Un parcours volaille qui ne manque pas d'air !
Aménager un parcours destiné à accueillir des volailles en plein air est le fruit d’une réflexion approfondie de l’éleveur et une réponse adaptée à ses enjeux. La Chambre d'agriculture de l'Yonne et Alysé organisaient une visite instructive avec l'exemple d'un éleveur de Varennes.
Comment favoriser l’exploration du parcours ? Quelles espèces végétales seront les plus adaptées ? Quels sont les vents dominants ? Autant de questions auxquelles les éleveurs qui implantent un parcours volaille doivent répondre. Pour les aider à faire un choix éclairé, la Chambre d’agriculture de l’Yonne et Alysé organisaient une porte ouverte Innov’Action sur les parcours de volailles le 19 mai. Une dizaine de personnes sont venues écouter le témoignage de Vincent Pommier, éleveur de poules pondeuses à Varennes dans l’Yonne. Son premier objectif est de fournir un abri aux volailles dès la sortie du poulailler. Il privilégie des linéaires de plantation peu denses, faciles d’accès pour pouvoir attraper les poules si nécessaire, tout en permettant aux volatiles de s’abriter et d’explorer la parcelle. Ces aménagements permettent également de protéger les trappes du bâtiment des vents dominants.
Une formation autodidacte
Vincent a lu de nombreux articles et suivi une formation avant de se lancer. Il a testé plusieurs variétés d’arbustes pour trouver celles qui correspondaient le mieux à ses besoins : fruitiers, églantiers, viornes… Il recherche aujourd’hui des arbustes persistants adaptés à son parcours pour couper le vent en hiver. Il a respecté l’architecture conseillée des parcs en distinguant trois zones aux objectifs différents :
- L'espace de sortie (10 à 15 m après les trappes) : c’est la continuité directe du bâtiment et la première zone explorée par les volailles. S’il est boueux, exposé aux vents, trop chaud ou trop froid, les poules restent à l’intérieur. Il doit donc être sain, protégé du vent, confortable et pas trop ombragé, sous peine de retenir les volailles près du bâtiment.
- L'espace intermédiaire (environ 40 m au-delà de l’espace de sortie) : une fois sorties, les volailles doivent être encouragées à aller plus loin. Cette zone doit apporter de l’ombre, un guidage, une protection contre les prédateurs et du confort, tout en restant simple d’entretien. En cas d’exposition au vent, les aménagements doivent d’abord protéger, puis ombrager.
- L'espace de fond de parcours : pour optimiser l’ensemble du parcours, cette vaste surface doit aussi être aménagée afin de faciliter les déplacements. Abri contre le vent et protection contre le soleil restent indispensables. Sans repères ni ombrage, cette zone est souvent peu ou pas explorée. Il est alors possible d’y faucher l’herbe pour produire du foin.
Ne pas négliger le couvert herbacé
Les poules aiment gratter et détruisent rapidement le couvert végétal autour des bâtiments. Il est conseillé de semer et ressemer des mélanges résistants à base de graminées (pâturin, ray-grass, fétuques) et de trèfle blanc. Un essai présenté lors de la journée consistait en des bandes de légumineuses semées perpendiculairement au bâtiment. Cette technique semble particulièrement intéressante pour les volailles de chair, mais peut aussi être utilisée pour les pondeuses. En fond de parcours, il sera possible de faucher, il est donc conseillé des espèces plus adaptées à la fauche qu’à proximité du bâtiment. L’aménagement du parcours, surtout la plantation d’arbres et arbustes, doit être anticipé le plus tôt possible, idéalement dès la construction du bâtiment ou les travaux de terrassement. Il faut préserver la terre végétale (couche arable) aux emplacements des futures plantations, prévoir des dégagements suffisants pour le passage du tracteur et anticiper l’encombrement futur des végétaux. Des aides existent : le Centre régional de la propriété forestière (CRPF) de l’Yonne était présent à Varennes pour présenter les dispositifs de soutien à la plantation. Cette journée destinée aux éleveurs de volailles a été riche d’échanges et de questions. Les portes ouvertes Innov’Action, construites autour du témoignage des agriculteurs hôtes, ont une nouvelle fois rempli leur mission !