Une année 2025 au diapason du marché pour la Sicagemac
Le marché au cadran de Corbigny a dressé le bilan de son année 2025 lors de son assemblée générale, le 10 septembre. Les résultats sont bons, à l'image de la bonne tenue des cours de la viande bovine, mais 2026 pourrait être plus difficile.
Septembre est un mois atypique pour l'assemblée générale de la Sicagemac à Corbigny. Habituellement, cet événement traditionnel se tenait au mois de mai, mais il s'avère que le printemps n'était pas la période la plus propice à la disponibilité des apporteurs du marché au cadran. D'où la décision d'Alexandre Lorré, président de la structure, de décaler ce moment au 10 septembre. De fait, la salle de Corbigny était bien pleine, ce qui prouve la pertinence du choix de calendrier. Il s'agissait avant tout de jeter un œil dans le rétroviseur et de revenir sur l'activité mesurée en 2025. Au diapason de l'embellie observée sur les cours des bovins, l'an passé se sera caractérisé par une amélioration du chiffre d'affaires et ceci, malgré un nombre de bovins commercialisés inférieur à 2024. Nulle bizarrerie dans ce constat mais un prix moyen de 2 124 euros en 2025 à comparer aux 1 529 euros de 2024. Le chiffre d’affaires 2025 culmine donc à presque 21 M d'euros, contre 15,4 M d'euros l'année précédente alors qu'il ne se sera vendu « que » 9 864 animaux contre 10 071 en 2024.
Des capitaux propres renforcés
Du côté des ovins, le chiffre d'affaires 2025 est là aussi supérieur à celui de 2024, mais l'augmentation est moins spectaculaire (presque 359 000 euros contre un peu moins de 320 000 euros). Le nombre d'animaux vendus est quasiment stable, tournant autour de 1 900, à quelques unités près. Sur le plan des résultats économiques, le chiffre d'affaires global bovins et ovins montre une meilleure valorisation en 2025, qui s'est accompagnée d'une bonne maîtrise des charges. Le résultat courant avant impôt de la Sicagemac atteint ainsi un peu plus de 35 000 euros, à comparer au déficit de 24 000 euros enregistré en 2024. « Cela contribue à renforcer nos capitaux propres, souligne Alexandre Lorré, qui atteignent aujourd'hui un peu plus de 100 000 euros. » Une consolidation bienvenue alors que la structure va devoir débourser 64 000 euros de frais de notaire pour accéder à la pleine propriété du site qu'elle occupe à Corbigny. La raison ? Une convention de location-vente parvenue à échéance fin 2025 mais qui, à l'époque de sa conclusion, n'avait pas fait l'objet d'un enregistrement auprès d'un notaire. Si cette année 2025 affiche de bons résultats, qu'en est-il pour 2026 ? Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives mais, en comparant sur la même période de 2025, le nombre de bovins commercialisés est en baisse de 1 600 têtes. « Cette baisse est multifactorielle, reconnaissait Alexandre Lorré : il y a des réductions d'effectifs dans les élevages, parfois, des choix de commercialisation différents de la part de certains éleveurs, et il ne faut pas non plus négliger l'impact de la FCO… » De fait comme le rappelait Romaric Gobillot, président de la Fédération régionale bovine (FRB) présent à l'assemblée générale, la FCO a entraîné une baisse de 7,3 % des naissances dans la Nièvre. Attendons donc pour voir si cette tendance va se poursuivre jusqu'à la fin de l'année.
Initiation à Interbev
L'assemblée générale aura également été l'occasion de renouveler une partie du conseil d'administration de la Sicagemac, avec un administrateur, Sylvain Dameron, qui ne se représentait pas. C'est Yann Denis, éleveur installé en 2020 qui s'est présenté au scrutin à sa place. Il a été élu, ainsi que trois autres administrateurs : Bastien Denise, Jean-François Ducrot et Fabien Loisy. Enfin, les participants à cette assemblée ont pu entendre Jennifer Coullenot, chargée de mission à Interbev, l'interprofession bétail et viande, venue présenter le rôle de cette structure. Un rôle loin d'être négligeable puisque Interbev gère notamment les litiges concernant les classements et les poids des animaux. L'interprofession centralise aussi les données d'abattage et elle a mis en place l'observatoire régional mensuel sur les bovins avec des données très complètes. Elle s'occupe, par ailleurs du Fonds d'assainissement régional (FAR) qui permet d'indemniser les pertes économiques liées aux saisies de carcasses en abattoir, selon un certain nombre de critères. Un dispositif qui reste peu connu des éleveurs.