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Jeunes

Legta du Morvan : Et après le diplôme, ils font quoi ?

Quatre élèves du Legta de Château-Chinon reviennent sur leurs choix d'études et sur la direction qu'ils souhaitent donner à leurs projets professionnels, maintenant qu'ils ont leur diplôme en poche.

Par Berty Robert
Legta du Morvan : Et après le diplôme, ils font quoi ?
Susannah Gore est plus que jamais motivée pour travailler dans l'élevage bovin.

Toutes et tous ont la chance de faire des études qu'ils ont choisies. Dans leur parcours, ils ont également pu bénéficier du soutien et des encouragements d'enseignants qui ont cru en eux. Au Legta du Morvan, à Château-Chinon, Catherine Blin, enseignante récemment partie en retraite, est de ceux-là. C'est elle qui nous a contactés pour mettre en lumière les quatre parcours qui figurent dans cet article. Parce qu'elle considérait que ça en vaut le coup. Alors Terres de Bourgogne le fait avec plaisir parce qu'il est de notre rôle de montrer qu'en ruralité, les jeunes cultivent aussi des vocations précieuses, agricoles mais pas seulement, et qui sont le résultat de vrais choix.

Susannah Gore, 18 ans. A obtenu son bac CGEA avec mention Très bien.

Susannah est née en Belgique. Citadine dans son pays d'origine, elle a toujours ressenti une attirance pour la nature, les animaux et en particulier les chevaux. Pourtant, elle a commencé à se former pour travailler dans des laboratoires, jusqu'à son arrivée dans le Morvan, il y a quatre ans. Un contexte qui lui convenait beaucoup mieux. « J'ai senti que c'était pour moi, ici » précise-t-elle. Se former dans la gestion d'exploitation agricole devient alors son but, avec la volonté de faire de l'élevage. « Je suis dans les vaches depuis trois ans et je compte bien continuer dans ce domaine. » Sa mention Très bien obtenue au Bac résume aussi le fait que cette jeune femme s'est sentie à l'aise lors des épreuves : « C'est une sérénité que je dois en grande partie à mon maître de stage, Olivier Loisil, à Ouroux-en-Morvan, qui m'a consacré du temps, qui m'a tout appris, alors que je connaissais très peu de choses à mon arrivée. Je suis allée loin dans ma volonté de connaître l'exploitation, de comprendre pourquoi on y faisait tel ou tel choix. Cela m'a aidé au moment des épreuves du Bac. J'avais travaillé pour. » Au sein de cette exploitation en élevage bovin Susannah a accompli douze semaines de stage. À présent Susannah s'oriente vers un BTS Analyse conduite et stratégie de l'entreprise agricole (ACS'Agri) au CFPPA du Morvan, toujours à Château-Chinon. Un cursus qui va s'étaler sur deux ans, en apprentissage, qu'elle va poursuivre dans la même exploitation d'Ouroux-en-Morvan et qu'elle entame dès ces jours-ci. Son projet professionnel n'est pas encore totalement défini. Elle envisage l'installation à terme mais préfère, dans un premier temps, travailler comme salariée, histoire d'approfondir encore ses compétences. « Je ne m'interdis pas non plus d'envisager une licence, une fois le BTS obtenu, pour maîtriser autant ce qui touche à l'élevage, que ce qui concerne l'administratif… » Une chose est sûre : elle n'imagine pas quitter le Morvan. « Et je souhaite aussi dire un grand merci à Catherine Blin qui a été mon enseignante en zootechnie ! »

Maximilien Noël, 23 ans. A obtenu son BTS Aquaculture, mention Bien.

Le BTS Aquaculture forme à l'élevage d'animaux aquatiques. Pourtant, au départ, Maximilien avait commencé par se former dans le but d'obtenir une licence de biologie. Mais après la validation de sa première année, il prend conscience que ce type d'études ne lui convient pas vraiment. « J'ai voulu m'orienter vers quelque chose plus en lien avec la pratique et c'est là que j'ai découvert le BTS Aquaculture du Legta du Morvan. Au départ, je suis surtout intéressé par les aquariums. Je suis venu au Legta parce que c'était la formation la plus proche géographiquement de ma région d'origine (il est de la Lorraine) et aussi parce qu'ils disposent d'une salle d'aquariologie qui m'intéressait beaucoup. » Maximilien va tenter à nouveau d'obtenir sa licence en biologie mais, dans tous les cas, il sait que son BTS va lui être utile : « il va beaucoup m'aider à trouver des stages et même sans licence, je pourrai travailler dans le domaine de l'élevage de poissons. » Un stage, il en a fait un chez Neotropic, un producteur de poissons exotiques situé à Laillé, en Ille-et-Vilaine. Là, il s'est initié à l'élevage de cichlidés africain, des poissons rares avec très peu de producteurs en France. Maximilien a également présidé l'Association des lycéens, étudiants stagiaires et apprentis (Alesa) du Legta du Morvan, cette année. À la faculté, à Nancy, il avait déjà contribué à la création d'une association d'étudiants. « L'un des buts de l'Alesa, c'est d'apprendre aux élèves la vie associative, une certaine forme d'engagement, c'est toujours utile. » L'an prochain, Maximilien retourne à la faculté en deuxième année de licence de biologie. Il vise un master et à terme, travailler dans le domaine de l'aquariophilie en faisant de la reproduction.

Tiago Abdelli, 17 ans. A obtenu son Bac Aquaculture, mention Assez bien.

Passionné de longue date par l'univers aquatique en général et l'aquariophilie en particulier, Tiago s'est dirigé assez naturellement vers des études sur ce domaine. « J'ai beaucoup d'intérêt pour l'élevage de poissons exotiques et j'adore reproduire des décors naturels pour aquarium. La formation suivie au Legta du Morvan m'a permis d'apprendre les bases sur l'évolution des paramètres physico-chimiques dans un aquarium. J'ai aussi découvert la salmoniculture. J'ai acquis des connaissances que je pourrai transmettre en aquariophilie. » Cet été, Tiago travaille chez Discus JDL, à Longpont, dans l'Aisne. Il s'agit d'une des très rares entreprises dans le monde à produire des Discus zéro parasite (un poisson d'Amazonie très recherché par les collectionneurs). Tiago va prolonger ses études en se lançant dans un BTS Aquaculture. Il envisage ensuite une licence, qu'il accomplirait à Nancy, mais à terme son ambition pourrait l'emmener bien plus loin : « je pourrai peut-être partir en Indonésie afin de gérer une ferme que mon patron actuel voudrait racheter. Mais ma licence me permettra aussi d'obtenir un visa de travail au Japon, et là, j'envisagerai d'aller sur de la pêche professionnelle de thon. »

Clara Benoît, 19 ans. A obtenu son Bac pro Service aux personnes et animation dans les territoires (Sapat), mention Bien.

Clara en est venue à s'intéresser à ce type de formation parce qu'elle avait, elle-même, été directement confrontée à la problématique de l'accompagnement de personnes dépendantes dans son entourage familial. Le passage de l'idée à sa concrétisation a pleinement répondu à ses attentes. La jeune femme s'est sentie à sa place en Bac Pro Sapat. « J'ai fait plusieurs stages, notamment au centre social de Château-Chinon, mais aussi à l'Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de Moulins-Engilbert, et à l'école maternelle de Châtillon-en-Bazois. La filière vous oblige à travailler avec des publics très différents. Cela nous permet de voir avec lequel on est le plus intéressé. » Son Bac en poche Clara se prépare désormais à intégrer une école d'infirmières, à Nevers, dans laquelle elle vient d'être acceptée. C'est une formation sur trois ans qui s'ouvre à elle. Ensuite, travailler en hôpital, en clinique, ou en libéral : la jeune femme ne s'interdit rien pour l'instant. Mais elle l'assure : elle a des projets en tête.