Vérifier, échanger et avancer...
Suite à la suspension des accords avec les pays du Mercosur, une action syndicale FDSEA 58 et JA 58 était organisée dans certaines enseignes à Varennes-Vauzelles.
Une délégation FDSEA 58 et JA 58 s'est rendue dans quelques enseignes de GMS le 22 janvier à Varennes-Vauzelles et Nevers afin de vérifier l'origine des denrées alimentaires. Romaric Gobillot, président de la section bovine de la FDSEA 58 insiste : « Que ce soit des œufs, du poulet, des légumes de saison ou de la viande bovine qui viennent de l'étranger, on n'en veut plus ! Nous avons de nombreux producteurs nivernais et français capables d'approvisionner les magasins, alors autant les solliciter ! ».
Ainsi, la première visite s'est faite à l'Intermarché de Varennes-Vauzelles. Là, les échanges avec Alain Baillou, adhérent de l'enseigne, et Thomas Baillou, directeur du magasin, furent fluides : « Nous avons conscience qu'une amélioration est possible sur certains produits, et nous sommes prêts à échanger avec tous les producteurs locaux ». Ils rappellent par la même occasion la politique du groupe : « Nous privilégions le local dans la mesure du possible et c'est tant mieux ». Malgré cette bonne volonté affirmée, quelques produits ont attiré l'oeil de la délégation dont les références de premiers prix en poulet provenant de Belgique.
À travailler
Là, les échanges continuent toujours dans la bonne écoute, avec les explications de Franck Vigier, chef boucher du magasin : « Nous avons quelques références de volaille qui proviennent de Belgique car nous rencontrons actuellement des difficultés d'approvisionnement sur le poulet français. Nous avons besoin de ces premiers prix ». De leur côté, Alain Baillou et Thomas Baillou évoquent la même problématique sur les œufs. Après cette discussion, Romaric Gobillot pointe : « Vous n'avez pas d'oeufs car il manque de producteurs en France. Il faut deux ans pour valider un permis pour un bâtiment dédié aux volailles. Si vous souhaitez des œufs français, vous devez nous soutenir afin d'accélérer les démarches ». Pour la viande bovine, l'accent est mis sur un travail quotidien avec les éleveurs locaux. Franck Vigier détaille : « Nous aimons travailler la carcasse car le métier de boucher ce n'est pas simplement ouvrir un paquet ! ». La question du manque de bouchers fut d'ailleurs abordée durant les discussions. Puis, ce fut au tour des fruits, avec un constat simple : des Conférences provenant de France à un peu moins de 3 euros /kg trônant aux côtés de William verte et de Rochas provenant respectivement d'Italie et de Portugal pour approximativement 4 euros / kg. Alain Baillou et Thomas Baillou réagissent : « nous pourrions juste mettre celles issues de la production française... ». Puis, conversation à bâton rompu aidant, ce fut au tour des lentilles. Jean-Charles Seutin (exploitant et membre de la délégation ce jour-là) questionne: « Avez-vous uniquement des lentilles françaises ? Étant donné que la France est le premier pays producteur ». Malheureusement, quelques paquets issus de la production canadienne étaient là, sous la marque Saint-Éloi portée par l'enseigne. Alain Baillou annonce : « Ce produit, comme les autres dont les légumes ou vins ne sont pas issus de France, sont des informations à faire remonter au groupe afin que nous nous positionnions clairement ». Après une poignée de main instaurant une confiance, Alain Baillou et Thomas Baillou lancent : « si les producteurs locaux nivernais veulent nous fournir qu'ils n'hésitent pas à se rapprocher de nous ». Si tout s'est bien déroulé à l'Intermarché de Varennes-Vauzelles, l'autre visite à Lidl ne fut pas sur la même note, puisque le directeur a annoncé n'avoir aucune marge de manœuvre en matière d'approvisionnement. Romaric Gobillot s'insurge alors en voyant des œufs provenant des Pays-Bas d'un élevage en cage : « C'est impensable ! C'est interdit en France ! Si pour que nos demandes remontent il faut revenir tous les jours, nous le ferons ! ». Enfin, un dernier arrêt fut effectué en préfecture pour avoir des nouvelles de l'étiquette d'oeuf du même magasin jugée non conforme par les exploitants le 26 septembre dernier (voir nos réseaux sociaux) et donnée pour vérification, ce jour-là, à la Préfète de la Nièvre...