Redonner de la vie à une ferme du XIIe siècle
Après trois ans d'abandon, la ferme de la cité médiévale de Druyes-les-belles-fontaines reprend vie.
Tout commence en 2023, lorsque Thomas Guéret s'aperçoit que la bâtisse en face de chez lui a été mise en vente. Une ferme conçue au XIIe siècle qui a accueilli pendant de nombreuses années un couple d'agriculteurs. Grâce à de nombreuses relations tissées au fil de ses diverses expériences, Thomas Guéret a décidé d'acquérir la ferme médiévale, non pas en son nom unique mais à travers une coopérative. Thomas Guéret est arrivé dans l'Yonne enfant, lorsque sa mère a eu une mutation professionnelle. En grandissant, il s'est engagé dans la permaculture, dans le cadre d'un stage au sein des Sources de Gulen. « Cette expérience m'a permis de mettre les mains dans la terre, si je puis dire, en créant un jardin potager, et m'a sensibilisé aux circuits courts », avouait-il. Au-delà de l'expérience, Thomas Guéret en retire une vraie philosophie de la vie : « consommer le plus local et bio possible ». Au cours de sa carrière, il a également été chef du service d'accompagnement des territoires au sein de la DDT de la Nièvre. « J'ai tout un bagage derrière moi, qui m'a permis d'acquérir des connaissances et une sensibilité particulière à la lutte contre le changement climatique, à la production d'énergies renouvelables et aux économies d'énergie », convenait-il.
Coopérative "Belle Forterre" : un projet à vocation multiple
Mercredi 12 août, Thomas Guéret confiait que « son engagement dans différentes associations lui a permis d'intégrer de nombreux sociétaires au projet, une trentaine exactement ». D'horizons et d'âges différents, avec « une apicultrice, des artisans, des personnes qui travaillent dans le BTP, etc. ». En se baladant dans le domaine, nous avions découvert une maison qui servirait d'habitat participatif. « Même si elle est vétuste à pas mal d'égards, la maison est habitable. À long terme, nous aimerions la rénover entièrement pour en faire un lieu totalement habitable, même au grenier. L'objectif serait d'en faire un habitat participatif, comme une colocation », imaginait-il. En face de cette demeure se trouvait un petit chalet en pierre, abîmé par le temps, entouré par de hautes haies conservant un aspect « intimiste ». « Nous avons commencé à faire le devis pour connaître l'étendue des travaux. Parmi nos sociétaires, nous avons un artisan du bâtiment qui est prêt à s'investir. Cette bâtisse a pour ambition de devenir un gîte pour touristes. En logeant des personnes, notre objectif serait de sensibiliser à l'agriculture ainsi qu'à l'environnement », avançait-il. En s'enfonçant dans l'exploitation, nous étions entrés dans une ancienne bergerie, qui côte à côte accueillait d'autres pièces rénovées plus récemment. « Notre idée, c'est que la coopérative soit propriétaire des murs et que de potentielles activités agricoles aient leur propre structure juridique pour être locataire des murs », avançait-il. En tant que sociétaires d'une coopérative, les intéressés souhaitaient avant tout permettre à de nombreux jeunes agriculteurs de pouvoir s'installer, comme « si c'était une surface test ou un tremplin ». « Nous n'avons pas la vocation première de créer de l'emploi, mais si l'on peut rendre possible l'installation d'une activité agricole, ce serait un succès », avouait-il. Sur le volet associatif, la coopérative Belle Forterre souhaitait avant tout, viser la reconnaissance ESUS (Entreprise solidaire d'utilité sociale). « C'est un label qui est donné aux entreprises qui ont vocation à faire des actions centrées sur l'entraide, sur le partage, l'échange et la réflexion commune », avançait-il. Habitant à Druyes-les-belles-fontaines, Thomas Guéret souhaitait également donner du dynamisme à la cité médiévale de Druyes, en intégrant davantage d'habitants dans les murs.