Un échelon encore méconnu
Lors de la dernière session de la Chambre d’agriculture du Jura, le président de la Chambre régionale de Bourgogne-Franche-Comté, Vincent Lavier, et sa directrice, Anne Coste de Champeron, sont venus préciser le rôle et les missions de cet échelon souvent mal identifié par les élus et les agriculteurs.
Agriculteur en Côte-d’Or et aujourd'hui président de la Chambre régionale d'agriculture de Bourgogne-Franche-Comté (BFC), Vincent Lavier cultive des céréales « sur des terres à faible potentiel », principalement colza, blé et orge, et élève des ovins. Il a lui-même reconnu avoir longtemps eu une vision « floue » de l’utilité de la Chambre régionale. « Son action est mal connue », a-t-il expliqué, soulignant un déficit de lisibilité auquel l’institution tente de remédier. La Chambre régionale se positionne avant tout comme un niveau de coordination et de représentation. Elle assure le dialogue avec les acteurs institutionnels à l’échelle régionale, comme le Conseil régional, la Préfecture de région ou encore la Dreal et l’Ademe. Elle constitue ainsi un interlocuteur privilégié pour les politiques publiques agricoles. « C’est une Chambre au service des Chambres départementales, a rappelé Anne Coste de Champeron. Elle apporte aussi une vraie plus-value pour les projets à cheval sur plusieurs départements. »
Mutualisation
Une part importante de l’activité repose sur un centre régional de prestations, qui assure des fonctions support pour l’ensemble du réseau. Cela concerne notamment les ressources humaines, avec la gestion des paies et de l’administration du personnel pour environ 560 collaborateurs, mais aussi la comptabilité, le suivi budgétaire et le contrôle de gestion des neuf établissements de la région. La mutualisation concerne également les achats informatiques, afin de sécuriser les procédures et optimiser les coûts. Depuis 2026, l’ingénierie financière est elle aussi centralisée à l’échelle régionale, notamment pour la gestion des projets et des financements. La Chambre régionale alimente par ailleurs un observatoire économique agricole et intervient sur les dossiers liés à la PAC. Au-delà de ces fonctions support, la Chambre régionale anime et coordonne le réseau des Chambres départementales autour de thématiques communes : installation et transmission, PAC, productions végétales et animales, transition climatique et gestion de l’eau, faune sauvage, souveraineté alimentaire ou encore innovation et recherche. Sur la future PAC, Vincent Lavier a insisté sur l’enjeu budgétaire : « Notre première inquiétude est le budget global. Nous nous battons au niveau européen pour le maintenir, puis les régions se battent entre elles pour sa répartition. » Elle peut également mettre à disposition des compétences ou des salariés pour accompagner les projets locaux.
Légitimité à affirmer
Malgré ce positionnement, la Chambre régionale peine encore à faire reconnaître pleinement sa place. « Son travail est mal connu », a reconnu son président. « Sur les dossiers Feader, Le Conseil régional avait invité tous les syndicats à discuter mais pas la Chambre régionale. Nous avons dû insister pour être entendu. Il reste encore beaucoup de travail pour faire reconnaître notre rôle », a-t-il conclu.