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Salon de l’agriculture

Un SIA chaud mais sûrement citoyen

L’édition 2016 du SIA ouvre ses portes le 27 février et les refermera le 6 mars. Tour d’horizon des thématiques officielles et officieuses.
Par Thierry Michel
Un SIA chaud mais sûrement citoyen
«Politiquement show» est une émission de LCI. Le SIA 2016 pourrait très bien reprendre cette appellation, en sous-titre de son édition 2016, mais en l’ortographiant tout simplement politiquement chaud. Les inaugurations et autres visites officielles pourraient bien avoir une saveur toute particulière cette année. La conjoncture de crise agricole, avec en arrière fond des questions structurelles, ne permettra pas aux politiques d’envisager leur parcours comme un long fleuve tranquille. D’autant que le thème choisi est éminemment politique : Agriculture et alimentation citoyenne. Pas question de la jouer étonnement et ravissement mais il faudra au contraire, pour tous ces visiteurs, répondre à des questions précises: quelle agriculture veut-on en France ? Veut-on encore d’un modèle agricole à la française ou veut-on s’aligner sur des modèles autres ? Que fait-on pour que les agriculteurs puissent tout simplement vivre de leur métier et répondre aux grandes aspirations sociétales ? Les Français - les citoyens donc - seront nombreux dans les allées et les stands, témoins de leur attachement à la Ferme France. Les politiques devront en tenir compte et soigner leurs allées et venues, notamment auprès des représentants des filières animales.
Concernant la viande, Interbev animera un «Voyage au cœur de la filière viande», avec immersion visuelle et sonore dans les lieux emblématiques de la filière. On trouvera aussi un comptoir des viandes et une ferme destinée aux enfants de 4 à 12 ans «pour partir à la découverte du monde de l’élevage et de ses bonnes pratiques».
Les régions, les terroirs et les territoires, notamment à travers les nouvelles régions administratives de l’Hexagone, seront particulièrement en pointe, y compris les outre-mers. Pour la 19e année consécutive, l’Odeadom occupera une place privilégiée, au centre de l’espace dédié à l’outre-mer et consacré à la présentation de l’agriculture de ses départements et collectivités, de ses acteurs et de ses perspectives pour mettre en avant les stratégies filières des départements d’outre-mer et de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Végétal
Terres OléoPro, qui rassemble tous les professionnels du secteur et a été créé pour mieux valoriser l’origine française des productions des agriculteurs et établir davantage de liens avec les consommateurs, présentera la diversité des cultures oléagineuses et protéagineuses : colza, tournesol, soja, lin, olive, pois protéagineux, féverole, lupin ainsi que les produits qui en sont issus. Le public pourra mesurer les enjeux de leur culture et leur implication dans l’alimentation humaine, la nutrition animale, l’énergie et la chimie renouvelables, au travers d’animations ludiques et inédites. Une mise en scène pédagogique permettra aux visiteurs de mieux comprendrele lien entre les cultures, la transformation des végétaux et les produits finis utilisés dans leur quotidien. Au menu : atelier culinaire, presse à colza...
Les céréales exposeront, elles, leur futur avec des technologies actuellement à l’étude, pour vivre de l’intérieur l’évolution du monde agricole : robot autonome dans un champ de maïs pour désherber mécaniquement ; lunettes connectées pour permettre à l’agriculteur d’observer ses plantes ; moissonneuse-batteuse pouvant récolter un champ avec une grande précision ; drone capable de déposer des capsules de petites guêpes pour protéger le maïs...
Pour la troisième année consécutive, les pommes de terre fraîches seront présentes avec un leitmotiv : «Chaque pomme de terre s’exprime à sa manière». Au menu, des pôles thématiques ludo-éducatifs au travers de plusieurs thématiques : segmentation culinaire, histoire, géographie, culture de la plante, nutrition et métiers de la filière.
Côté semences, le Gnis propose, sur deux espaces différents, un véritable village-agora des semences, tout ceci sous la forme d’un plateau de télévision avec de vraies émissions en direct. Gaspillage alimentaire, innovation dans le monde agricole, sécurité sanitaire des aliments ou encore chimie verte seront traités.
Et comme depuis de très nombreuses années, le sucre sera encore très présent avec notamment un volet consacré au sucre dans les régions de France. Les visiteurs pourront aussi découvrir des parcelles de betteraves qui seront installées aux côtés des céréales, du colza, du tournesol ou des fruits et légumes. Le Cedus fera des démonstrations permettant d’utiliser tel ou tel sucre avec tel ou tel aliment.

Recherche, innovation, technologies
«En route pour l’agriculture de demain» annonce l’Irstea à l’aube de ce SIA 2016 et avec un horizon à 2025. L’institut proposera aux visiteurs des exemples autour de ses domaines d’expertise comme l’agriculture numérique et robotique dans les champs, irrigation et eaux usées... Le concours Agreen startup viendra aussi illustrer les différentes facettes de la recherche dans le monde agricole en faisant la place à des projets de jeunes sociétés en pleine évolution. Côté Idele, on parlera économie de la filière, génétique des animaux et conservation des races bovines à petit effectif. Le Cirad se penchera sur les questions liées au développement durable pour les filières tropicales (modifications climatiques, transformation des modes de production, d’échanges, de consommation).
L’Inra, qui fête ses 70 ans et qui en profitera pour présenter une vaste rétrospective de ses activités et de leurs évolutions au cours du temps, se tourne aussi résolument vers 2025. Les visiteurs pourront disposer d’un module interactif sur lequel ils placent des vaches dans un pré ; des capteurs détectent les variations de densité de vaches et l’effet de ces variations sur la communauté de bactéries “dénitrifiantes” du sol. Ou encore ils pourront s’exercer à un jeu sur écran tactile pour prendre conscience que la diversité des micro-organismes du sol impacte la croissance de plantes. Un drone suspendu au-dessus du robot détecteur de mauvaises herbes illustrera l’agriculture de précision et enfin, Greenseeke, un capteur actif, permettra de faire en temps réel une mesure indicatrice de la biomasse.
Et si on consommait coopératif ? Pour ce faire, la Coopération agricole proposera une large sélection de produits et marques alimentaires issus des coopératives agricoles et viticoles de toutes les régions françaises. Elle sera à nouveau présente, sur un stand plus grand que les années précédentes. Pour sa part, le Groupe Agrica accueillera ses clients, entreprises et salariés agricoles, autour d’une animation «Stop au gaspillage alimentaire».

Entreprises
Les entreprises et enseignes de l’agroalimentaire ne seront pas en reste. Trois exemples pour illustrer leur présence. Ayant comptabilisé plus de 30 000 visiteurs sur son stand, Bonduelle a décidé de revenir en 2016 pour valoriser la filière légumes et ses bonnes pratiques environnementales. Lidl s’engage sur la «route du made in France» pour faire découvrir ses produits (viandes et laitiers) au grand public au travers de ses marques de distributeurs, mais également les partenariats tissés avec les producteurs partenaires. «Grande nouveauté cette année, l’enseigne sera présente dans le hall 7, dédié aux régions, pour accueillir les visiteurs dans son restaurant éphémère» annonce-t-elle. Elle revendique plus de 70 % de ses produits issus du made in France, dont 95 % de bœuf français et 100 % de lait collecté en France. Danone proposera d’échanger, avec le public, sur la place qu’occupe aujourd’hui l’alimentation dans notre société.