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Concours charolais au salon de Paris

«Une qualité jamais vue depuis au moins dix ans» 

Selon les éleveurs participants et les organisateurs, le niveau de qualité des 41 specimens charolais qui ont concouru à Paris, la semaine dernière, n’avait jamais été aussi élevé « depuis au moins dix ans  ». Les Bourguignons, moins nombreux cette année, n’ont pas remporté beaucoup de prix prestigieux mais quelques très belles récompenses quand même...
Par Emmanuel Coulombeix
«Une qualité jamais vue depuis au moins dix ans» 
Du coup, les champions 2015 sont Delphine (à gauche), présentée par le Gaec Richard, de Saint Révérend en Vendée, et Grenadier, amené par le Gaec Micaud, d’Ygrande dans l’Allier.
Fait exceptionnel lors de ce concours général agricole charolais 2015  : les deux champions -mâles et femelles- de l’an passé ont obtenu les prix rappel de championnat. En clair, ils ne pouvaient pas être sacrés une deuxième fois et ont donc laissé la place à leurs successeurs au palmarès, mais ont tout de même reçus la consécration suprême... Eurovision, donc, la vache présentée par le Gaec Beauzon frères de Préporché, dans la Nièvre, est revenue en grande forme sur le ring bovin du hall 1 de la Porte de Versailles. Présentée suitée d’un veau différent de celui de 2014, cette femelle a été distinguée une seconde fois «pour ses qualités de race, ses aplombs exceptionnels et sa constance depuis plusieurs années» selon François Gauthé, le juge nivernais des sections femelles. Son palmarès, qui atteint aujourd’hui son paroxysme, pourrait faire pâlir de jalousie tout éleveur charolais  habitué des concours   : «elle a été première au National de Magny-Cours en 2009, Prix d’honneur au concours de Neuvy la même année, Prix d’honneur junior réserve à Cournon à ses 18 mois, puis Grande championne du National du Marault à ses 30 mois en 2010, Super prix d’honneur à Moulins-sur-Allier, Grande championne au concours de Saulieu en 2012 avant d’être championne de Paris en 2014» jubile Jean-Paul Beauzon. «Désormais, elle ne sortira plus jamais mais ce top model a été prélevé une première fois en 2012 et une deuxième fois maintenant. Elle a six ans et nous allons la maintenir pour qu’elle fasse encore de très beaux veaux avec des index exceptionnels. On est contents parce qu’on ne peut jamais prévoir l’issue d’un concours et qu’elle est en forme cette année malgré un souci au vêlage le 9 janvier dernier qui l’a un peu perturbée» précise le Nivernais. Une belle récompense et une marque de reconnaissance pour cet élevage modèle, lui aussi, dont François, le frère de Jean-Paul, prendra sa retraite en mai prochain. Une satisfaction qui en réalité en cache une seconde  : Delphine, la 2ème de la section d’Eurovision, a donc logiquement été sacrée championne 2015 et «nous en sommes fiers parce qu’il s’agit d’une fille de Blackout, née dans notre Gaec». La récompense vient couronner le travail d’élevage du Gaec Richard, de Saint Révérend, en Vendée, qui l’a rachetée...

Gentleman et Grenadier au top
Même scenario pour les champions mâles de ce concours 2015  ! Face à une concurrence là aussi très relevée (des palmarès à couper le souffle), Gentleman, le champion 2014 amené par le Gaec Verger et l’Earl Friaud de Glénic, dans la Creuse, s’est vu adjuger le prix rappel de championnat 2015. Et c’est le Gaec Micaud, d’Ygrande, dans l’Allier, dont le taureau, Grenadier, est devenu le champion charolais de Paris 2015. Les qualités exceptionnelles des animaux en compétition ont été saluées par Stéphane Billoux, le commentateur expérimenté du Herd Book Charolais, qui animait la compétition au micro, devant un public venu nombreux dans les tribunes du ring bovin. Aux abords de la piste, nombre d’éleveurs et d’organisateurs commentaient au fur et à mesure, les mérites comparés des blancs champions. Tous ont souligné le «niveau exceptionnel des charolais présentés cette année. Peut-être le plus grand concentré de qualité depuis au moins dix ans» selon Mickaël Roubé, l’éleveur de Magny-Cours. Il ne risquait pas d’être démenti par Jacques Nore, l’éleveur creusois en retraite, qui se terrait discrètement dans un coin du ring. Accompagné d’un jeune de l’Ajec (Vincent Gallet du Cher), c’est lui qui a sélectionné en fermes, début janvier, les 41 concurrents de ce rendez-vous parisien, parmi 70 candidats et au bout de 4500 kilomètres de visites en cinq jours. «A Paris, il n’y a que de très bons animaux mais les gagnants sont ceux qui sont encore plus exceptionnels. Nous avons essayé de sortir des bêtes avec des qualités morphologiques pour la viande. La génétique, ce n’est pas comme une tasse de café sous un percolateur et notre ambition est de mettre en avant des animaux qui répondent de plus en plus à la demande des marchés et des consommateurs. La tendance est là et va s’affirmer» expliquait le commissaire au soir du concours. Tant est si bien que les 2ème et 3ème prix-et l’ensemble des participants- n’avaient pas à rougir de leurs résultats... A noter pour la Bourgogne: le 1er prix de section «génisses» pour Indiana de l’Earl Froidurot de Jours les Baigneux, en Côte d’Or ; le 2ème prix de section des taureaux nés avant le 1er décembre 2010 à Fameux, présenté par le Gaec Cadoux de Saint-André en Terre Plaine, dans l’Yonne  ; et les 3ème  prix de section de Douve (François Lucand – 21 Molphey), d’Hatenon (Ferme du Rompoué – 58 Chougny), de Gandin (Gilles Mayet – 58 Livry) et d’Escudo (François Lucand – 21 Molphey). Le concours 2015 a vécu. Vivement 2016  !