La longue marche de l'élevage français
Yves Largy: L'élevage allaitant avait besoin de prix et de revenu
Parmi les personnes contactées pour participer à cette tribune, dont un représentant des Etablissements Bigard, seul Yves Largy, président de Global, l'union de coopératives, a accepté de s'exprimer. Nous l'en remercions.
[I]«L'élevage allaitant avait besoin de prix et de revenu, dans ce contexte, tout ce qui allait dans ce sens était le bienvenu. Chez Global, nous nous sommes inscrits pleinement dans la démarche export, mais cela n'a pas été simple pour tout le monde. L'accord conclu sur la création du Groupement export France nous convient et nous allons voir quand tout sera en place comment nous allons pouvoir travailler avec cette structure.
Les marchés à l'export sont complexes et sur le plan économique, ils demandent une certaine assise financière et des compétences techniques particulières. Je partage l'avis de Coop de France sur le fait que nos entreprises savent exporter, elles ont les compétences et les capitaux qui permettent de le faire dans de bonnes conditions, car on peut toujours être confrontés à des «incidents» de parcours : des délais de paiements qui s'allongent, des exigences sanitaires plus contraignantes, des demandes spécifiques difficiles à satisfaire... Il faut rester vigilant et prudent dans une stratégie export. Les partenariats que Global a développé avec Socaviac permette de mettre les volumes nécessaires en face d'une demande importante dès lors qu'il faut rassembler 1000 animaux par bateau. On est toujours mieux armé à plusieurs, plus performant sur le plan logistique et plus économe en mutualisant les moyens.
Nous sommes fortement engagés dans la commercialisation des animaux maigres et nous devons aussi nous donner les moyens d'alimenter nos outils d'abattage et d'assurer en continu leur approvisionnement, la contractualisation représente l'un de ces moyens. Maintenant, sur les 5000 animaux qui auront été commercialisés à l'export pays tiers d'ici la fin de l'année, la part la plus importante va toujours au marché italien. Un marché dont les délais de paiement s'allongent aujourd'hui du fait de la crise, ce qui renforce notre vigilance. D'où là aussi l'importance de disposer d'une surface financière suffisante pour gérer ce genre de situation sans que les éleveurs en pâtissent. Les prix ont augmenté c'est une bonne chose, car l'élevage français avait du retard à rattraper par rapport au cours mondial. Certains marchés sont encore récents et ils se cherchent. On peut penser que les cours vont se stabiliser et espérer que ce soit dans les meilleures conditions pour les éleveurs.
Mais il faut rester prudent quant aux prévisions, en termes de volumes comme en termes de prix. Le marché algérien devrait se stabiliser, quant à la Turquie tout pourrait être remis en cause du jour au lendemain en fonction de l'évolution des droits de douane. Le principal frein à l'export aujourd'hui reste le volet sanitaire, surtout pour les animaux maigres exportés en vif. Le marché évolue également avec une demande accrue en animaux reproducteurs, 260 génisses sont ainsi en quarantaine en attente de partir pour le Kasakhstan.
Parmi les autres dispositions prises ces derniers mois, la réforme des cotations est une réforme intéressante pour le bassin allaitant car elle inclut toutes les références des animaux commercialisés par les coopératives, cela va dans le bons sens. Tout comme l'installation des machines à classer, même si toutes les unités d'abattage concernées ne sont pas encore équipées, cela va dans le sens de la transparence et de l'équité pour les éleveurs».[i]
Les marchés à l'export sont complexes et sur le plan économique, ils demandent une certaine assise financière et des compétences techniques particulières. Je partage l'avis de Coop de France sur le fait que nos entreprises savent exporter, elles ont les compétences et les capitaux qui permettent de le faire dans de bonnes conditions, car on peut toujours être confrontés à des «incidents» de parcours : des délais de paiements qui s'allongent, des exigences sanitaires plus contraignantes, des demandes spécifiques difficiles à satisfaire... Il faut rester vigilant et prudent dans une stratégie export. Les partenariats que Global a développé avec Socaviac permette de mettre les volumes nécessaires en face d'une demande importante dès lors qu'il faut rassembler 1000 animaux par bateau. On est toujours mieux armé à plusieurs, plus performant sur le plan logistique et plus économe en mutualisant les moyens.
Nous sommes fortement engagés dans la commercialisation des animaux maigres et nous devons aussi nous donner les moyens d'alimenter nos outils d'abattage et d'assurer en continu leur approvisionnement, la contractualisation représente l'un de ces moyens. Maintenant, sur les 5000 animaux qui auront été commercialisés à l'export pays tiers d'ici la fin de l'année, la part la plus importante va toujours au marché italien. Un marché dont les délais de paiement s'allongent aujourd'hui du fait de la crise, ce qui renforce notre vigilance. D'où là aussi l'importance de disposer d'une surface financière suffisante pour gérer ce genre de situation sans que les éleveurs en pâtissent. Les prix ont augmenté c'est une bonne chose, car l'élevage français avait du retard à rattraper par rapport au cours mondial. Certains marchés sont encore récents et ils se cherchent. On peut penser que les cours vont se stabiliser et espérer que ce soit dans les meilleures conditions pour les éleveurs.
Mais il faut rester prudent quant aux prévisions, en termes de volumes comme en termes de prix. Le marché algérien devrait se stabiliser, quant à la Turquie tout pourrait être remis en cause du jour au lendemain en fonction de l'évolution des droits de douane. Le principal frein à l'export aujourd'hui reste le volet sanitaire, surtout pour les animaux maigres exportés en vif. Le marché évolue également avec une demande accrue en animaux reproducteurs, 260 génisses sont ainsi en quarantaine en attente de partir pour le Kasakhstan.
Parmi les autres dispositions prises ces derniers mois, la réforme des cotations est une réforme intéressante pour le bassin allaitant car elle inclut toutes les références des animaux commercialisés par les coopératives, cela va dans le bons sens. Tout comme l'installation des machines à classer, même si toutes les unités d'abattage concernées ne sont pas encore équipées, cela va dans le sens de la transparence et de l'équité pour les éleveurs».[i]