Accès au contenu
Protéagnineux

Des sojas deux fois moins haut

Récolté avec près de deux semaines d’avance, le soja bio d’Aurélien Lemaire affiche cette un rendement décevant. À Saint-Cyr-les-Colons, l’agriculteur ne peut que constater les effets du manque d’eau et réfléchit déjà aux cultures mieux adaptées aux aléas climatiques.

Par Charlotte Sauvignac
Cultures
Aurélien Lemaire, céréalier à Saint-Cyr-les-Colons récoltait du soja, le 18 septembre dernier.

Suite à la visite d'essai tenue par les Chambre d'agriculture de l'Yonne et de la Nièvre, Seine Yonne et Terres Inovia, le mercredi 16 septembre sur les parcelles d'Aurélien Lemaire, agriculteur à Saint-Cyr-les-Colons, le céréalier a souhaité récolter après coup. « En faisant la journée d'hier matin, je me suis aperçu que le soja avait bien avancé en maturité. J'ai donc décidé de sortir la moissonneuse-batteuse », expliquait-il, le jeudi 18 septembre. Aurélien Lemaire cultive du soja en agriculture biologique depuis 2020, et pour lui, c'était une première de récolter « à cette période-ci », alors qu'habituellement, « on récolte au mois d'octobre. À ce stade, on a bien deux semaines d'avance sur nos récoltes ». Face à ce constat, il avouait être inquiet. « Les premiers ressentis que je peux avoir, c'est que le rendement ne va pas être à la hauteur de ce qu'on aurait aimé. L'an passé, lorsque nous avions fait la même visite d'essai, les sojas étaient deux fois plus hauts. On voit que les cultures ont souffert du manque d'eau, comme toutes les cultures d'été d'ailleurs », manifestait-il dans sa moissonneuse-batteuse.

Se tourner vers des cultures d'avenir

Jeudi 18 septembre, Aurélien Lemaire récoltait le soja sur l'intégralité de ses parcelles. À ce jour, il annonce un rendement moyen autour de 5 q/ha. Jeune installé, il commençait à réfléchir à des solutions pour rentabiliser ses cultures de soja. « Dans les variétés, en temps normal, je renouvelle rarement mes semences, par rapport au coût d'achat des semences certifiées, ce sont souvent des grains de ferme. J'ai choisi de mélanger les variétés Abaca et ES Comandor, des variétés assez précoces. Si cela se renouvelle dans les années à venir, j'aimerais potentiellement me tourner sur des variétés un peu plus tardives pour qu'elles soient potentiellement moins exposées aux coups de chaud », analysait-il. Aurélien Lemaire a déjà commencé à se tourner vers certaines cultures moins sensibles aux aléas climatiques. « Le tournesol avait des rendements aléatoires sur le long terme. J'ai fait de très bonnes années de tournesol en bio. J'ai eu d'autres années catastrophiques », se souvenait-il, ou également avec le blé. « On a eu des soucis avec la carie du blé, on a donc cherché des cultures résistantes, notamment dans les bonnes terres. Nous avons donc décidé de faire du soja pour justement limiter la présence de ce champignon, parce que le soja est très peu exposé aux maladies. Cette année, on avait souhaité également se tourner vers le maïs, une culture qui n'est pas sensible à la carie du blé, non plus. Mais ce n'était pas l'année pour faire du maïs, il a bien souffert de la chaleur. On va encore essayer l'an prochain, en se disant que c'est une année vraiment extraordinaire en termes de taux de température », manifestait-il.