au moins douze ans affirme l'exploitant : « c'est un problème structurel. Il faudra beaucoup de temps pour que le marché se restabilise, c'est certain ».