Un blé en souffrance
Un agriculteur côte-d'orien nous présente des champs impactés par le temps sec d'avril et l'épisode caniculaire de fin mai.
À chaque campagne son lot de péripéties. Pour l'illustrer cette semaine, nous sommes allés rendre visite à Christophe Calmelet à Échevannes, où cet agriculteur de 49 ans nous a proposé un petit tour de plaine. Ses parcelles sont très hétérogènes et ses moissons le seront certainement tout autant : « En gros, j'ai 50 % de bonnes terres, 50 % de mauvaises. Cela devrait aller dans les premières, les cultures semblent avoir assez bien résisté aux différents épisodes de sec que nous avons connus. En revanche, dans les autres, ça ira nettement moins bien ». Les dégâts les plus parlants se trouvent dans du blé, avec des fortes chaleurs et un déficit hydrique qui sont intervenus lors de la floraison puis pendant le remplissage des grains. « Le jaunissement des épis est impressionnant. Je pense avoir perdu 15 q/ha avec ça… C'est dommage, car tout se présentait bien en sortie d'hiver, il y avait du potentiel. Nous sommes encore et toujours à la merci du temps », commente Christophe Calmelet, qui compte les variétés LG Absalon, Complice et RGT Luxeo. « Absalon n'a pas jauni mais il se trouve dans les bonnes terres, lui. Je ne peux pas tirer de conclusion sur ce point : il aurait fallu l'avoir dans des parcelles superficielles pour apprécier sa résistance », poursuit le Côte-d'orien.
-10 q/t en colza et seigle
L'exploitant a également eu de la casse dans son colza : « là aussi, je m'attends à faire moins que d'ordinaire. J'imagine une baisse de 10 q/ha à cause d'attaques d'altises à l'automne et de plusieurs gelées ces derniers mois. En ce qui concerne les autres aléas de l'année, j'ai eu de la grêle le jeudi de l'Ascension mais heureusement, mes tournesols semés le 10 avril avaient atteint un stade suffisamment important pour résister et repartir. Ils sont même très jolis au moment où je vous parle ». L'orge d'hiver, dans les variétés Comtesse et Faro, était dans un stade plus avancé que le blé et a mieux résisté au sec que le blé. Christophe Calmelet, pour être complet dans ses cultures, nous parle de son seigle, récemment récolté : « je travaille avec des agriculteurs qui font de la méthanisation non loin d'ici. Ils ont besoin de seigle pour faire tourner leur unité. J'en sème une quinzaine d'hectares chaque campagne. La culture a, sans surprise, souffert elle aussi du sec. Elle a décroché avec un résultat final de 6,5 tMS/ha. Nous avons perdu environ une tonne par hectare par rapport à notre potentiel ».