Une première avancée, mais...
Le président de la FDSEA de Côte-d'Or réagit au vote des eurodéputés à Strasbourg, le 21 janvier.
Antoine Carré n'est pas un lapin de six semaines et n'est pas du genre à crier victoire trop vite : le responsable syndical rappelle les nombreuses déceptions de ces dernières années. Mais tout de même. Le président de la FDSEA de Côte-d'Or salue l'issue du vote des eurodéputés la semaine dernière à Strasbourg : la justice européenne est désormais saisie sur le traité de libre-échange UE-Mercosur : « Ça s'est joué à dix voix près, mais c'est passé en notre faveur. Pour ne rien vous cacher, je le sentais mal embarqué, mais le résultat est positif pour nous. Ce n'est qu'une étape. C'est une première avancée, j'attendrai un peu avant de parler de victoire. La victoire, ce sera quand ce traité sera définitivement abandonné. La viande sud-américaine, qui ne respecte rien des normes qu'on nous impose, n'a rien à faire chez nous ! Cette avancée donne un sens à toutes les actions que nous avons menées depuis plusieurs semaines. Nous ne sommes pas sortis de nos fermes pour rien ! Bravo à tous les adhérents FDSEA-JA d'avoir bravé le froid, le vent et la pluie depuis début janvier, et même depuis les fêtes de fin d'année. Merci aussi à tous ceux qui ont fait le trajet à Strasbourg, sans oublier ceux qui s'étaient déjà mobilisés pour Bruxelles. Défendre nos métiers dans ce monde de fous est essentiel. Maintenant, la balle est dans le camp de la cour de justice, cela pourrait prendre plusieurs mois avant d'obtenir une décision. Notre réseau syndical reste bien sûr pleinement mobilisé sur ce sujet. En attendant, j'espère que la Commission européenne n'appliquera pas l’accord commercial à titre provisoire sous la pression des pays hostiles, ce serait un comble ! ». Antoine Carré ne croyait pas si bien dire au moment de cette interview, réalisée vendredi dernier : « eh tiens ! Au moment où je vous parle, je consulte mon téléphone et j'apprends que Von der Leyen annonce qu’elle est prête à appliquer le Mercosur malgré le recours voté deux jours plus tôt ! Elle précise que l’accord entrera en vigueur dès qu’un premier pays du Mercosur l’aura ratifié. Il faut donc se méfier de tout, je ne sais pas ce qui va se passer ! ».