Accès au contenu
Banque alimentaire de Bourgogne

Faciliter la transformation

Structure centralisatrice des moyens de collecte et de distribution pour tout ce qui concerne l'aide alimentaire, la Banque alimentaire de Bourgogne se dote d'un outil de pré-transformation, sur son site de Dijon. Un moyen supplémentaire de gagner en efficacité sur les produits issus de dons agricoles.

Par Berty Robert
Faciliter la transformation
Olivier Samier, responsable de l'antenne Côte-d'Or de la Banque alimentaire de Bourgogne, devant le local qui abritera l'unité de pré-transformation.

Selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), près de 10 millions de t de produits agricoles non récoltés sont enfouis chaque année en France. Un gisement qui mérite d'être exploité et c'est ce à quoi s'attache la Banque alimentaire de Bourgogne, en s'appuyant notamment sur des structures facilitatrices du don agricole telles que Solidarité des producteurs agricoles et des filières alimentaires (Solaal BFC). Cette volonté de combattre le gaspillage va connaître une nouvelle étape : la Banque alimentaire va se doter d'une unité de pré-transformation de produits agricoles impropres aux circuits de vente classique, parce que ne correspondant pas aux normes. Active à partir du mois d'avril sur le site dijonnais, cette unité comprend une structure en dur, isolée du reste de l'entrepôt, et des machines industrielles pour laver, éplucher, découper, assainir (blanchir) et mettre sous vide les produits. Le projet a été financé par le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, le collectif d'entreprises dijonnais Jour de Solidarité, et quelques grandes entreprises nationales, pour un budget global de près de 100 000 euros. Certaines des machines achetées sont de seconde main.

Capacités de tri limitées

« Jusqu'à présent, explique Olivier Samier, responsable pour la Côte-d'Or de la Banque alimentaire de Bourgogne, on s'efforçait de récupérer ces denrées qui n'étaient pas commercialisables auprès des agriculteurs dans l'idée de les distribuer. Mais il y avait des pertes. Nous avons des brigades de tri, mais elles ne sont pas extensibles à l'infini et notre capacité de tri ou de distribution est donc forcément limitée. » Par ailleurs, parmi les bénéficiaires de l'aide alimentaire, beaucoup de personnes n'ont ni les moyens, ni le temps de travailler les produits agricoles qui peuvent être distribués. « C'est parfois une femme seule avec des enfants, poursuit Olivier Samier, qui ne dispose que d'un four à micro-onde, ou un étudiant seul dans sa chambre où il n'a pas le droit d'installer de quoi cuisiner, ou encore quelqu'un qui vit dans la rue… » Pour transformer certains produits agricoles en soupe ou plats cuisinés, la Banque alimentaire s'appuie sur des partenariats avec les lycées Eiffel, du Castel à Dijon, Félix Kir à Plombières-lès-Dijon ou encore les Hospices civiles de Beaune. Mais ces structures ont besoin de produits prêts à être transformés. D'où l'intérêt de mettre en place l'unité de pré-transformation. « Elle va nous servir à préparer les denrées agricoles, poursuit Olivier Samier, en vue de leur faire subir ensuite, chez nos partenaires, l'étape ultime de transformation. Cet outil va aussi nous permettre d'allonger la durée de vie de ces produits. On a la possibilité d'en surgeler une partie. »

Accroître les dons agricoles

Tout cela ouvre des perspectives pour augmenter la possibilité de récupérer des denrées agricoles. En 2025, la Banque alimentaire de Bourgogne a bénéficié de 56 t de dons de produits agricoles. Face à des besoins qui augmentent, la structure veut activer tous les leviers possibles pour améliorer et faciliter les actions de solidarité alimentaire. De plus, l'unité de pré-transformation permettra aussi, pour assurer son fonctionnement au côté des bénévoles, d'insérer professionnellement des personnes suivies par Croix-Rouge Insertion et l'Association dijonnaise d'entraide des familles ouvrières (Adefo).