Ça aurait été joli
Un agriculteur de Vandenesse-en-Auxois nous présente sa parcelle de tournesol, censée être récoltée tout prochainement.
Lutter contre le chaud, ils ont su faire, mais contre les sangliers, il n'y a rien eu à faire. C'est un peu le résumé estival des tournesols de Baptiste Foulet, que nous avons rencontré le 3 septembre entre Vandenesse-en-Auxois et Sainte-Sabine. Ce jeune homme de 25 ans, qui a repris la ferme de Michel Bélorgey en 2024, voyait sa culture partir sur des chapeaux de roue : « Les semis avaient été réalisés dans de très bonnes conditions début avril. La levée avait été belle, sans le moindre problème de limaces, corbeaux ou encore pigeons. Malgré la sécheresse et les fortes chaleurs, les plantes se tenaient assez bien, la parcelle étant située dans un coteau avec des sources : ici, le sol reste frais l'été. Alors c'est souvent galère au printemps pour semer mais une fois que c'est parti, c'est parti ». L'agriculteur tente d'estimer le futur rendement : « ce n'est pas facile de donner une estimation, cela dépendra du poids des graines. Mais je dirais que le potentiel était de 20 ou 25 q/ha, ce qui est bien dans nos coins ».
Oui, mais
Sauf qu'un agresseur noir, à grand nez et à quatre pattes s'est manifesté : « les sangliers sont malheureusement nombreux dans le secteur et aujourd'hui, j'attends la venue d'un expert. Environ 75 ares sont détruits à 100%... C'est vraiment dommage. Le rendement redescendra, je pense, à 15 q/ha ». Baptiste Foulet semble aimer tout autant le tournesol que les sangliers : « cette culture est une bonne tête de rotation, mon prédécesseur en faisait déjà, je ne fais que continuer sur sa lancée. Les cours actuels sont attractifs, ils doivent être aux environs de 550 euros/t, sachant qu'il y a peu d'interventions et donc peu de charges dans cette culture. En ce qui me concerne, j'avais labouré l'hiver avant de repasser un petit coup de rotative pour affiner la terre juste avant de semer. L'engrais, je l'avais mis avant le semis, avec 50 unités/ha d'ammonitrate 33,5. Ensuite, il y a eu un désherbage au stade quatre feuilles et c'est bien tout. Le tournesol n'est pas gourmand en azote, c'est un autre de ses atouts. Ma seule contrainte vient du semoir : je ne suis pas équipé en monograine, je fais donc appel à un service extérieur ».
Sinon, ça va
Originaire de la vallée de l'Ouche et hors-cadre familial, Baptiste Foulet a réalisé des moissons plutôt correctes par rapport à l'année : « c'est sûr, je m'en contenterai largement pour mes deuxièmes récoltes depuis mon installation. J'ai fait 9 ha de moutarde qui ont donné une moyenne de 16 q/ha. L'an passé, le rendement avait atteint 23 q/ha dans une parcelle où il n'y avait jamais eu de moutarde. En colza cet été, je fait 30q/ha. En blé et en orge, je tourne entre 60 et 65 q/ha. Je craignais d'autres résultats, beaucoup moins bons. Oui, la casse a été limitée ». Baptiste Foulet, titulaire d'un bac pro CGEA obtenu à la MFR de Quetigny, travaillait depuis sept ans en tant que salarié agricole chez Lucie Poillot : « une opportunité s'est présentée et j'ai repris une exploitation qui compte 60 ha de grandes cultures, 70 ha de prés et une cinquantaine de vaches limousines. Mais aujourd'hui, je continue de travailler chez Lucie, je suis double-actif ».