Un maïs qui dépanne
Plusieurs Côte-d'oriens ont décidé d'ensiler des champs initialement dédiés au maïs grain, pour en faire profiter le monde de l'élevage. Exemple dans le val de Saône.
D'un côté, un maïs grain qui n'allait pas donner grand-chose et de l'autre, des éleveurs qui étaient dans le besoin : Cyril Fleury, en Gaec avec son frère Sylvain à Labergement-lès-Seurre, n'a pas mis longtemps à accepter la requête de ses confrères. Dix-neuf de ses 75 ha de maïs ont été ensilés le 6 août pour rejoindre plusieurs élevages, notamment à Thoisy-le-Désert. « Ces champs étaient situés sur des terres blanches, qui n'ont jamais cessé de décrocher avec le manque d'eau et surtout, les canicules. Seulement un pied sur deux ou trois avait des épis et quand il y en avait, il manquait beaucoup de grains. Un expert avait estimé le rendement à 20 q/ha », retrace Cyril Fleury. Celui-ci avait été contacté par des connaissances : « à l'époque, j'avais réalisé mon stage d'installation à Thoisy, je connais pas mal de monde dans ce village à côté de Pouilly-en-Auxois. J'avais même participé à des chantiers d'ensilage là-bas. Je suis resté en contact avec plusieurs personnes, dont deux qui m'achètent de la paille. L'idée d'ensiler du maïs initialement prévu en grain pour nourrir des bovins est venue tout naturellement, en parlant de nos difficultés respectives ».
Ok avec l'assurance
Avant d'envisager quoi que ce soit, l'agriculteur est bien entendu entré en contact avec son assurance : « nous nous sommes mis d'accord sur la vente de 20 q/ha aux éleveurs et mon contrat complète le reste. Les références sont bonnes puisque je suis indemnisé à hauteur de 75 q/ha ». Cyril Fleury est également éleveur et connaît bien les contraintes des bovins : « des vaches qui gueulent car elles ont faim, je sais ce que c'est ! Il y a sept ou huit ans, la Saône avait connu une importante crue et il n'y avait plus rien à manger ou presque pour nos bêtes. Nous avions été contraints de faucher les accotements ! C'est très bien si les éleveurs sont contents ». Un important dispositif logistique avait été mis en place, pour l'occasion : « le maïs est parti en camions dans l'Auxois, une sorte de tapis élévateur avait été trouvé pour les remplir de maïs. Les camions étaient garés en bout de champ et attendaient les bennes. Une belle chaîne de solidarité avait été mise en place par la profession : les transports n'ont été facturés qu'à prix coûtant pour les personnes concernées ».
Souvenirs
L'agriculteur de Labergement-lès-Seurre avait lui aussi l'habitude d'ensiler du maïs, mais il ne le fait plus depuis sept campagnes. « Nous avons délaissé la partie naissances, pour nous concentrer sur l'engraissement de génisses qui arrivent chez nous après le sevrage. Nous les gardons trois ans et la majeure partie de l'engraissement se fait dans nos prairies du Val de Saône. Nous continuons l'ensilage, mais avec un mélange trèfle/ray-grass que nous récoltons juste avant de semer le maïs. Pour compléter l'engraissement, nous utilisons aussi de la farine d'orge. En temps normal, tout notre maïs grain est livré à Bourgogne du sud ».