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Jeunes agriculteurs

Des « blairs » à négocier

Des JA de Côte-d'Or ont suivi une formation pour piéger le blaireau en zone tuberculose.

Par AG
Des « blairs » à négocier
Jeudi dernier à Norges-la-Ville : sept des neuf participants étaient du canton d'Aignay-Baigneux.

On n'est jamais mieux servi que par soi-même. « Plutôt que d'attendre que les autres fassent le boulot, nous voulons prendre le taureau par les cornes et agir nous-mêmes ! », lance Hugo Perroquin, président du canton JA d'Aignay-Baigneux. Ce dernier est fier de voir sept jeunes de son effectif désormais agréés pour piéger les blaireaux. « C'est une réflexion que nous avions depuis l'an passé. Nos comptes formations étaient pleins et il fallait les utiliser. Intelligemment si possible ! Et c'est le cas avec cet agrément pour piéger cet animal qui pose bien des soucis en agriculture, notamment en ce qui concerne le sanitaire ». La formation s'est tenue les 4 et 5 mars dans les locaux de la Fédération des chasseurs, à Norges-la-Ville. Deux autres JA étaient de la partie, l'un du canton de Vitteaux, l'autre de Venarey. Si la formation s'intéressait à tous types de piégeages, c'est donc bien celui du blaireau qui motivait le plus les participants. « Cette pratique n'est autorisée que dans une centaine de communes de Côte-d'Or, celles qui composent la zone tuberculose », présentent les stagiaires, « avant d'intervenir, chacun d'entre nous devra prévenir un lieutenant de louveterie, avoir l'autorisation du propriétaire de la parcelle concernée et faire une déclaration en mairie ». Marjolaine Perraudin, animatrice JA21, était elle aussi présente et invite les JA intéressés par cette formation (ou d'autres) à la contacter : « Se former à plusieurs, c'est plus sympa, il n'y a qu'à demander aux stagiaires de cette session ! Selon les demandes, nous organiserons des formations groupées, comme celle-ci ». « La majorité des participants sont chasseurs mais malgré cela, ils ont tous appris énormément de choses », enchaîne pour sa part Hugo Perroquin, « inciter les autres JA à passer leur permis de chasse : c'est une idée qui me passe par la tête depuis un petit moment. Cela nous permettrait de diminuer les dégâts de gibiers que nous avons sur notre territoire. Encore une fois, l'idée serait de retrouver de l'autonomie… Il y a de moins en moins de chasseurs et de piégeurs, donc si nous pouvons agir, agissons ! ».

Mais c'est ... Laurent !

Mais c'est ... Laurent !
Laurent Garnier, ancien vice-président de la FDSEA de Côte-d'Or, piège depuis plus de 25 ans.

L'un des formateurs de cette session est bien connu du monde agricole : il s'agit de Laurent Garnier, exploitant retraité à Épernay-Sous-Gevrey, ancien vice-président de la FDSEA de Côte-d'Or. Nous nous sommes entretenus quelques instants avec lui : « Je suis membre du conseil d’administration de l'association départementale des piégeurs de Côte-d'Or, c'est à ce titre que j'intervenais auprès des jeunes aujourd'hui. Je piège depuis plus de 25 ans. Ma problématique, à l'époque, était les ragondins au bord des cours d'eau : quand j'avais appris que n'importe qui pouvait passer la formation, je m'étais aussitôt lancé ! Ce jeudi 5 mars, je suis intervenu sur la partie pratique, avec des mises en situations sur le terrain. Nous avons vu ensemble les différents types de pièges et la meilleure des façons de les installer. Le blaireau se piège principalement au collet avec un arrêtoir. Comme son nom l'indique, ce piège va venir prendre l'animal au niveau du cou. On le dispose dans une coulée, presque au ras du sol car l'animal évolue la truffe en bas ». Laurent Garnier se félicite de voir des jeunes agriculteurs motivés à piéger cet animal : « les populations de ces derniers sont extrêmement importantes. À l'époque, il était classé nuisible mais ce n'est plus le cas. Il n'est même pas passé par le nouveau statut Esod (espèce susceptible de causer des dégâts). Il est aujourd'hui chassable, au même titre que le sanglier ou le chevreuil. Les chasseurs, postés, ont le droit de le tirer mais le problème est que le blaireau dort la journée ! Les chasseurs ne le voient jamais et n'en tuent pas. C'est un coup bien monté de la part des défenseurs de la nature qui, par ce biais-là, font multiplier les populations. Vous l'avez sans doute précisé dans votre article, mais le piégeage des blaireaux n'est autorisé qu'en zone tuberculose, cette pratique est sous la responsabilité des louvetiers ».