Une valeur ajoutée qui ne revient pas assez aux éleveurs
L'Insee a réalisé une étude sur la filière viande en Bourgogne-Franche-Comté. Elle révèle que les éleveurs sont loin d'être les mieux servis dans la captation de la valeur ajoutée propre à ce secteur.
Publiée le 21 avril, l'étude de l'Insee qui porte sur la filière viande en Bourgogne Franche-Comté repose sur des données chiffrées de 2022. Le contexte a considérablement évolué depuis, néanmoins l'étude est porteuse d'enseignement intéressants. Les enjeux restent forts autour de cette filière afin de créer de la valeur et relocaliser des productions. L'étude entre aussi en résonance avec les travaux menés sur la souveraineté alimentaire actuellement à l'échelon national et régional. L'importance de la filière viande apparaît notamment à travers le fait qu'une majorité des terres agricoles de BFC est dévolue à l'élevage, avec une forte prévalence de l'élevage bovin allaitant. C'est aussi un élément de valorisation de terres à faible potentiel agronomique. Dans cette catégorie, la Région BFC se situe au 3e rang des régions de France avec près de 13 % du cheptel. La présence de ces élevages est particulièrement forte en Saône-et-Loire, Nièvre et Côte-d'Or. Au-delà des bovins allaitants, l'étude révèle une filière avicole encore peut importante en taille mais très dynamique dans son développement. L'élevage porcin est bien représenté dans l'Yonne et en Franche-Comté. Cette étude prend aussi en compte un contexte national préoccupant : celui de la consommation de viande/habitant. Elle est en baisse sur les 25 dernières années. Une baisse globale de 2,6 kg/an/habitant et qui atteint même 4,3 kg pour le bœuf. On note aussi une baisse de la consommation de porc ou d'ovins. Cette baisse est toutefois à relativiser puisqu'au total, la population, elle, ne baisse pas. Nous mangeons moins de viande mais nous sommes quand même plus nombreux à en manger. Seule la viande de volaille progresse à + 9,5 kg/an/habitant.
Plus d'emplois que de richesse
La structuration de la filière viande régionale révèle les données suivantes : la filière représentait en 2022 près de 17 000 emplois. On trouve d'abord les exploitations agricoles (9 400 emplois dont 7 000 non-salariés) devant l'abattage et la transformation (4 900 emplois), le commerce interne à la filière (1 500 emplois) puis la fabrication d'aliments pour animaux et le transport d'animaux vivants qui, à eux deux, représentent un peu plus de 700 emplois. Du côté de la valeur ajoutée générée, la filière représente 0,7 % de la valeur ajoutée régionale pour un total de 516 millions d'euros de richesse dégagée (chiffres 2022 également). Sur ce chapitre, c'est l'abattage et la transformation qui captent près de la moitié du total (255 millions d'euros) devant les exploitations agricoles (111 millions d'euros) et le commerce intra filière (104 millions d'euros). Les secteurs de la fabrication d'aliments pour animaux et de transport d'animaux vivants totalisent 47 millions d'euros. De fait, l'étude de l'Insee montre que le secteur de la production agricole capte moins bien la richesse dégagée : s'il représente 57 % des emplois de la filière il ne capte que 21 % de la valeur ajoutée. Une proportion à comparer au commerce intra filière qui compte pour 9 % des emplois mais pour 20 % de la valeur ajoutée captée. Il y a une vraie décorrélation entre emploi et valeur ajoutée pour les producteurs agricoles. Un aspect qui compte beaucoup dans la fragilité de la filière élevage et dans son manque relatif d'attractivité.