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Essais bios

Attention à la carie du blé

La plateforme expérimentale en agriculture biologique, XP'Bio, a fait l'objet de tous les regards, mercredi 28 mai, à l'occasion de la Journée Bio, organisée par tous les partenaires.

Par Charlotte Sauvignac
Visites d'Essai
Ce mercredi 28 mai, Arvalis et Seine Yonne ont réalisé un focus sur la maladie de la carie dans le blé, à Pailly, lors de la visite d'essai de la plateforme XP'Bio.

Les structures partenaires, telles que la Cocebi, la Chambre d'agriculture de l'Yonne, Arvalis, Seine Yonne et Terres Inovia, ont réuni près d'une centaine d'agriculteurs, mercredi 28 mai à Pailly, dans le cadre des « Journées Bio en grandes cultures ». Nous sommes allés à la rencontre de Diane Chavassieux, ingénieure régionale BFC chez Arvalis et Yann Barreau, responsable des productions céréalières chez Ynovae pour aborder la problématique de « la carie ». Fortement présente l'année passée dans les parcelles de blé, d'épeautre, de triticale et de seigle, « la carie » est une maladie provoquée par des champignons « Tilletia caries et Tilletia fœtida », possédant un fort pouvoir de propagation qui dégrade la qualité du grain et se transmet par la semence. La pénétration du pathogène dans la plantule a lieu entre le stade de la germination et le stade deux feuilles. Malheureusement, comme l'indique Yann Barreau, « les symptômes ne s'observent que tardivement, au moment de la maturité des épis. Les grains cariés possèdent des spores de coloration noire ayant pris la place de l'amidon. Les spores dégagent une odeur nauséabonde de "poisson pourri" caractéristique mais pas systématique », informe-t-il. Notamment observée en agriculture biologique la maladie « de la carie du blé », fait perdre entre 30 à 40 % de rendements et les lots sont déclassés. Dans le cas d'une parcelle infestée en majorité, les deux conseillers avancent donc qu' « il vaut mieux incinérer la production ou faire de la méthanisation ». En alimentation humaine, la « carie commune du blé » peut avoir un impact nocif. Près d'une personne sur 200 000 détient un gène, qui au contact d'une alimentation contaminée, « provoque une mauvaise odeur corporelle, que ce soit au niveau de l'haleine, de la transpiration ou encore de l'urine. Les personnes concernées sont donc impactées au niveau social », prévient Yann Barreau. En alimentation animale, « seul un taux réduit de maladie peut être accepté, car sinon, cela peut être toxique, avec un effet psychotrope », convient à son tour Diane Chavassieux.

Observer les champs avant moisson

Pour contrecarrer cette situation, Diane Chavassieux et Yann Barreau mettent donc en avant des leviers de lutte essentiels : « analyser vos semences lors de l'achat ; traiter vos semences ; ne pas faire du blé pendant cinq ans si la parcelle a été contaminée, pour éviter que les spores infectent la resemence, réaliser une conduite culturale avec des variétés résistantes ». Dans les parcelles de blé, les deux conseillers ont commencé par faire un tour dans chacune d'elles pour présenter trois nouvelles variétés pouvant être résistantes à la carie ainsi qu'à la rouille brune : « le validus, le Gyros et le Geek », permettant de « lutter contre la rouille brune qui touche les autres variétés de blé depuis quelques années maintenant ».

Un focus sur les autres ateliers

Visites d'essai
Quant à la Chambre d'Agriculture de la Nièvre et Terres Inovia, les deux structures ont axé leur intervention sur la féverole de printemps.

Du côté de l'atelier « adaptation des cultures », François Bonnal, conseiller à la Chambre d'Agriculture de la Nièvre et Benjamin Delhaye, ingénieur de développement à Terres Inovia ont souhaité se concentrer sur la féverole de printemps, « qu'on ne cultive dorénavant plus au printemps. Avec la pression du stress hydrique et thermique, nous devons trouver des subterfuges », lance Benjamin Delhaye. Effectivement, la problématique majeure reste le réchauffement climatique qui « réduit la périodicité des hivers froids ». Les deux techniciens conseillent donc « de semer à l'automne, car les résultats prouvent une belle évolution des cultures, par comparaison avec les féveroles semées au printemps ». Entre des semis de printemps, semés au 18 avril avec un indicateur de stress hydrique de 19,7 °C et des semis d'automne, semés au 12 mai avec un indicateur de stress hydrique de 84,4 °C, les conseillers estiment une perte de rendements de (-6 q/ha) à l'automne et de (- 22,5 q/ha) au printemps. Les résultats sont sans appel. Pour finir, Louise Gerossier, technicienne à Cocebi et Marie Bouillé, conseillère en grandes cultures à la Chambre d'Agriculture de l'Yonne ont insisté sur le fait « de se concerter à l'échelle du territoire pour agir sur la biodiversité », en « réalisant un diagnostic sur l'existant, en analysant les facteurs limitants et en concevant un plan d'action concret ». En pratique, cela se traduit par « l'augmentation de la diversité d'insectes auxiliaires en créant des corridors écologiques ». La Chambre d'Agriculture de l'Yonne est d'ailleurs motrice d'un projet à l'échelle territoriale : Concerto, ayant pour but de réaliser une gestion agroécologique des insectes ravageurs en grandes cultures.