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Moissons

Ça va chaudement

Rencontre avec Loïc Buthiot, agriculteur à Izeure, qui débuté la moisson le 15 juin et dont les conditions de travail illustrent la difficulté d'opérer dans la chaleur actuelle.

Par AG
Ça va chaudement
Le Côte-d'orien devrait « attaquer » le blé le jour de la sortie de ce journal.

Sa Case 6150 a été l'une des premières batteuses à sortir dans la plaine dijonnaise. Lundi 15 juin : les moissons de Loïc Buthiot n'avaient jamais été aussi précoces que cette année. Nous avons rencontré ce jeune homme de 30 ans, installé sur la ferme familiale depuis 2016, dans ses premières parcelles d'orges d'hiver avant de le rappeler un peu plus tard pour avoir le bilan de cette culture. Sa première impression, « bonne » avec un rendement de 75 q/ha pour débuter cette campagne, s'est plus que confirmée avec une moyenne finale de 83 q/ha dans les variétés Carrousel (75q/ha) et kws Faro (87 q/ha). Le calibrage s'élève à 81, le PS à 64 et les protéines varient de 10 à 10,5.

Colza et blé

Lundi, Loïc Buthiot débutait son colza très tôt dans la matinée à cause des fortes chaleurs annoncées : « Nous avons commencé dès 7h30 pour éviter de prendre des risques le reste de la journée. Il fait déjà très chaud à cette heure, de plus en plus... Nous sommes en train de perdre plus d'un point d'humidité à chaque benne que nous livrons ! Là, il est 10 heures et le taux affiche 6,8. La première benne était à 8,7 ! ». Les premiers échos du producteur concernant le colza étaient les suivants : « pour ma part, il test trop tôt pour faire une moyenne. Les retours que j'ai de la coopérative, c'est plus ou moins 30 q/ha dans les sables et jusqu'à 35 voire 38 q/ha dans les meilleures terres de la plaine ». Très peu de blés avaient, semble t-il, été moissonnés en ce début de semaine : « je sais que quelques parcelles ont été fauchées hier, dimanche, du côté de Genlis. Me concernant, je pense commencer ce vendredi, ou ce week-end. Nos inquiétudes résident bien dans cette culture, avec les conséquences de ces aléas climatiques depuis plusieurs semaines désormais. Les retours des techniciens de la coopératives semblent unanimes : sans surprise, il y a beaucoup d'échaudage ». Loïc Buthiot et Hervé, son père, prévoyaient de récolter leur orge de printemps dans la foulée et, un peu plus tard, leur moutarde : « l'orge a été semée à l’automne et semble avoir mieux résisté que son homologue semée au printemps, La moutarde, elle, est plutôt jolie. Mais tout cela ne sont que des impressions !».

 

On s'adapte !

On s'adapte !
photo encadré.

Nous avons passé un petit coup de fil lundi après-midi, à plus de 40°C, à Sébastien Ledoux, gérant de l'ETA de l'Auxois-Morvan. Celui-ci ne nous a pas répondu et pour cause : le chef d’entreprise dormait : « Dans de telles conditions météo, nous changeons effectivement nos habitudes. Nous travaillons tôt le matin jusqu'à 14 heures, avant de reprendre à 20 heures pour continuer jusqu'à tard dans la nuit afin d'éviter les incendies, tout en préservant le matériel et les bonhommes ! ».