Accès au contenu
Maïs grain

Ça pique, même dans le val de Saône

La récolte de maïs grain est annoncée à un très bas niveau. Y compris dans les secteurs où le potentiel est généralement intéressant.

Par AG
Ça pique, même dans le val de Saône
Aurélien Viellard fauchera vraisemblablement autour du 15 septembre à Labergement-lès-Seurre. Deux de ses parcelles sont estimées entre 5 et 25 q/ha : du jamais vu sur son exploitation.

On en parle depuis plusieurs semaines et aujourd'hui, le passage de la moissonneuse n'a jamais été aussi proche. La récolte de maïs grain, c'est pour bientôt et les résultats ne s'annoncent vraiment pas bons. Nous sommes allés faire un petit tour du côté de Seurre où cette culture donne généralement de bons résultats. Ce ne sera pas du tout le cas cette année après notre échange avec Aurélien Viellard.

Bien parti

Tout avait pourtant bien commencé, avec des conditions humides, « même très humides car j'avais attendu le 20 avril pour semer. Nous avions assisté à une belle levée, le cycle se passait très bien jusqu'au premier coup de chaleur de fin mai, moment à partir duquel nous avons commencé à nous inquiéter. Il n'y avait toutefois rien d'alarmant : nous n'étions pas encore à la fleur… Deux ou trois pluies à venir allaient être en mesure de retaper tout ça ». Sauf qu'aucune averse significative ou presque ne s'est manifestée depuis. Pire, ces coups de chaleurs se sont multipliés et intensifiés. La culture a clairement marqué le coup à partir du 15 juillet. « La fleur était passée une semaine plus tôt. Dans les 15 jours qui suivent cette fin de floraison, des panouilles doivent logiquement se former. Sauf que pour de nombreux pieds, il n'y a rien eu ! Et si panouilles il y a aujourd'hui, elles sont… misérables », décrit l'exploitant de Labergement-lès-Seurre. Les parcelles concernées se trouvent sur des limons battants : « j'ai des maïs en terres inondables qui, eux, ont beaucoup mieux résisté. Mais ici, je pense faire entre 5 et 25 q/ha, il est très difficile d'être plus précis. C'est du jamais vu, je n'ai jamais eu de tels champs. Le pire que j'avais récolté, jusqu'à présent, c'était en 2014 si ma mémoire est bonne, avec un rendement de 42 q/ha ».

Guère mieux

La récolte de 2025 avait déjà été décevante sur ces mêmes limons « à cause d'un autre coup de chaud pendant la floraison. Les épis avaient été mal fécondés et le rendement n'avait été que de 55 q/ha. Le potentiel, quand tout va bien, peut atteindre ici les 8 ou 9 tonnes/ha. Cela pose vraiment question sur le maïs cultivé sur ce type de terre… L'an passé, la culture faisait quand même 2,5 mètres de haut. Cette fois, en plus du manque de grains, le développement végétatif est très atteint, les plus grands pieds plafonnent à 1,50 m ».

Aurélien Viellard aura aussi du tournesol et du soja à récolter ces prochains jours et ces prochaines semaines. Et là aussi, d'importantes baisses de rendements seront enregistrées. « Pour le soja, il y a souvent un seul grain par gousse. D'ordinaire, il y en a trois ou quatre. De plus, il n'y a que 7 à 8 étages contre 10 habituellement. Pas facile non plus d'estimer le rendement mais ce sera aux alentours de 15 q/ha, alors que la moyenne historique est à 34 q/ha. En ce qui concerne le tournesol, les plantes semblent bloquées avec la chaleur, elles n'évoluent plus alors que tout devrait être récolté depuis le 15 août avec cette sécheresse… Le poids des amandes sera déterminant mais je redoute de faire là aussi 15 q/ha, quand la moyenne de la ferme est à 29 q/ha ».

Assuré

Le Côte-d'orien est heureusement assuré : « je souscris l'assurance climatique depuis qu'elle a été créée ou presque, au début des années 2000. Toutes les productions végétales le sont sur mon exploitation. Cela représente un gros budget annuel mais dans ce type de campagne, c'est bien utile ». Aurélien Viellard s'interroge toutefois sur la suite des évènements : « ces chaleurs extrêmes, nous ne les avions jamais connues. Il ne faudrait pas que cela se reproduise souvent à commencer par l'année prochaine car sinon, c'est sûr, ça ne va pas le faire ».