Accès au contenu
Bâtiments laitier

Investir pour transmettre

Parmi les demi-journées dédiées aux bâtiments d'élevage, la Chambre d'agriculture de l'Yonne et Alysé ont souhaité faire un focus sur le Gaec de la Tour, un élevage de bovins laitiers avec deux robots de traite. De quoi préparer la transmission…

Par Charlotte Sauvignac
Journées Bâtiments d'élevage 2026
Ce mardi 3 mars, la Chambre d'agriculture de l'Yonne et Alysé ont donné rendez-vous aux éleveurs au sein du Gaec de la Tour pour un bâtiment neuf avec deux robots de traite.

Mardi 3 mars au matin, nous retrouvons Frédéric Blin, élu à la Chambre d'agriculture de l'Yonne, Isabelle Degroote, conseillère bâtiment à la Chambre ainsi que Clément Gobancé, conseiller bâtiments agricoles à Alysé, au sein du Gaec de la Tour à Molesmes. « Pour nous, l'objectif, que ce soit pour Alysé ou pour la Chambre d'agriculture, c'est de maintenir un bassin de production et de consolider le maillage vétérinaire présent au sein du département », affirme Frédéric Blin, pour débuter l'après-midi. À ses côtés, Isabelle Degroote, rappelle que différentes réglementations existent « pour la construction de nouveaux bâtiments » et que le plus important pour chaque projet « est que les agriculteurs aillent voir ailleurs avant d'investir sur leur exploitation ». Didier Plessy, l'un des associés du Gaec, confie d'ailleurs que c'est la démarche qu'ont réalisée les quatre associés. « Nous avons visité au moins une quinzaine d'exploitations, de la Somme, de la Meuse, de la Mayenne ou encore de l'Aube ou du Cher », liste-t-il. Après avoir vu de nombreux projets, Didier avoue que ce n'était pas ce type de bâtiment vers lequel il voulait se tourner à l'origine. C'est donc en avril 2025 qu'ils mettent en route le projet. En installant deux jeunes deux années plus tôt, Didier et Pascal souhaitent agrandir l'exploitation, augmenter la production et se tourner exclusivement vers l'élevage laitier. Sur près 300 hectares, ils choisissent donc un bâtiment en bois avec deux robots de traite, pour près de 110 vaches laitières. Depuis, ils ne regrettent pas leurs choix et affirment être soulagés. « Nous avons un gain de production énorme. Avant on n’exploitait pas notre potentiel au maximum ». À cela s'ajoute, la volonté « d'améliorer le confort, la souplesse de travail et le bien-être animal en investissant dans des équipements flexibles ». Cette volonté s'accompagne d'actes, avec l'investissement dans des logettes caillebotis, des sangles et des cornadis. Depuis, « aucune vache ne glisse, aucune blessure n'est constatée, ce qui prouve le confort pour les vaches ».

« Passionnés par l'activité laitière »

Cet investissement s'inscrit également dans une volonté de « ne plus avoir de contrainte avec la traite » et de permettre « à un seul associé d'être présent le week-end ». Didier témoigne de « l'usure physique » à laquelle il faisait face, et de la volonté de ne pas « laisser cette pénibilité pour la prochaine génération ». Quant aux vaches, « les anciennes ont eu du mal à adhérer à la nouvelle manière de traire mais les jeunes s'y sont faits tout de suite » et depuis, la moyenne est de 2,9 passages par vaches par jour. Aux côtés de son fils Lucas et de son neveu Romain, Didier annonce également l'investissement dans un « tracker solaire » avec la société Akwind. Situé à proximité de l'exploitation, il permet d'alimenter le bâtiment à 35 % et le reste « est dédié à la revente ». Pendant ce temps, Christel Proust, commerciale chez Lely, propose une visite des salles de traite (A5) et explique que cette machine a été pensée pour le technicien. « Elle permet d'analyser le lait, au moins dix fois par traite et de donner des résultats (sur la couleur du lait, la conductivité, le débit du lait) », affirme-t-elle devant certains visiteurs présents. Pour que cette nouvelle routine soit intégrée au sein d'une exploitation, « il faut approximativement six mois aux vaches ». Elle conseille de faire « des cycles par lot et faire a minima trois traites par jour ». Autonomes les vaches continuent leurs parcours pendant que les éleveurs s'affairent autour des salles de traite. Avant de conclure, Didier Plessy explique que « ce gain de temps à la traite leur permet de donner plus de temps pour les génisses ».