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équins

Valoriser l’herbe dans l’alimentation du cheval

Le programme équi-pâture, lancé en 2016, a pour ambition de promouvoir des pratiques efficientes afin d'améliorer la valorisation de l'herbe par les équins et la pratique de la vermifugation.
Par Cyrielle Delisle
«Le programme équi-pâture vise deux objectifs : promouvoir des pratiques efficientes pour améliorer l’utilisation de l’herbe dans l’alimentation du cheval et pratiquer une vermifugation ciblée et ce, dans l’optique d’optimiser les coûts de production», explique Pauline Doligez de l’Ifce, avant de poursuivre «ce programme tend à valoriser des données en proposant des techniques applicables à tous les gérants de structures équines exploitant des surfaces fourragères pour et par leurs chevaux». Ce projet développé par l’Ifce, en partenariat avec les chambres d’agriculture et les conseils des chevaux des régions Centre-Val de Loire, Limousin et Normandie, s’appuie sur le suivi de 12 exploitations pilotes (élevages sport, trait et course, établissements équestres) au cours de deux saisons de pâturage 2016-2017 dans trois régions (Limousin, Centre et Normandie).

De l’enrubanné pour les chevaux
L’élevage mixte équins - bovins allaitants bio de Thomas et Marina de Cornière à Saint Pierre Azif dans le Calvados compte parmi les 12 structures pilotes. «Notre but est de valoriser de manière optimale l’herbe dans l’alimentation des chevaux et des bovins. Notre structure compte 45 mères de race limousine et Rouge des prés, 10-12 poulinières de sport, 10-15 poulains (1 à 3 ans) et 30 chevaux en pension (chevaux au travail, retraités, juments à la reproduction) sur 150 hectares dont 110 de prairies permanentes et 40 de prairies temporaires. Notre politique est de récolter un fourrage de qualité. En Normandie, les conditions climatiques ne sont pas toujours favorables pour une récolte en foin, c’est pourquoi on fait de l’enrubannage. Contrairement à ce que j’entends parfois, l’enrubanné s’intègre très bien dans l’alimentation des chevaux», observe l’éleveur. Le couple cultive également quelques hectares d’herbe sous couvert de céréales qu’il récolte selon l’année en grains ou fauché.
Ainsi, l’alimentation des chevaux se compose d’un enrubanné plutôt sec (70 % de MS), issu des prairies temporaires (graminées + trèfle), rationné pour les poulinières en hiver, les poulains sevrés et les chevaux au travail. Les bovins ont, quant à eux, un enrubanné plus humide (40 % de MS) issu du méteil et des prairies naturelles, à volonté. «La ration actuelle (15 kg brut d’enrubanné + 2 l de concentrés) pour une poulinière au 9e mois de gestation me revient à 52 EUR par bête, contre 90 EUR pour une ration foin avec 9 l de concentrés. Le coût du bottelage et des balles plus lourdes à manier représentent les inconvénients de l’enrubanné. Côté avantages, on peut citer sa valeur alimentaire (UFC/kg MS de 0,66 et MADC/kg MS de 68,3 g) supérieure au foin et qui permet de supprimer une partie de concentré, l’absence de poussière et nul besoin de bâtiment pour le stockage», poursuit Thomas de Cornière.

Valorisation du fumier en compost
Pour fertiliser la prairie, les exploitants utilisent un compost de fumier mixte bovin-équin. Le fumier provenant des curages des stabulations des bovins et équins, ainsi que des box des chevaux, est évacué au champ au fur et à mesure, sous forme d’andain et retourné par la Cuma tous les mois. Il est épandu à l’automne, à hauteur de 20 t/ha sur les prairies temporaires de fauche et de 10-12 t/ha sur les pâtures pour un coût de 380 EUR/an. «Produire de l’herbe de qualité demande un peu plus de temps de travail et de matériel», note l’éleveur.

Côté pâturage
Du pâturage mixte est mis en place pour profiter du comportement complémentaire des deux espèces et limiter la pression sanitaire. «Toutefois, il faut éviter de mettre ensemble de jeunes bovins et de jeunes poulains qui ont tendance à s’exciter, de faire vêler des vaches avec des chevaux et disposer de bonnes clôtures pour les bovins», souligne Thomas de Cornière.