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Élevage

Un échange spontané entre céréaliers et éleveurs

Face à la sécheresse et à la canicule, de nombreux éleveurs de l'Yonne ont fait appel aux céréaliers pour « avoir un stock supplémentaire de paille afin de nourrir leurs animaux ». C'est le cas du GAEC Prévot, éleveur de bovins allaitants à Sainte Magnance qui a fait appel à trois céréaliers.

Par Charlotte Sauvignac
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Le Gaec Prévot a fait appel à des céréaliers pour avoir suffisamment de pailles pour l'année.

Associé avec son fils Jules depuis le début de l'année, Étienne Prévot, éleveur de bovins allaitants, maraîcher et producteur de céréales à Sainte-Magnance, anticipe les aléas climatiques à venir. Depuis cinq ans, le Gaec a réinstauré la production de betteraves fourragères. « Lorsqu'un voisin a relancé la production de betterave fourragère et nous en a vanté les mérites nutritifs pour ses bêtes, nous avons décidé de sauter le pas. C'est une culture résistante et qui apporte un paquet d'unité fourragère (UF). on arrive à faire 60-65 t/ha avec un taux UF35 du kilo », affirment les Prévot père et fils. Après avoir investi dans une arracheuse automotrice, Étienne Prévot avoue que même si le désherbage est difficile, « les betteraves fourragères résistent bien à la chaleur, peut-être même mieux que du maïs » et comme il le dit si bien « cela fait un fourrage supplémentaire à donner à nos bêtes, et cela permet de ne pas mettre nos œufs dans le même panier ». Outre les betteraves fourragères, le Gaec Prévot produit également six hectares de maïs, de la luzerne et quand le temps s'y prête du foin. « En récoltant de bonne heure, on a fait un petit peu de regains et on a réussi à réaliser cinquante bottes de foin sur 20 hectares. C'est une demi-récolte, mais on ne va pas s'en plaindre, c'est mieux que rien », témoigne-t-il avec un brin d'optimisme. Habitants dans un secteur majoritairement dédié à l'élevage, Étienne et Jules conviennent que l'objectif commun c'est « d'acheter seulement le complément azoté pour l'engraissement. Sinon, nous essayons d'être le plus autonome possible en produisant nous-mêmes l'aliment, composé notamment de pois, de céréales, d'ensilage, d'enrubannage, de luzerne et de betteraves ».

S'entraider dans les moments difficiles

Lorsque les rendements en fourrage ne sont pas à la hauteur de ce qu'attend l'éleveur, il est contraint d'acheter des stocks supplémentaires. « Chaque printemps, au mois d'avril-mai, quand il manque un peu de céréales, c'est plus facile d'acheter dix tonnes de maïs que d'acheter de l'ensilage ou du foin. C'est introuvable », avoue-t-il. Pour autant, cette année, Étienne Prévot a fait appel à trois céréaliers pour avoir des stocks supplémentaires de paille. « Avec Jean-Baptiste Thibaut, on s'est connus par le biais de relations, il y a de ça quelques années, et je savais qu'il produisait de la paille. En voyant que ma récolte de paille allait être divisée par deux, j'ai fait appel à lui. On a donc échangé de la semence de luzerne contre de la paille », se souvient-il. Près de 40 hectares ont été récoltés. Suite à cet échange, Étienne Prévot prend contact avec d'autres céréaliers dans l'Auxerrois et sur Époisses. « Un de nos anciens stagiaires nous a également donné de la paille ainsi qu'un voisin à lui. Cela nous a permis d'acquérir 40 hectares de paille supplémentaires », ajoute-t-il. Étienne Prévot fait donc appel à un prestataire de pressage sur l'Auxerrois pour lui permettre « de ne pas avoir de contraintes et de n'avoir juste qu'à ramener la paille ». En confiant des semences de luzerne à Jean-Baptiste Thibaut, l'objectif est par la suite de « récupérer sa luzerne sur Auxerre ». Grâce à ses échanges, le Gaec Prévot a récupéré 80 hectares de paille et 40 hectares de blé d'un céréalier de Viviers qui n'avait pas fauché. « Avec les céréaliers, nous avons toujours été très différents, mais cette année, lorsque j'étais dans le besoin, je suis vraiment tombé sur des gars sympas qui étaient prêts à m'aider. Nombre d'entre eux ont compati à la situation actuelle de l'élevage. Entre le besoin d'aliment, le manque d'eau et la baisse des prix de la viande, c'est la triple peine », conclut-il. À l'automne, l'objectif est de resemer des couverts pour avoir des fourrages supplémentaires pour l'année prochaine.

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